|
Les
chiens
Nous avions
toujours désiré avoir un ou deux chiens à la campagne mais nous attendions
notre installation définitive à Macao pour concrétiser ce souhait; seulement
l'épisode du vol avait précipité les choses. A vrai dire nous avions
maintenant la possibilité de loger nos futurs compagnons dans la station
de pompage où à l'intérieur de la "ruine". Nous voulions un animal
qui puisse imposer le respect par sa taille tout en restant sociable et nous
avions fait le tour des races avant de jeter notre dévolu sur la gent Labrador, bien
qu'elle ait la réputation d'être assez cabocharde. Nous avions, l'un comme
l'autre une petite préférence pour les individus noirs.
Au cours
d'une visite à ma belle-mère une personne avait fait allusion à un élevage
de Labradors situé à proximité de Bourbon-L'Archambault. Ce n'était pas très
loin aussi avions nous décidé de faire un saut pour essayer de dégotter le
chien de nos rêves. Sur place on nous avait fait admirer une portée déjà
sevrée; les chiots étaient magnifiques; un surtout se détachait du lot. Au
point de vue taille il dépassait ses frères et ses sœurs et ne s'éloignait
jamais de la "bouffe"; son poil était aussi brillant qu'une paire de
souliers vernis, sa queue était magnifique et il avait une bonne bouille. Il
m'avait fait craquer, l'animal ! Et tout de suite j'avais su que ce serait lui !
Sa mère, une belle blonde à la robe couleur miel, qui répondait au joli nom
de Paméla était dans le box à côté; j'en avais fait l'acquisition afin
qu'elle puisse s'occuper de son fils. On nous avait remis le carnet de
vaccination qui paraissait à jour et les papiers destinés au Dog Book pour la
confirmation du pedigree ; nos deux cabots avaient certainement du sang bleu
dans les veines car ils avaient une filiation absolument vertigineuse ! Il est
de coutume dans ce type d'élevage de donner à ses pensionnaires des noms
ronflants pour essayer d'impressionner le chaland ! Paméla avait
conservé son prénom et le Tabor de machin chouette avait troqué le sien
contre un nom bien plus prolétaire mais aussi combien plus affectueux
de...Titou. Nous avions transformé notre 4L en bétaillère et ramené tout
notre petit monde à Cotignac. Nos deux chiens avaient fait
connaissance avec Macao et passé leur première nuit dans la "ruine"
réhabilitée. Le lendemain je m'étais levé très tôt pour aller voir comment
se portaient les deux premiers habitants de Macao. Il faisait encore nuit
lorsque j'avais libéré mes fauves qui s'étaient précipités dehors en
battant furieusement de la queue. Ah mes amis ! à l'intérieur quel chantier et
quelle odeur; après avoir copieusement aéré j'avais mis près de deux heures
à nettoyer et à réparer les dégâts. Les jours qui suivirent la même
situation se répéta; cela me faisait perdre beaucoup de temps et cette
nouvelle activité était pour moi fort déplaisante. Nous en avions discuté le
soir à l'appartement et j'avais pris la décision de coucher à Macao avec les
chiens. Nous avions installé un lit à une place et j'avais étrenné la
''ruine" en laissant bien sûr la porte grande ouverte afin que la gent
canine puisse aller faire ses besoins à l'extérieur. Toute la nuit cela
n'avait été que va et vient de la part des labradors qui devaient explorer les
lieux avant de marquer leur territoire; inutile de dire que je n'avais pas
beaucoup dormi car j'ai le sommeil très fragile mais j'avais eu la consolation,
le lendemain matin, d'avoir une case propre.
Dans
l'après midi Paméla avait fait une fugue et n'était rentrée que le soir;
j'avais poussé un coup de gueule pour le principe et elle était venue se
blottir contre moi, les oreilles basses et en battant de la queue comme pour se
faire pardonner.
Pratiquement tous les jours elle faisait sa petite ballade en forêt pendant une
heure ou deux et revenait s'occuper de son chiot. J'avais pris l'habitude de ses
promenades inopinées et ne disais trop rien car j'étais conscient que cette bête
avait passé toute sa vie dans un box de 4m2; et puis j'étais pratiquement le
seul à vivre sur un secteur de deux Km2. Jamais Titou n'avait essayé de
suivre sa mère car il avait trop peur qu'on lui fauche sa gamelle. Une fois,
pourtant, elle avait réussi à entraîner
son fils que j'avais retrouvé, deux heures plus tard, complètement épuisé;
pour la punir j'avais sévi physiquement et mis la coupable à l'attache pendant
quelque temps.
