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Un but de promenade: le cours Mirabeau et ses fontaines  à Aix-en-Provence  
 

 Le cours Mirabeau en 1792 dit "Lou cous" en provençal

 Le Cours Mirabeau, construit entre 1649 et 1651, est l'un des axes principaux du centre-ville d'Aix-en-Provence. Il est long de 440 mètres et large de 42 mètres ; à l'origine ce Cours, qui reliait la vieille ville et le nouveau quartier Mazarin, n’avait pas de nom, son appellation Cours Mirabeau ne date que de 1876.
C'est en 1649 que le parlement de Provence ordonna à Aix, la construction d'un cours à carrosses à la place du rempart, du fossé et des lices. Le cours faisait aussi place à l'ancien chemin vicinal appelé chemin Saint Lazare. Il devait permettre aux aixois de déambuler remplaçant dans cette fonction la place des Prêcheurs. C'est l'archevêque Michel Mazarin, frère du cardinal de Mazarin premier ministre de Louis XIV, qui, voulant aménager les quartiers sud de la ville, donna naissance au cours Mirabeau.
Le cours coûta 100.000 livres à l'achat. Cette somme, énorme pour l'époque, fut prise en charge par des marchands de biens, des acquéreurs d'emplacements : la ville pour 15.000 livres, les communautés de Provence pour 20 000 livres et le duc de Vendôme, Louis de Mercœur y alla de sa participation.

C'était un enclos long fermé par une épaisse barrière de remparts qui se borda au fil du temps d'hôtels particuliers. Le cours s'achevait par une balustrade, érigée à l'emplacement de l'ancienne enceinte, qui dominait la campagne, les champs et les jardins situés en contrebas de celui-ci.

En 1696, les quatre fontaines qui jalonnent le cours étaient achevées : la fontaine des Neuf-Canons, la fontaine d'Eau Chaude ou fontaine Moussue, la fontaine du Roi René et à son extrémité occidentale, se dressait la plus grandiose d'entre elles, la fontaine des Chevaux-Marins, aujourd'hui disparue.

  Le pavillon Vendôme (Photo trouvée sur internet)

Souhaitant d'abord y construire un palais, le duc de Vendôme préféra finalement une "folie des champs". Il fit édifier le pavillon Vendôme, plus à l'ouest, où il mourut en 1669. Son fils, Louis-Joseph de Vendôme, revendit les terres achetées par son père sur le cours Mirabeau à Pierre de Creissel qui les revendit en quatre lots sur lesquels furent construits quatre hôtels particuliers.

Le cours était un lieu de promenade, de plaisir et de fêtes magnifiques, telle l'arrivée de son Altesse royale, Monseigneur le comte de Provence, futur Louis XVIII. Il fit son entrée par le cours magnifiquement décoré. Il se rendit à la superbe maison de M. de Poët, un hôtel particulier à l'entrée du cours et vit défiler la bravade et les jeux.
Lors de la "Représentation", les petites gens y étaient à peine tolérés, et l'émoi fut grand lorsqu'en 1748, un limonadier voulut y ouvrir un café : "les Deux Garçons". Il inaugurait ainsi le premier de ces établissements, hauts lieux de convivialité. Le grand cours devint une voie de passage où dès lors défilèrent plus de charrettes que de carrosses.

En 1876, Patrice de Mac-Mahon, troisième président de la République française signa le décret approuvant l'attribution du nom de "cours Mirabeau". On employait jusqu'alors l'expression "Cours" "Cous" en provençal, pour désigner cette voie.

Source : D'après Wikipédia - texte amélioré par moi-même



Sur le cours, il y a deux statues situées de part et d'autre de l'allée centrale (constituée de nos jours par la route). Elles furent toutes deux réalisées en 1883 par le sculpteur aixois François Truphème.




 Celle de droite qui représente le Groupe allégorique des Industries et des Arts Décoratifs (Photo Nadine)


  Celle de gauche représente le Groupe allégorique des Arts et Sciences (Photo Nadine)

Les fontaines du cours :


La fontaine des Neuf-Canons, érigée en 1691 par Laurent Vallon, forme un ensemble de plusieurs vasques superposées alimentées au sommet par un petit jet d'eau et par neuf canons plats. Sur l’emplacement actuel de la fontaine, se tenait avant la construction du cours, un abreuvoir permettant aux moutons d'Arles qui partaient en transhumance, de se désaltérer, ce qui explique la présence d’une la margelle assez basse. Cet abreuvoir était celui de Saint-Lazare.
Lorsqu'elle fut construite, son bassin était quadrilobé, c'est-à-dire, composé de quatre lobes dont deux furent coupés pour faciliter le passage des véhicules (un des lobes fut emporté par un char américain en 1944 lors de la libération de la ville).
La végétation qui l'envahit peu à peu laisse difficilement reconnaître les sculptures.


La fontaine d'Eau chaude ou fontaine Moussue provient de la source des Bagniers (du nom de ceux qui s'occupaient des bains), l'eau qui coule est chaude (elle sort à 23°) et l'hiver une légère brume s'en dégage à cause de l'écart de température. On l'appelle également la fontaine moussue car une mousse verte et épaisse la recouvre.

En haut du cours Mirabeau, se dresse le fontaine du Roi René. Elles date des années 1800. Elle est l'oeuvre de Pierre-Jean David dit David d'Angers (1788-1856). Elle représente le roi René avec à ses pieds des livres, tenant une grappe de raisin muscat dans la main gauche et de l'autre son sceptre. Les livres sont là pour rappeler qu'il fut un homme de grande culture, parlant plusieurs langues et protecteur des Arts, des Sciences et des Lettres. Le raisin est là parce qu'il l'aurait introduit en Provence.

