Les Chemins de fer de Provence (CP) constituaient un réseau secondaire français, qui ne comprend plus actuellement qu'une seule ligne ferroviaire à voie unique à écartement métrique reliant Nice (Alpes-Maritimes) à Digne (Alpes-de-Haute-Provence). Cette ligne est aussi connue sous le nom de « train des pignes », nom que portait la ligne "Central Var" (Nice-Meyrargues) traversant des forêts de pins. À la disparition de celle-ci en 1950, le nom fut reporté sur la ligne Nice-Digne.
La ligne:
La ligne est
une voie métrique unique, longue de 151 km. Elle comporte 16 ponts
et viaducs, 15 ponts métalliques et 25 tunnels. Le plus long de
ceux-ci, le tunnel de la Colle-Saint-Michel, mesure 3457 m de long.
À sa sortie en direction de Digne, la ligne atteint son point
culminant à 1023 mètres d'altitude.
Jusque dans les années 1980 la Ligne Saint-Auban - Digne, à voie
normale, permettait le raccordement au reste du réseau national. De
Nice on pouvait alors, moyennant un changement de matériel à Digne,
atteindre Grenoble et Genève par voie ferrée à travers les Alpes.
Cette liaison s'appelait Alpazur et les autorails du Train des
Pignes arboraient fièrement "Nice-Genève".
A Nice, le terminus de la ligne se situe à quelques centaines de
mètres de la « Gare du Sud » (distincte de la gare SNCF) qui est la
gare historique des CP. Ce bâtiment à l'architecture exceptionnelle,
avec une verrière classée, provenant du pavillon de la Russie de
l'exposition universelle de 1889, est actuellement laissé à
l'abandon.

Liste des principales stations du réseau :
Nice - terminus de la Gare des chemins de fer de Provence (Gare du
Sud).
tronçon de 3 km avec arrêts facultatifs à Gambetta, Parc Impérial et
Saint Philippe.
Nice-la Madeleine.
tronçon de 4 km avec arrêts facultatifs à Crémat-PAL et Saint
Isidore.
Nice-Lingostière (avec locaux techniques).
tronçon de 6 km avec arrêts facultatifs à Saint sauveur et Bellet.
Colomars - la Manda.
tronçon de 7 km avec arrêts facultatifs à La Bédoule et Castagniers.
Saint-Martin-du-Var
tronçon de 4 km avec arrêt facultatif à Baus-Roux.
Plan-du-Var - la Vésubie
tronçon de 17 km avec arrêts facultatifs à Le Chaudan, La Tinée,
Malaussène-Massoins.
Villars-sur-Var
tronçon de 7 km avec arrêts facultatifs à Le Tournel.
Touët-sur-Var
tronçon de 10 km avec arrêts facultatifs à Rigaud–Le Cians et Les
Clos.
Puget-Théniers
tronçon de 6 km.
Entrevaux
tronçon de 14 km avec arrêts facultatifs à Plan-d’Entrevaux, Agnerc,
Pont-de-Gueydan, Saint-Benoît et Les Scaffarels.
Annot
tronçon de 17 km avec arrêts facultatifs à Les Lunières, Le Fugeret,
Méailles et Peyresc.
Thorame-Haute
tronçon de 11 km avec arrêts facultatifs à Allons–Argens et La Mûre.
Saint-André-les-Alpes
tronçon de 12 km avec arrêt facultatif à Moriez.
Barrême
tronçon de 13 km avec arrêt facultatf à Chaudon-Norante.
Chabrières
tronçon de 19 km avec arrêts facultatifs à Mézel-Chateauredon,
Saint-Jurson, Golf de Digne, Gaubert-le-Chaffaut et Plan d’eau des
Férréols.
Digne-les-Bains, terminus.
Depuis 1965, on parle d'un projet de desserte de la rive droite du
Var et de la zone industrielle de Carros. Une nouvelle et récente
étude a envisagé différentes solutions pour retenir finalement une
traversée du fleuve au sud à la hauteur de Lingostière, un pôle
d'échanges à la Manda et une retraversée du Var en aval du confluent
avec l'Estéron. Le financement reste à trouver...
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Matériel roulant
autorail CFD X306 de 1977
rame réversible rénovée en 2006
locomotive à vapeur ex-Réseau BretonLes Chemins de Fer de Provence
disposent, pour le transport des voyageurs, d'un parc de matériel
roulant moteur composé de :
Six autorails CFD de type SY à 48 places chacun (quatre mis en
service en 1972 et deux en 1977).
Une rame Soulé-Garnéro de 120 places mise en service en octobre
1984. Au cours d'essais en ligne sur une voie rénovée dans la basse
vallée du Var, elle a atteint la vitesse de 115 km/h le 26 octobre
1984, ce qui constitue vraisemblablement le record de vitesse sur
voie métrique en France métropolitaine.
Une rame réversible de 120 places rénovée dans les ateliers du CP en
septembre 2006.
Pour redonner un nouveau souffle aux CP, la région
Provence-Alpes-Côtes d'Azur a passé le 10 novembre 2006 auprès de la
compagnie C.F.D. (compagnie des chemins de fer départementaux)
une commande ferme de deux autorails AMG802 et pièces de rechange
pour un montant de 9,2 M€, avec une option sur deux autres rames.