Hélas son petit stage à la chaîne ne l'avait pas assagie; c'était comme un
besoin irrépressible qui n'était pas sans me rappeler "L'appel de la forêt"
de Jack London; à de nombreuses reprises elle avait fugué mais chaque fois
elle revenait à Macao où elle semblait très contente de nous retrouver;
j'avais fini par laisser faire et puis un jour, alors qu'elle avait ses chaleurs,
elle avait disparu définitivement. Quelques jours plus tard un employé
municipal avait découvert les corps de Paméla et de deux autres chiens morts
noyés dans un bassin à deux kilomètres de Macao. Comment des nageurs hors
pair avaient-ils pu se noyer ? L'explication en est fort simple :
Les anciens
qui en général habitaient au village possédaient, pour la plupart, un coin de
campagne où étaient regroupées leur activités agricoles. Là, ils avaient
fait des bassins alimentés soit par des sources ou par la récupération des
eaux de pluie. En général ils étaient utilisés pour l'arrosage du
potager qui était souvent à proximité. De nos jours certaines parcelles ne
sont plus cultivées et la nature a repris ses droits. Ces bassins subsistent et
s'ils sont invisibles et inaccessibles pour les hommes, ils ne le sont pas pour
nos amis à quatre pattes qui viennent souvent y piquer une tête. Les chiens en
prennent vite l'habitude et quand vient la fin de l'été où le niveau de l'eau
est au plus bas, ils continuent à vouloir se baigner et une fois dans le bassin
c'est le drame car ils ne peuvent plus remonter. Ils se blessent aux pattes en
essayant désespérément de sortir et continuent de nager jusqu'à épuisement;
dans le meilleur des cas c'est le cœur qui éclate ou alors la noyade. C'est
ainsi que Pamela nous avait quittés, victime de sa soif de liberté, entraînant
dans la mort ses deux amoureux transis.
Titou, lui,
avait continué à passer des jours heureux avec nous et ne semblait pas trop
perturbé par la disparition de Paméla. Il avait toujours un appétit féroce
et nous avions dû restreindre ses rations car il prenait un peu d'embonpoint,
malgré les deux heures de promenades journalières. En dehors de ses fugues Paméla
avait parfaitement éduqué son rejeton car non seulement il était devenu
propre mais la pudeur de sa mère avait déteint sur lui; il allait faire
ses besoins dans la forêt. Impossible de trouver un colombin dans un
rayon de cent mètres de la case ! Même durant les ballades, lorsqu'il avait un
besoin urgent de lever la patte, il faisait un crochet et se soulageait derrière
un buisson; on aurait dit qu'il avait honte de faire ses besoins devant nous.
Une autre caractéristique de ce phénomène était son penchant pour les
fleurs; le matin dès l'ouverture de la porte il se précipitait dehors et
faisait le tour des massifs en humant au gré sa fantaisie, tout en marquant une
nette préférence pour les pétunias; à en
croire les mouvements de sa queue il semblait y éprouver beaucoup de plaisir. A
part son physique, un flair hors du commun et son caractère cabochard notre
chien n'était pas un labrador à part entière car il avait la hantise de
l'eau. Bien sûr, comme ses semblables, il adorait patauger dans les flaques;
parfois même il se risquait à franchir un gué mais dès que l'eau frôlait
les poils de l'abdomen, il rebroussait chemin en quatrième vitesse. Une fois
sur le Verdon, à proximité du barrage de Sainte-Croix, nous avions loué une
embarcation et par jeu j'avais poussé Titou dans l'eau; il avait fallu le récupérer
car, paralysé par la peur, il était sur le point de se noyer. Ce chien malgré
ses mouvements brusques était d'une telle gentillesse que les autres animaux de
la forêt devaient s'en rendre compte car nous avions surpris, par la fenêtre
de la cuisine, une bande de jeunes lapereaux de garenne faisant les quatre cents
coups sur le rond-point, à moins d'un mètre de Titou, très intéressé par
leurs jeux.
Nous
étions très tentés par l'adoption d'un second chien mais pas question d'en
faire l'achat, du moins pour l'instant, car nos finances étaient en période d'étiage.