  (Nota : cette fontaine était en réfection lorsque nous y sommes allés. Je n'ai pu prendre en photo que la statue du roi René et non la fontaine dans son entier, mais j'ai trouvé cette carte postale ancienne sur internet qui la représente).

Enfin, voici la fontaine qui a donné à Aix un air de grand siècle versaillais : c'est la fontaine des Chevaux-marins.

Imaginez le cours à carosses fermé par une balustrade avant qu'il ne devienne le cours Mirabeau, débouchant sur la Place de la Rotonde et sa grande fontaine. Au-delà s'étendait la campagne. Plus modeste que le bassin d'Apollon à Versailles, la fontaine s'étalait cependant sur toute la largeur de trois allées. Au centre du bassin, un jet d'eau, des grenouilles crachant l'eau, et deux chevaux-marins en plomb attelés au char de Neptune, déversant par la gueule, dit-on l'un de l'eau froide, l'autre de l'eau chaude. Construite en 1728, elle fut démolie, ainsi que la balustrade en 1778. Au débouché de routes importantes, elles furent sacrifiées pour ouvrir l'espace d'entrée dans la cité. Longtemps la place resta en chantier et on regretta le sacrifice des chevaux-marins.
Jean Houel, un peintre normand de passage à Aix en 1773, a laissé à la postérité‚ une gouache qui représente la fontaine (je précise que pour cette fontaine j'ai pris les renseignements sur le site de l'Association des Amis des Fontaines aixoises).

La Fontaine de la Rotonde (Photo Nadine)

La Fontaine de la Rotonde fut édifiée en 1860. Des sculpteurs participèrent à cette œuvre monumentale mais il s'agissait d'abord du projet d'un ingénieur des Ponts et Chaussées, Monsieur de Tournadre assisté d'un conducteur de travaux, Monsieur Sylvestre. Ils utilisèrent et mélangèrent différents matériaux, se servirent du savoir-faire de fondeurs pour réaliser les trois vasques superposées et les douze lions accroupis qui composent la fontaine. Outre les lions, on peut voir des cygnes et des dauphins chevauchés par des anges. Tout cela est réalisé dans le style des grandes fontaines parisiennes de la même époque. La Fontaine de la Rotonde est le symbole de l'ouverture de la ville moderne en dehors de ses remparts. Elle est couronnée par trois statues en marbre. Elle fut successivement alimentée par le canal Zola, le canal du Verdon, et aujourd'hui par le canal de Provence. Son vaste bassin de 32 mètres de diamètre est orné en son sommet de trois statues symbolisant la ville. Ses statues sont appelées par les aixois : les trois Grâces de la Provence parce que les sculpteurs ont choisi de les représenter drapées à l'antique.
L'une symbolise la Justice, elle est l'œuvre de Joseph Ramus, c'est celle tournée vers la ville et le cours Mirabeau. L'autre est celle de l'Agriculture et du Commerce, elle est l'œuvre de Louis-Félix Chabaud, elle regarde vers la route de Marseille. Et enfin la troisième, tournée vers la route d'Avignon, représente les Beaux-arts, elle est l'œuvre du sculpteur Hyppolite Ferrat. Le tout mesurant 12 mètres de haut et faisant jaillir de l'eau de tous les côtés de la majestueuse fontaine.
On ne peut qu'être admiratif de sa beauté.
Personnellement, je n'ai pas pris le risque de traverser, à cause de la circulation, pour aller prendre en photo les détails des sculptures.
Surtout qu'en plus je ne pouvais pas me "bouléguer" à la descente du bus à cause de ma saleté de maladie.
Faut ce qu'il faut mais pas plus !
Un petit zoom sur les statues et la vasque et le tour est joué !



Une jolie porte sur le cours Mirabeau car nous n'avions pas beaucoup de temps, c'est celle de l'hôtel particulier de Montauron qui date du milieu du XVIIe siècle.
 

  Une autre porte, non moins magnifique.

L'hôtel Maurel de Pontevès à Aix-en-Provence

C’est sur le Cours "Mirabeau", où se situent quelques-uns des plus beaux hôtels particuliers de la ville,
que le numéro  38 abrite le Tribunal de Commerce.

Construit entre 1647 et 1650 pour le marchand drapier Pierre Maurel, il est le plus ancien hôtel particulier du cours Mirabeau et reflète la réussite financière et sociale de son propriétaire. Il fut successivement commerçant de draps, puis maître des courriers des postes en la Généralité de Provence, conseiller à la Cour des Comptes pour terminer Intendant des Finances.
Pierre Maurel fut anobli en 1639 par sa charge à la Cour des Comptes de Provence, il épousa Diane de Pontevès en 1645 et devint Trésorier des Etats de Provence en 1653.


  Les atlantes de l'hôtel Maurel de Pontevès (Photo Nadine)

Il fit construire sa demeure par Jean Lombard et Pierre Pavillon dès 1647.
L'architecture est d'ordonnance classique : de style dorique au premier étage, ionique au second, corinthien au troisième. Les atlantes de Jacques Fossé, qui supportent le balcon, inaugurent ce thème à Aix et la porte en noyer impressionne par ses heurtoirs à tête de lion. La qualité de la décoration de la façade se retrouvait dans la disposition intérieure, en partie inspirée à Pierre Pavillon par le peintre Jean Daret, célèbre jusqu'à devenir le peintre du roi Louis XIV. A l’arrière, se trouve un beau jardin décoré de fontaines.



  Atlante - gros plan - (Photo Nadine)



Article rédigé par Nadine de Trans-en-Provence