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Pontevès
(582 Âmes)
A
deux pas de Barjols ce pittoresque village domine une vaste et riche plaine
arrosée par le Fauvery, entre le petit Bessillon et le grand Bessillon,
à trois kilomètres de Barjols.
Des
pierres plantées sur la face est du Petit-Bessillon attestent
d'une présence dès le néolithique. Les Romains s'installeront à leur tour
sur le site, et construiront sur le sommet est du Petit-Bessillon une tour de
guet, la tour Saint-Martin.
Au
moyen-âge, Pontevès est le chef lieu d'une puissante seigneurie dont dépend
Barjols. Son histoire est liée à celle de ces puissants seigneurs. Le castrum
primitif était précédemment installé au sud du village actuel, sur le sommet
du Petit-Bessillon; il comptait 63 feux de queste en 1316.
Histoire de Pontevès
Les Bessillons, massif isolé au coeur
de la Provence intérieure, ont de tout temps attiré les hommes. Ils furent
tour à tour et parfois simultanément lieu de refuge, de culte et de veille.
L'activité se développe sur les deux versants dès la fin du néolithique. Les
premières traces d'activités humaines remontent à 2600 avant J.C. Des sépultures
ont été découvertes dans la plaine, sur le domaine St Férréol.
L'Antiquité voit l'activité se poursuivre dans la plaine.
Des repérages archéologiques ont permis de révéler l'existence d'une villa
et de huit fermes.
Dès le début du XIème siècle, Pontevès
fut le chef-lieu d'une puissante seigneurie et le fief d'une célèbre famille
provençale. Les ruines du château appartiennent toujours aux descendants de
cette famille, les Sabran-Pontevès, également propriétaires du château d'Ansouis
dans le Vaucluse et des ruines du château de Bargème dans le Var.
Au début du XIIIème siècle, une enceinte, dont subsistent
de nombreux vestiges (rempart occidental, porte de l'ubac, fontaine du Masque),
protège le village tandis qu'une tour de garde (petit fort St Martin) est bâtie
sur la pointe la plus élevée du petit bessillon. A l'est, la seigneurie
construit un nouveau site d'habitat qui prendra le nom de Bastide de Pontevès.
Les grands fléaux de l'histoire n'ont pas épargné le
village et la grande peste de 1348 suivie des troubles du XIVème siècle vont
peu à peu voir la population déserter la bastide à partir de 1384 et le
village lui-même vers 1433.
Les
guerres ( saccage en 1450 par Charles de Duras ), la mortalité, les épidémies
de peste ( 1473 ) et le poids des impôts font que le vieux village se dépeuple
au profit de la ville voisine de Barjols. Pour faire revivre le terroir,
Bertrand de Pontevès fait alors appel à des Génois de Monte grosso, aidé en
cela par le roi René qui exempte le village d'impôts pendant 20ans. Le village
est alors reconstruit sur l'emplacement qu'il occupe aujourd'hui.
A partir de cette époque va se développer l'élevage ovin.
Vers le milieu du XVème siècle, près de 4000 têtes composent le cheptel
local, augmentées de celles du seigneur. Aux troupeaux de moutons s'ajoutent
des élevages de chevaux et de bovins.
En 1477, le village sera repeuplé par l'arrivée d'une
trentaine de familles du diocèse d'Albenga, en Ligurie. En effet, Bertrand de
Pontevès, pour repeupler le village, s'adressa aux habitants du village de
Montegrosso, en Italie. Il signèrent avec le seigneur, le 23 mars 1477, une
charte selon laquelle il les exemptait d'impôt pour une durée de vingt ans.
Les premiers documents cadastraux datés de 1511 et des délibérations
communales, à partir de 1495, font apparaître une société villageoise composée
de trois artisans, de quelques éleveurs et d'une grande majorité de
cultivateurs. Le terroir est réparti en labours (cultures diverses) (36%), prés
(23%) et vignes.
Quelques bastides éparses commencent à apparaître sur le territoire de la
commune. Les guerres de religions, auxquelles participe la seigneurie locale,
obligent les villageois à renforcer et entretenir constamment les structures de
défense, remparts et portes du village.
Au début du XVIIème siècle,
les Pontevès réintègrent leur château qu'ils avaient délaissé pour leur hôtel
barjolais, plus sûr et plus confortable. Malgré quelques rares aménagements
nouveaux, tel un jeu de paume, le château conserve une apparence médiévale
austère.
En 1650, François de Pontevès vend le château et les
terres à un homme d'affaires et financier aixois, Pierre Maurel, surnommé le
"Crésus Provençal". Celui-ci va entreprendre de grands travaux de rénovation
et d'agrandissement du château. Celui-ci comptera une cinquantaine de pièces,
quatre tours d'angles et des terrasses. Intérieurement, il sera décoré
richement et orné d'un mobilier raffiné et de somptueux trompe-l'oeil dûs au
talent du peintre Jean Daret. De même, il bâtira une maison en "forme de
pavillon", sur le modèle aixois, à la Bastide des Salettes. Il avancera
des fonds pour des travaux et aménagements de l'église et construira le moulin
à huile à la demande des habitants.
Sous la révolution, le château est déjà partiellement en
ruine. Quatre co-seigneurs se partagent le terroir et les 550 habitants vivent
de cultures de céréales et d'oliviers, d'élevage et de quelques arpents de
vignes.
Au XIXème siècle, une activité nouvelle, l'élevage du ver
à soie ainsi que la création de fabriques de tomettes viendront renforcer l'économie
du village. La création de la voie ferrée de la compagnie du Central Var
reliant la vallée de la Durance à Draguignan permet l'exploitation de la
bauxite sur trois sites dès le début du XXème siècle et jusqu'en 1949 avec
une interruption d'activité au moment de la première guerre mondiale.
La nouvelle résidence seigneuriale est entourée d'une muraille de 200 mètres
de circonférence délimitant la basse cour qui s'ouvre sur le village; en face
se trouve le château " vieux ", quadrangulaire, long de 35 mètres et
flanqué d'une tour d'angle : " la tour de la prison ". Dans la basse
cour, les bâtiments se disposent en U : greniers à grains, écuries,
poulaillers, ... Au delà de ce château, le nouveau village s'étend protégé
d'une enceinte fortifiée de 452
mètres.
Ce
charmant petit bourg a
conservé quelques anciennes maisons du 16°, 17° et 18° siècles ainsi que
les vestiges d'un château féodal d'où l'on peut avoir un large panorama sur
la plaine.
Des ballades
à proximité de Pontevès vous enchanteront, notamment la promenade du Petit
Bessillon ( sommet à 663 m )
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