Nous avions donc pris l'habitude de consulter le "83" un petit journal
gratuit d'annonces où l'on trouvait absolument tout; parfois, à la rubrique
animaux, se présentaient des propositions intéressantes et après quelques
semaines un entrefilet avait attiré notre attention. Il s'agissait d'une
personne partant pour l'étranger et qui était dans l'impossibilité d'emmener
son chien, un berger allemand, avec elle; ce monsieur semblait très attaché à
son animal et ne voulait s'en dessaisir que si les nouvelles conditions de vie
de celui-ci étaient parfaites. Nous avions donc pris rendez-vous avec cette
personne qui était arrivée avec son break spécialement aménagé pour le chien; on avait très vite sympathisé avec ce Monsieur qui avait été très
sensible à notre cadre de vie qui allait devenir celui de son chien; nous
avions fait la connaissance de "Broc", dénommé ainsi car son maître
était brocanteur de son état. Ce monsieur avait liquidé sa brocante de Fréjus
pour monter une affaire dans un pays d'Amérique du sud où l'importation canine
était interdite, raison pour laquelle il nous laissait, avec bien des regrets,
le toutou de son cœur. D'après les explications de son maître nous avions
appris que ce chien fréquentait assidûment un centre de dressage et que les maître
chiens ne se précipitaient pas pour travailler avec lui car il avait une telle
puissance dans les mâchoires, qu'il arrivait à les contusionner à travers
leurs tenues de protection; et pourtant ce chien avait les dents passablement usées
car un de ses anciens propriétaires avait pris l'habitude de lui lancer, par
jeu, des cailloux que le chien rattrapait souvent au vol, serrait très
fortement dans sa gueule et ramenait inlassablement; cela avait provoqué une
usure prématurée de ses crocs. Bref monsieur B nous avait laissé son animal
la mort dans l'âme, avec sa couverture, sa gamelle, son seau, sa laisse, sa chaîne
et...ses croquettes préférées. Ce chien, une bête magnifique, avait
la connaissance de Titou et on ne peut pas dire que ce premier contact avait été
empreint de cordialité, les deux mâles faisant preuve d'une méfiance dédaigneuse.
Par la suite Broc avait tenté d'imposer sa volonté à Titou qui ne l'entendait
pas de cette oreille; cela avait provoqué des bagarres épiques où les deux
chiens, debout sur leurs pattes arrière, gueule dans gueule, essayaient de
dicter leur loi; à chaque fois il fallait
les séparer et Madeleine au cours d'une de ces interventions avait été blessée
à la main; cela s'était traduit par quelques points de suture et une
piqûre anti-tétanique.
Une autre fois ce fut ma belle-mère qui en fit les frais; se trouvant au centre
de l'altercation canine, elle avait été trempée de la tête aux pieds alors
que je tentais de séparer les combattants avec un jet d'eau sous pression. Par
la suite les tensions s'étaient calmées, chacun se rendant compte compte
qu'il lui était impossible de faire valoir sa suprématie. Il m'arrivait assez
souvent, les premiers temps, d'emmener Broc pour jouer avec lui au lancer de la
balle de tennis afin qu'il puisse se libérer de ses pulsions agressives et à
ce petit jeu là, c'est lui qui me crevait; bien sur pour éviter les conflits
je laissais Titou à la maison pour qu'il ne pique pas la balle de son aîné.
Depuis l'installation définitive de toute la famille à Macao, notre
"Labrador" continuait à loger dans la "ruine" sous
une table ancienne ronde, dont il avait failli dévorer les pieds, sauvés de
justesse par l'intervention de Madeleine; dans la journée il arrivait que notre
phénomène squatte la niche de Broc avec l'assentiment bienveillant de ce
dernier. Les mois passaient et à certains petits signes il nous semblait que
Broc ait communiqué à Titou un peu de son agressivité. Il y avait eu une
première alerte quand mes deux lascars avaient agressé un curé de passage; j'étais
intervenu alors que le berger allemand debout sur ses pattes arrière et celles
de devant sur les épaules de notre infortuné prêtre, s'apprêtait à lui
faire un mauvais sort. Le labrador, pour ne pas être en reste, avait adopté la
même position et maintenait la victime par derrière; on aurait dit deux
presse-livre avec notre ecclésiastique dans le rôle du bouquin. Le malheureux,
paralysé par la peur, n'arrêtait pas de répéter gentil, gentil,
gentil. Je m'en étais tiré avec des excuses et notre curé n'avait pas demandé
son reste. Néanmoins cette attaque anti-cléricale avait dû laisser des traces
profondes chez la communauté religieuse car pendant des années les pères
nous téléphonaient pour nous demander d'attacher nos chiens lors des pèlerinages
ou des processions. Nous avons toujours répondu aimablement à leur demande;
notre mérite n'était pas tellement grand dans la mesure où nous n'avions plus
de représentants canins depuis belle lurette ! Nos deux compères s'étaient
rendus coupables de deux autres agressions et il avait fallu que l'assurance règle
le remboursement d'une robe et d'une consultation médicale. Une autre fois, ce
fut deux petites nièces, âgées de huit ans, qui faillirent faire
les frais du mauvais caractère de Broc; quand à moi , quelque temps plus
tard, je n'avais dû mon salut qu'à l'intervention de Titou qui s'était jeté
sur Broc. Ce n'était pas tout à fait de sa faute car ce chien avait subi de
mauvais traitements durant sa jeunesse et de ce fait était toujours sur la défensive.
