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Qu'il fait bon flâner dans ces pittoresques petits villages de Provence !

 

Sillans-la Cascade

Sillans-la-Cascade, 613 Âmes, domine la vallée de la Bresque qui forme, à quelques centaines de mètres du bourg, la cascade qui lui donne son nom.

C'est un charmant village qui, par sa rivière, ses opulents ombrages, ses cascades et ses vastes prairies,  a beaucoup d'attraits pour séduire ses visiteurs. Le village a gardé son aspect médiéval particulier, resserré sur lui-même il a un peu l'allure d'une grosse ferme dont la place centrale serait la cour intérieure. On peut y admirer :

ses porches, son beffroi avec campanile, ses vieilles maisons fleuries dont certaines avec entrée à l'étage desservie par un escalier extérieur du plus charmant effet.

L'église St Etienne (XVIIème), son joli porche et ses pierres apparentes.

Les remparts avec leurs belles tours et des créneaux du XIème.

Le château en rénovation depuis son acquisition par la commune. A proprement parler il s'agit plutôt d'une très bâtisse que d'un château. Sa reconstruction qui remonte au XVIIème siècle est l'œuvre de Boniface Hippolyte de Castellane. Sillans-la-Cascade est devenu bien des Castellane par la dot de Marie-Antoinette Delphine, petite fille de Antoine François Rolland, greffier au parlement de Provence qui avait acquis ce fief aux enchères le 26 mai 1781 pour la somme de 286.000 livres.

A Sillans il y a aussi la cascade. Une agréable promenade de 800 mètres au milieu de gigantesques platanes centenaires  mène à cette splendide chute de 42 mètres de haut. Ce sont les eaux de la Bresque grossies par celles de la belle source du château de Bresc et du vallon de l'Ourc qui se précipitent dans un petit lac tourbillonnant.

 

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Voici ce que Nadine de Trans-en-Provence nous en raconte avec son talent habituel



 La cascade haute de 42 mètres (Photo Nadine)


Sillans-la-Cascade (Silan en en provençal) est une commune située dans le Var.
D'après Grohler, Sillans proviendrait du latin "Silius". Le grand poète Frédéric Mistral quant à lui voit dans "Silan", le nom de personne Silanus.
Cité au XIe siècle : "in villa Silans" ; "Cilias" au XIIe siècle ; "Cilans" puis "Sillans dans des écrits de 1477. Caché dans un écrin de verdure le village garde par certains aspects son caractère médiéval. Resserré autour du château, ses ruelles serpentent au gré des maisons plus ou moins anciennes. Le visiteur tombera sous le charme de ses ruelles tranquilles qui semblent attendre qu’une magie opère et libère de son sommeil millénaire ses vieilles pierres qui auraient tant à nous conter.
Armes : de gueules, à un pont à deux arches d’or, surmonté de trois étoiles du même.


  Armoiries de Sillans à l'entrée du village (Photo Nadine)

Le village est situé au bord de la rivière la Bresque. Ses habitants sont au nombre de 565. Sillans vit essentiellement du tourisme pour sa cascade haute de 42 mètres qui précipite les eaux de la Bresque en contrebas. De la route, un chemin bordé de platanes centenaires ainsi que la ruine d’un vieux moulin voisinent avec le vert tapis d’une large prairie. Le sentier au caractère délicieusement romantique, conduit le visiteur jusqu'à un petit col où il aperçoit à travers la végétation luxuriante la longue et haute trainée d’argent liquide. En empruntant les escaliers, puis le petit sentier, les petits ponts, on ne tarde pas à découvrir les bassins étagés ou la rivière précipite ses eaux. Et là, le miracle s’opère, au milieu des rochers qui entourent la vasque principale, sur le petit ponton vous pouvez plonger votre regard dans cette onde turquoise qui trouve son origine dans les eaux du Verdon. Le village et ses abords sont inscrits à l'inventaire des sites protégés.
A part le mégalithe du quartier Saint-Laurent, aucun vestige lithique n'a été découvert à ce jour permettant de définir une occupation permanente du terroir à l'époque préhistorique. La tribu d’origine serait celle des Verucini, elle n’a pas laissée beaucoup de traces à part quelques tessons de poterie et silex.

