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Massif de l'Estérel (Un reportage dû à Nadine de Trans-en-Provence)



La légende prétend qu’une fée, nommée Estérelle, lui donna son nom. Les femmes venaient la consulter pour obtenir la fécondité. En fait, la véritable origine du nom du massif, moins romancée, viendrait du dérivé de l'adjectif stérile, qui correspondait à ce terrain acide et peu fertile qu'est l'Estérel.
L'histoire de l'Estérel est très ancienne, elle court sur 300 millions d'années. D'abord rattaché à l'Afrique, ce morceau de terre s'en sépara lors de la formation de la mer Méditerranée. A l'ère tertiaire, un pan de l'Estérel partit à la dérive... et constitua la Corse. Les reliefs accidentés, les paysages déchiquetés et les criques abruptes plongeant dans la mer témoignent de cette histoire géologique mouvementée.
Son étonnante couleur rouge, qui change à chaque heure du jour, est liée à la rhyolithe, ou porphyre rouge, roche volcanique de l'ère primaire. Posé entre Saint-Raphaël et Mandelieu, l'Estérel s'étend sur 32 000 ha dont 14 000 ha sont classés. Ils offrent aux visiteurs de somptueux pitons de laves amarantes. La rade d'Agay constitue la porte d'entrée naturelle du massif. Les paysages sont restés sauvages et grandioses : gorges, à-pic, défilés et crêtes déchiquetées se succèdent en de saisissants contrastes malgré la faible hauteur du massif qui culmine à 618 m d'altitude au mont Vinaigre.
La flore est riche et variée. Malgré les incendies successifs, pins d'Alep, châtaigniers, charmes, figuiers et oliviers poussent à profusion et côtoient avec bonheur palmiers, agaves, mimosas, eucalyptus, robiniers et plantes tropicales importées qui ont particulièrement bien prospéré grâce à la douceur de la température.
Il ne faut pas manquer de découvrir les curiosités et les paysages du domaine : le pic de l’Ours, le rocher Saint-Barthélémy, la calanque du Dramont, le belvédère du Cap Roux, le mont Vinaigre, le ravin du Perthus et celui du Malinfernet avec ses sources.

Tout aussi riche est l’histoire humaine. Outils, pointes de flèches, qui sont visibles au musée archéologique de Saint-Raphaël sont les traces émouvantes d’une longue période de notre histoire. Toutes les civilisations du bassin méditerranéen marquèrent de leur emprunte le massif de l’Estérel.

Au détour d’un sentier, vous découvrirez un menhir, une fontaine romaine, un oppidum ou la voie aurélienne qui longe la côte jusqu’à Agay. Au Moyen âge, l’Estérel servit de refuge aux ermites, dont Saint-Honorat, au XVIIe et XVIIIe siècle, à des forçats évadés du bagne de Toulon. Enfin, Gaspard de Besse, le brigand au grand cœur y cacha son trésor qui ne fut jamais retrouvé d'après la rumeur, mais qui sait ?
Le pauvre Gaspard fut arrêté dans une taverne et supplicié à Aix-en-Provence. Il n'avait que vingt-quatre ans ! (voir mon article sur Gaspard de Besse ICI).

Le mont Vinaigre

Entre les contreforts des Alpes et la mer où il tombe en d'impressionnantes falaises rouges, le massif de roches éruptives de l'Estérel s'étend de Fréjus à l'est, à La Napoule à l'ouest. Il culmine à 618 m de hauteur au mont Vinaigre. Ce territoire âpre, aux forêts régulièrement ravagées par les incendies (d'où la présence en son sommet d'une tour de guet), ne fut totalement exploré qu'à la fin du XIXe siècle. Il offrit pendant longemps un lieu de retraite pour les ermites. Les brigands et les évadés du fameux bagne de Toulon s'y cachaient pour échapper à la maréchaussée. C'est notamment là que le célèbre bandit au grand coeur, Gaspard de Besse y avait son repaire au XVIIIe siècle.
La nationale 7, très joliment chantée par Charles Trenet, contourne l'imposant massif de porphyre sur son flanc nord en suivant approximativement le tracé de l'ancienne voie Aurélienne de l'Antiquité. A 11 km de Fréjus, au carrefour du Testanier, à droite, une route forestière mème au mont Vinaigre. A son terme, 15 à 20 minutes de marche permettent de profiter au sommet d'une plateforme rocheuse depuis laquelle vous avez une vue imprenable et impressionnante des Alpes jusqu'à la Sainte Victoire.

 



Photo n°05 :
Depuis la plateforme, vue sur les Alpes-Maritimes.

Photo n°17 : La tour de guet et le relais

Photo n°18 : Vue sur le lac de l'Avelan en contrebas qui est un réservoir pour la lutte contre les feux de forêt - il s'étend sur sept hectares et demi

 

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