Les
feux
Conseils
de sécurité des sapeurs pompiers.
De
l'huile sur le feu ( par G.
Trémellat)
Chaque
année la forêt et le maquis provençal sont ravagés par des incendies auxquels
succèdent immanquablement un spectacle de désolation et dont les conséquences
écologiques à long terme sont encore mal connues à l'heure actuelle. Or, il
semble d'un point de vue purement botanique, que ce qui fait l'attrait de nos
garrigues, soit sinon la cause, du moins un facteur aggravant de leur
destruction par le feu (à savoir les senteurs qu'exhalent de nombreuses
espèces et qui sont dues à leur forte teneur en huiles essentielles).
La
végétation méditerranéenne pour résister à la sécheresse, à l'évapotranspiration
(action combinée du vent et de la chaleur) a adopté un certain nombre de
mesures : diminution de la surface de ses feuilles (aiguilles de pin ou branches
de genêt) production d'une cire résineuse sur ces mêmes feuilles (ciste de
Montpellier) ou fort pourcentage d'huiles essentielles malheureusement très
volatiles (thym, romarin, lavande, genévrier...). Il convient donc de ne pas
aborder le maquis méditerranéen de la même manière que les grandes forêts
feuillues d'Europe.
Si
le jet d'un mégot de cigarette sur une fougère saturée d'humidité dans la taïga
lapone relève plus de la bêtise que de l'inconscience, le même geste en
Provence relève, quant à lui, des tribunaux.
Que
dire encore de l'amateur de barbecue qui au mois d'août, en dépit de toutes
les réglementations, fait cuire sa côtelette sur une braise de pignes de pin
et de romarin, ignorant que sous l'effet de la chaleur, la pigne peut éclater
et projeter des braises incandescentes à plus de cent mètres.
Le
but de ces quelques lignes n'est pas de se poser en moralisateur mais plutôt
d'informer, afin que la forêt provençale reste telle que nous l'aimons, belle
et odorante. Nous sommes heureusement encore nombreux à préférer le chant des
cigales au coucher du soleil, plutôt que le hurlement des sirènes dans la
lueur des incendies.

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