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Proverbes provençaux

"L'eau gâte le vin, la charrette le chemin, et la femme l'homme."


 

Pèr ana séguramen su lei samin de la vido vidanto, lei Provençau avisa fan fisanço à nounostrei prouvèrbi que soun la quintessènci de la sapiènci poupulàri dei reire : Pour aller sûrement sur les chemins de la vie quotidienne, les Provençaux avisés font confiance à leurs proverbes qui sont la quintessence de la sagesse populaire des anciens.

Fai pas bon travaia quand la cigalo canto : Il ne fait pas bon de travailler quand la cigale chante.

Mies vau pan à la paniero qu'un bèl ome à la carriero : Mieux vaut du pain dans la corbeille qu'un bel homme dans la rue.

Qu mies noun pòu èstre, emé sa mouié se couche : Faute de mieux, on couche avec sa femme.

Se fai pas lou civié avans d'avé la lèbre : On ne fait pas le civet avant d'avoir le lièvre.
(on ne met pas la charrue avant les bœufs)

Quau à ben dina crèi lis autre sadou : Qui a bien mangé croit les autres rassasiés. (cf. saturé)

Jamai sant de païs a fa miracle : Jamais saint de pays n'a fait un miracle.
(nul n'est prophète en son pays)

L'esperanço es lou pan di miserable : L'espérance est le pain du pauvre.

S'acò's pas vuei, sara deman : Si ce n'est aujourd'hui, ce sera pour demain.

Noun es pas riche qu'a de bèn, mai aquéu que se contènto : N'est pas riche qui a des biens, mais celui qui se contente.

Qu toujour pren e rèn noun douno, à la fin cadun l'abandouno : Qui prend toujours et jamais ne donne, à la fin, chacun l'abandonne.

Es pas bèu ço qu'es bèu, es bèu ço qu'agrado : N'est pas beau ce qui est beau, est beau ce qui plaît.

Urous quau poù se passa de son vessin : Heureux qui peut se passer de son voisin.

Tout fai ventre mai que i 'entre : Tout fait ventre pourvu que tout y entre.

Longo secado, longo pluiado : Longue sécheresse, longue série de pluie.

Jouvènt e sèn van gaire ensèn : Jeunesse et bon sens ne vont guère ensemble.

Uno flour fai pas lou printeins : Une fleur ne fait le printemps.

Au printeins, touti li magagno sorton : Au printemps, toutes les tares apparaissent.

Per dounta lou diable lou maridaren : Pour dompter le diable nous le marierons.

Lou pan de vieisso se pasto en jounesso : Le pain de la vieillesse se pétrit pendant la jeunesse.

Quouro se vou,se pou : Lorsqu'on veut, on peut.

Un pau d'ajudo fai ges de mau, forço ajudo fai grand bèn : Un peu d'aide ne fait jamais de mal beaucoup d'aide fait grand bien.

Lou trop gasto : Le trop gâte.

Vau mai teni que d'espera : Mieux vaut tenir qu'attendre.

Entre voulur et voula tout païs es abita : Entre voleurs et volés tout pays est habité.

La sausso fai passa lou moussèu : La sauce fait passer le morceau.

Touto bèuta s'escoulouris, e lou renoun jamai peris : Toute beauté s'évanouit, et le renom jamais ne périt.

Lou tèms e l'usage rendoun l'ome sage: Le temps et l'usage rendent l'homme sage.

De teis ami digues tout bèn, deis autre digues rèn : De tes amis dis tout bien, des autres ne dis rien.

Es riche qu pou, urous qu saup, sage qu vau : Est riche qui peut, heureux qui sait, sage qui veut.

Gai lesert bèu toun soulèu, que lou tèms passe trop lèu, e deman ploura belèu : Gai lézard bois ton soleil, car le temps passe trop vite et demain il pleuvra peut-être.

Pantaia de tasta de causo douço... enganamen : Rêve de sucreries en dégustation... déception.