Ces autorails reprennent les même principes que les autorails AMG800
de la Corse ou de la Tunisie, tout en étant adaptés aux
besoins spécifiques du réseau des Chemins de fer de Provence.
La première rame devrait être livrée aux CP à la fin de l'année
2008.
Les CP disposaient en 2005 pour les trains spéciaux de passagers
de :
- Deux locomotives Brissoneau & Lotz datant de 195Z.
- Quatre voitures AT métalliques construites en 1949 sur le châssis
d’anciennes voitures en bois.
- Deux voitures Appenzell construites en 1948, rénovées en 2004 et
acquises d’occasion par les CP en juillet 2004.
- Une remorque-pilote « Grey », remorque-pilote voyageurs à bogies de
marque Soulé-Garnéro et acquise d’occasion en avril 2005.
Les
CP disposaient en 2005 pour les trains de marchandises et de
services de :
- Une locomotive Henschel (BB 1200), dont la vitesse est limitée à 25 km/h
pour ne pas abîmer les voies !
- Deux draisines Matisa.
- Deux remorques à messagerie Billard, dont l’une recarrossée Garnéro.
- D'un certain nombre de wagons couverts (série G), plats (série L),
tombereaux (série E) et wagons de service de voie (série F).
Pour l'entretien des voies, la CP dispose aussi d'une
bourreuse-niveleuse et d'une régaleuse, toutes les deux de marque
Matisa.
Une locomotive à vapeur, la E327 ex-Réseau Breton, géré par
l'association GECP (Groupe d'Etude des Chemins de fer de Provence)
circule certains week-end de mai à octobre.
Le matériel est entretenu dans l'atelier principal situé à la gare
de Nice-Lingostière. C'est un véritable centre névralgique, où une
douzaine de personnes hautement qualifiées peuvent procéder à des
opérations de réhabilitation complète, d'entretien, de réparation du
parc ferroviaire. La vétusté du matériel est cependant devenue une
source de pannes à répétition et de perturbations du service...
Services
Le service est
assuré par 140 employés.
La ligne assure un service de transport de colis et de voyageurs :
interurbain, entre Nice et Digne, avec correspondance à Thorame-Haute
pour le Val d'Allos en période de ski. (ce service a une forte
coloration touristique)
un service urbain entre la gare de Nice-CP et Plan-du-Var.
des trains à vapeur en saison d'été entre Puget-Théniers et Annot
(tractés par une machine classée monument historique). ;
Cela représente :
Quatre allers-retours quotidiens entre Nice et Digne-les-Bains
(durée moyenne du trajet : 3h20).
Vingt-deux navettes quotidiennes entre Nice et Plan-du-Var (durée
moyenne du trajet : 40mn).
Quinze arrêts réguliers sur la ligne.
Quarante-huit arrêts facultatifs le long de la ligne.
Dix-sept arrêts possibles au départ de sentiers de randonnée.
Des trains privatifs à la demande.
479 936 personnes transportées en 2006, pour une recette
d'exploitation de 1 650 360 euros. L'évolution du nombre de
passagers et du tonnage de marchandises transportés au fil du temps
est donnée sur le site des CCCP : les records furent de 1 014 327
passagers en 1943 (avec le minimum en 1970 : 143 652 passagers) et
de 336 710 tonnes de marchandises en 1926.
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Gestionnaire
Cette ligne
n'appartient pas au réseau ferré national géré par Réseau ferré de
France (RFF).
Elle dépendait de la Compagnie des chemins de fer du Sud de la
France (SF) de 1888 à 1925, puis des Chemins de fer de Provence (CP)
de 1925 à 1933, ensuite de la Régie des Ponts et Chaussée de 1933 à
1974.
Une collectivité territoriale, le SYMA (Syndicat Mixte Méditerranée
Alpes), en a reçu la concession de l’État pour une durée de 99 ans à
compter de 1972. Le SYMA était constitué par le regroupement de la
région Provence-Alpes-Côte d'Azur, du département des
Alpes-Maritimes, du département des Alpes-de-Haute-Provence, de la
ville de Nice, et de la ville de Digne-les-Bains.
Depuis 1974, Chemins de fer et transport automobile (CFTA) est en
charge de l'exploitation de la ligne ferroviaire reliant Nice à
Digne-les-Bains. Cette responsabilité est renouvelée le 1er Juillet
2005 par la signature d'une convention de délégation de service
public d'une durée de huit ans avec le SYMA présidé par Monsieur
Gérard Piel (Vice-Président du Conseil Régional chargé des
Transports et des Communications), qui a demandé à CFTA de créer la
Compagnie Ferroviaire du Sud France (CFSF) – Chemins de fer de
Provence (CP).
Depuis le 1er janvier 2007 la Région PACA (Provence-Alpes-Côte
d'Azur) a pris en compte l'infrastructure des chemins de fer de
Provence, ligne étant toujours propriété de l' Etat. En conséquence
le SYMA a disparu...