Concernant le mégalithe de Saint-Laurent, il existe trois versions possibles :

1er version La légende : le village était assiégé et Saint Laurent voulant le sauver précipita l’énorme roche du haut de la colline où se situe actuellement la chapelle de Saint Laurent. Il appliquât tant de force dans son geste que l’emprunte de ses doigts et du haut de son crâne s’imprima dans la pierre pour l’éternité avant de choir dans les oliviers du Bastidon sur l’ennemi mis ainsi en déroute.
2e version La pierre de Sacrifice : aux temps anciens, peut-être à l’âge de bronze cette pierre aurait servi d’autel de sacrifice pour des rites païens.
3e version Le contrepoids : cette lourde roche aurait servi de contrepoids dans un pressoir à huile ou pour le vin dans une "villa" romaine (grand domaine agricole) allant de l’est du cimetière au Bastidon.
L'occupation romaine est attestée en plaine par les nombreuses traces d'habitat mises au jour aux quartiers du Bastidon, de Saint-Barnabé et de la Mude. Le lieu se trouve non loin de la voie romaine allant de Fréjus à Riez. (Voie aurélienne dont je vous ai déjà parlé).
Au XIe siècle, Richaud, Franconus, Poncius Willelmus et Albertus donnent à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille les terres qu'ils possèdent à Sillans, alors qualifiée de "villa". En 1099, Bérenger, évêque de Fréjus, restitue à l'abbaye marseillaise l'église de "Cillans" qui lui appartenait avant l'invasion sarrasine.
Le 22 février 1154, Pétrus, évêque de Fréjus cède à Guillielmus, abbé de Saint-Victor, l'église Sainte-Marie de "Cilans" située à l'intérieur du Castrum. La seigneurie de Sillans passe successivement à la famille des Baux puis à celle des Pontevès.
En 1237, le chapitre de Barjols échange à ces puissants seigneurs leur part sur la juridiction de Barjols contre des "affars" à Sillans et Esparron.
Vers 1536, la moitié de la seigneurie passe par alliance à la maison de Blacas.



  Gravure représentant le château

En août 1619, les Albert-Châteauneuf achetent cette part de seigneurie et en mars 1627, celle des Pontevès. Louise-Adélaïde Julie d'Albert l'apporte en 1775 dans la maison des Le Tonnelier par son mariage avec Louis-Charles Le Tonnelier, comte de Breteuil.
Le 26 mai 1781, Antoine François Rollans, greffier au Parlement de Provence, acquiert ce fief aux enchères pour la somme de 286 000 livres. Sa petite-fille, Marie-Antoinette-Delphine, l'apporte dans la maison des Castellane par son mariage avec le marquis Boniface Hippolite de Castellane. Leur descendance contniue à ce jour.
En 1863, le domaine de Saint-Barnabé est démembré de Sillans en faveur de maître Boyer, notaire à Aups.



  Sillans : le château et une partie des remparts

Le 19 mars 1992, le comte François de Castellane vend le château, le Bastidon et quelques hectares de terre à la commune, une autre partie du patrimoine foncier (la cascade) fut cédée au Conseil Général au titre de la taxe verte. Ce site devenant un espace naturel sensible sous gestion du Conseil Général qui doit en assurer la préservation tout en laissant libre accès au public. Ce musée vivant est devenu ainsi un bien commun que nous transmettrons aux futures générations


  La cascade vue de près (Photo Nadine)

La ligne du "Train des Pignes" allant de Draguignan à Meyrargues dans les Bouches-du-Rhône, s'arrêtait à la rive gauche de la Bresque dans la gare Sillans-Aups. La gare a été ouverte le 28 août 1888, bâtiment de 3e classe avec halle séparée, buvette, trois voies et un tiroir. L'Embranchement à la voie Decauville est ouvert en 1913 pour la Société Anonyme des Bauxites du Var, pour relier la gare à la nouvelle mine du domaine du marquis de Castellane, par un tracé longeant la voie principale côté Meyrargues. La ligne a été fermée en 1950 et la gare de Sillans est devenue depuis une école maternelle.

 

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