A Sant Martin, la castagno e lou nouèu vin : Pour Saint Martin, chataîgne et vin nouveau.

Manjo toun pèis aro qu'es fres, marido ta fiho, aro qu'es jouvo : Mange ton poisson, maintenant qu'il est frais, marie ta fille, maintenant qu'elle est jeune.

Qu tèn la coua de la sartan, la viro d'ounte vou : Celui qui tient la queue de la poêle, la tourne du côté qu'il veut.

Qu si fiso au dino deis autre, Dino tard emai mau : Celui qui se fie au repas des autres, dine tard et dine mal.

Fauto de tourdre, l'on manjo de merle : Faute de grives, on mange des merles.

Gros manjaire n'es pas dounaire : Gros mangeur n'est pas donneur.

Que si coucho sènso soupa, touta la nue si boulego :  Qui se couche sans diner , tourne toute la nuit.

Fai mi vèire uno oulivo à Sant Jean, t'en farai vèire milo à toussant : Fais moi voir une olive à la Saint Jean, je t'en ferai voir mille à la Toussaint.

Quand plou lou premié de mai, de coudoun n'i a gai. Quand plou lou dous, soun vermenous.
Quand plou lou tres, n'i a gas :
Quand il pleut le 1er mai, de coings il n'y en a guère. Quand il pleut le 2, ils sont véreux. Quand il pleut le 3, il n'y en a pas.

Li a jamai troup de pan e de dènt n'i-a de rèsto : Il n'y a jamais trop de pain et toujours assez de dents.



 

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Expressions usuelles en provençal

coume vai ? balin-balan ! comment ça va ? : comme-ci, comme-ça !

e patin coufin... : et patati, et patata...

qu'es acò ? : qu'est-ce que c'est ?

oh ! qu'acò's bèu ! [bèou] : oh ! que c'est beau !

aqui n'y a proun ! :  y'en a marre !

noun sai [aï] :  je ne sais pas.

 osco ! : très bien ! bravo !

 osco Manosco ! : vive Manosque !

 à la couchado ! : au lit !

i'a dégun ! : il n'y a personne !

fan de chichourlo ! : fils d'avare ! (cf. chiche ; fan : cf. enfant) s'emploie pour dire : sapristi ! 

que couiounado ! quelle plaisanterie ! quelle couillonnade ! (en provençal, le sens est moins vulgaire).

estre la couio : c'est être la risée...

es un Fènis ! : c'est un miracle ! c'est un Fénis ! chose, évènement ou personne extraordinaire (cf. "Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois", fable de la Fontaine, le corbeau et le renard)

à la revisto ! adessias ! : au revoir !

longo mai ! : expression difficile à traduire : formule de souhait ou de félicitation qui signifie littéralement "longtemps encore" : on l'utilise pour dire "à ta santé !" ou bien féliciter une personne qui vient de se marier : "que votre bonheur dure à jamais !"
La mère de Napoléon aurait été provençale, elle aurait certainement utilisé cette expression pour dire "pourvu que ça dure !"

urous anniversàri e longo mai ! : joyeux anniversaire !

bon Nouvè ! : joyeux Noël !

bòni Pasco ! : joyeuses Pâques !

bono annado ! : bonne année !

 

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Expressions provençales

avé de pan à la paniero : avoir du pain sur la planche.

peta plus aut que soun cuou : péter plus haut que son cul. (être prétentieux)

chanja l'aigo dis óulivo : changer l'eau des olives (pisser)  écrire au pape, c'est caguer ; le papier pour écrire au pape, c'est le papier-cul !

avé lou cuou borda d'anchoio : avoir le cul bordé d'anchois. (avoir du pot)

esquicher : presser l'anchois sur une tartine de pain , habitude alimentaire économique.

Gabian : grosse mouette goulue, par extension le gosier.

faire le Gobi : bouche bée.

Faire gingin : claquer des dents.