Le représentant de la Région PACA est toujours M. Gérard Piel,
Vice-Président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, délégué aux
transports et conseiller municipal d'Antibes.
la Région PACA a confié, le 1er janvier 2007 après appel d'offres,
l'exploitation des Chemins de Fer de Provence à la CFTA qui est une
filiale de Veolia Transport dans le cadre d'une délégation de
Service public pour une durée de 8 ans.
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Historique
Voici
une brève chronologie historique de la ligne Nice-Digne des Chemins
de fer de Provence :
1845 : C'est le début des travaux d'endiguement du Var, qui
permettront la construction ultérieure de la voie ferrée sur la
digue de la rive gauche.
1861 : l'ingénieur dignois Alphonse Beau de Rochas, inventeur du
moteur à quatre temps, imagine de relier Nice (annexée à la France
en 1860) à Grenoble en passant par la Vallée du Var, Digne-les-Bains
et Gap.
1882 : l'autorité militaire donne son aval au projet.
1886 : l'exploitation de la ligne est confiée à la Compagnie des
chemins de fer du Sud de la France (SF), crée le 17 août 1885.
1890 : début des travaux de construction de la ligne.
1891 : ouverture du premier tronçon de 13km entre Mezel et
Digne-les-Bains le 14 août 1891.
1892 : mise en service partielle sur les tronçons Nice-Colomars
(13km), Colomars-Puget-Théniers (45 km) et Saint-André-les-Alpes -
Mezel (31 km).
1894 : éclate une affaire d’envergure politico-financière, qui
décrédibilisera la Compagnie S.F. aux yeux de l’opinion publique et
provoquera la ruine de nombreux petits porteurs d’actions.
1907 : ouverture du tronçon (12 km) entre Puget-Théniers et Pont-de-Gueydan
(Saint-Benoît).
1908 : ouverture du tronçon Pont-de-Gueydan - Annot (8 km).
3 juillet 1911 : fin des travaux avec le dernier tronçon entre Annot
et Saint-André-les-Alpes (28 km). La ligne est concédée à la
société Sud-France.
1925 : Suite à grosses difficultés financières, une nouvelle
convention est signée entre l’Etat et la compagnie exploitante, qui
change de raison sociale et devient la compagnie des Chemins de fer
de la Provence (C.P.).
1926 : record historique du trafic annuel de marchandise avec 336
710 tonnes transportées.
1933 : De 1926 à 1933 le trafic s'effondre de 60%. Le 15 juillet
1933, le train connaît son premier arrêt d'exploitation et la ligne
est mise sous séquestre à la suite de la défaillance du
concessionnaire.
1935 : Les premiers autorails Renault sont mis en service sur la
ligne Nice-Digne. Ils permettent une liaison plus rapide en 3h30.
1943 : record historique de fréquentation annuelle avec 1 014 327
passagers transportés.
1952 : exploitation de la ligne en régie directe par l’État.
1959 : première menace de l'État sur la survie de la ligne, mais les
élus locaux se mobilisent en sa faveur.
1967 : l'État se désengage du train. Le Syma, syndicat mixte créé en
1968 et regroupant cinq collectivités locales, sauve la ligne. Le
transfert de responsabilité ne sera effectif que le 19 décembre 1972
par décret ministériel. L’exploitation est maintenue temporairement
en Régie.
1972 : concession de la ligne au SYMA pour 99 ans.
1974 : le SYMA confie au 1 juillet l’exploitation à la CFTA, filiale
du groupe CGEA (renommé Connex depuis, actuellement dépendant de
Veolia).
1975 : inauguration des ateliers de Nice-Lingostière.
1977 : la circulation des trains entiers de marchandise est
supprimée.
1980 : inauguration du train touristique à vapeur confié au GECP et
circulant entre Puget-Théniers et Annot.
1981 : inauguration de la liaison Alpazur Nice-Genève qui connnaîtra
un grand succès.
24 octobre 1984 : record de vitesse des CP avec l'autorail « Soulé »
X-351, atteignant 115 km/h au cours d'un essai de vitesse dans la
basse vallée du Var.
1989 : fin de la ligne Alpazur par la fermeture du tronçon SNCF
Digne-St Auban.
1992 : désaffection de la gare historique de Nice et
raccourcissement de la voie au nouveau terminus. Dans un climat
politique délétère, la Préfecture impose une restriction de
circulation après le déraillement d'un train de marchandise à
Entrevaux. Ces restrictions perdureront jusqu'au milieu de l'année
1993.
5 novembre 1994 : une crue du Var provoque d’important dégâts,
emportant la voie en plusieurs points. La circulation est totalement
arrêtée.
12 avril 1996 : inauguration du nouveau pont de Gueydan et remise en
service complète de la ligne le 25 avril 1996.
7 octobre 1999 : l’exploitation de la ligne est à nouveau confiée à
CFTA pour 15 ans.
2005 : les CFTA changent de nom pour la CFSF (Compagnie Ferroviaire
du Sud de la France), ironique clin d’œil aux débuts de la ligne.
1er janvier 2007 : le SYMA est remplacé par la région PACA.
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