Santi belli : Saints en plâtre promenés dans les rues.

trois sueurs : sueur abondante.

tuer un âne à coup de figues : pour dire d'une action qui prend beaucoup de temps.

prendre une estomagade : dépit d'une chose que l'on voit avec regret.

faire péter l 'embouligue : rire puissant qui menacerait le nombril.

faire un brave train : faire du bruit.

Oh! Bonne Mère : vierge de Notre Dame de la Garde à Marseille.

Il tombe des capélans et des belles- mères : il pleut à verse.

Cocagne : exprime le contentement.

Serrer les cinq sardines : serrer la main.

fan de chichourle : expression qui a un caractère enjoué.

pitchouns : les petits.

avoir des oursins dans les poches : avare.

prendre la poudre d'escampette: s' enfuir.

Pantaia de tasta de causo douço... enganamen : Rêve de sucreries en dégustation... déception.

A Sant Martin, la castagno e lou nouèu vin : Pour Saint Martin, chataîgne et vin nouveau.

Manjo toun pèis aro qu'es fres, marido ta fiho, aro qu'es jouvo : Mange ton poisson maintenant qu'il est frais, marie ta fille maintenant qu'elle est jeune.

Qu tèn la coua de la sartan, la viro d'ounte vou : Celui qui tient la queue de la poêle, la tourne du côté qu'il veut.

Qu si fiso au dino deis autre, Dino tard emai mau : Celui qui se fie au repas des autres, dine tard et dine mal.

Fauto de tourdre, l'on manjo de merle : Faute de grives, on mange des merles.

Gros manjaire n'es pas dounaire : Gros mangeur n'est pas donneur.

Que si coucho sènso soupa, touta la nue si boulego : Qui se couche sans diner , tourne toute la nuit.

Fai mi vèire uno oulivo à Sant Jean, t'en farai vèire milo à toussant : Fais moi voir une olive à la Saint Jean, je t'en ferai voir mille à la Toussaint.

Quand plou lou premié de mai, de coudoun n'i a gai. Quand plou lou dous, soun vermenous.
Quand plou lou tres, n'i a gas :
Quand il pleut le 1er mai, de coings il n'y en a guère. Quand il pleut le 2, ils sont véreux. Quand il pleut le 3, il n'y en a pas.

Li a jamai troup de pan e de dènt n'i-a de rèsto : Il n'y a jamais trop de pain et toujours assez de dents.

l'orthographe en provençal est celle du Trésor du Félibrige, de Frédéric Mistral

Sources : Personnelles & Lexilogos

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Ce qu'on disait des jeunes provençales


Provencale.jpg Les Provençaux avaient toutes sortes de locutions pour déterminer leurs critères à l'égard des jeunes filles.
On aimait avant tout qu'une jeune fille fût jolie :
Es Belasso ! (Elle est très belle !), Es poulido coumo un sou ! (Elle est jolie comme un sou !). Lorsqu'un jeune homme songeait à épouser une jeune fille, ses parents s'inquiétaient de savoir si celle-ci était travailleuse. C'était là une condition importante pour réussir en ménage. D'une fille sage, laborieuse et aimable on disait : Es un tresor ! (C'est un trésor !).
Certaines d'entre elles montraient des aptitudes tout à fait heureuses pour tenir la maison : A de gouvern ! (Elle a du gouvernement !) ce qui voulait dire, en d'autres termes : elle sera une bonne maîtresse de maison. Qu'elle soit juste ou non, la réputation universelle du beau sexe a toujours été celle d'être volage. Les Provençaux n'aimaient guère cela et les jeunes filles qu'ils trouvaient trop souvent dehors, étaient mal considérées. On disait d'elles : Courre la patenteno ! (Elle court la prétentaine !) ou encore : Es uno courrentilho ! (C'est une coureuse !). C'est que l'on ne badinait pas dans les familles à cette époque avec la réputation de ou des jeunes filles de la maison !

Source :
Almanach de la Provence.

 

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