Je ne savais plus à quel saint me vouer quand un coup de fil de monsieur Bécot
était venu nous délivrer. Ses affaires en Amérique n'avaient pas très bien
marché et il avait préféré rentrer en France; il voulait savoir comment
allait son chien. Hypocritement je lui avais dit que connaissant son attachement
pour Broc, je ne me sentais plus le droit de conserver égoïstement un chien
qui serait certainement beaucoup plus heureux avec lui; il avait été très
sensible à mon discours et était venu récupérer
son fauve le jour même, tellement content qu'il avait voulu nous inviter au
restaurant.
La vie avait
repris son cours dans le calme et Titou était de nouveau le maître sur son
territoire. Il avait d'ailleurs fêté dignement l'évènement en dégustant
notre côte de bœuf que Madeleine avait inconsidérément posée par terre. On
ne pouvait rien lui dire car il avait été convenu, une fois pour toutes, que
tout ce qui touchait terre lui appartenait; notre gaillard ne s'était pas fait
prié et semblait apprécier notre repas car il s'en pourléchait les babines;
une fois de plus, au menu, nous avions eu droit...à du lapin.
La réputation
de nos chiens avait été telle, que lorsqu'un méfait était signalé dans le
voisinage on en déduisait automatiquement qu'il s'agissait de nos cerbères.
C'est ainsi qu'un Italien du village avait débarqué, un jour, à Macao pour
venir se plaindre. Il reprochait à mon chien noir d'avoir poursuivi la moto de
son gendre et d'avoir happé au passage le mollet de la passagère, sa fille en
l'occurrence; le dit mollet en avait été tout contusionné. J'avais assuré à
cet homme que mon chien n'était certainement pas responsable de cette agression
car c'était une bête pacifique et incapable de mordre qui que ce soit. Titou
qui était présent lors de la discussion s'était mis, par jeu, à me mordiller
la main et malencontreusement une de ses dents, très pointue, avait endommagé
une petite veine qui avait laissé sourdre le sang; cela avait été indolore et je ne
m'étais aperçu de rien. C'est en suivant le regard ahuri de mon interlocuteur
que j'avais constaté que ma dextre droite était complètement ensanglantée.
Notre Italien avait fait volte-face en haussant les épaules tandis que son
index, agité sur sa tempe, laissait nettement entendre qu'il était tombé chez
les fous et qu'il valait mieux quitter les lieux avant qu'on ne lui fasse un
mauvais parti !
Ce fut l'année
suivante que les problèmes commencèrent. Nous avions remarqué que Titou
semblait marcher sur des œufs et nous avions pu constater, à l'examen, que
toutes les pelotes de ses pattes étaient à vif. Nous avions désinfecté,
enduit les plaies avec de la pommade auréomycine et pansé de façon que le
chien ne puisse pas ôter ses pansements; nous avions également dissous des
antibiotiques dans son eau de boisson. Malgré tout le chien continuait à faire
ses promenades matinales dans la forêt; pour qu'il souffre moins et puisse
marcher plus aisément, Madeleine avait mis au point un système de chaussettes
maintenues par des cordons et fixées au-dessus du corps de l'animal; cela avait
également l'avantage de garder les pansements propres. Malgré nos soins, la
situation ne s'améliorait pas et sur les conseils d'un ami j'avais
contacté un vétérinaire d'Aups; sur ma demande il avait fait un prélèvement
sanguin destiné à un laboratoire spécialisé de Nice. Le diagnostic était
arrivé une quinzaine de jours plus tard : LEISHMANIOSE ! Nous étions
catastrophés car cette saloperie de maladie chez le chien est presque toujours
fatale. Elle est véhiculée par un phlébotome qui est un tout petit moustique
de couleur jaunâtre vivant dans les régions méditerranéennes; la femelle
suce le sang de ses victimes et lorsqu'elle est infectée transmet une
parasitose la leishmaniose, provoquée par un protozoaire flagellé (genre
leishmania - famille trypanosomidae). Le seul traitement connu est l'injection
à dose massive d'antimoniate de méglumine (glucantime) le plus souvent associé
à un antibiotique genre "augmentin"; c'est un traitement très lourd.
Il existe plusieurs sortes de leishmania dont les deux principales sont la forme
cutanée appelée aussi bouton d'Orient et celle dite viscérale qui attaque les
organes. Chez Titou il s'agissait de la forme cutanée, la moins grave; de plus
la concentration relativement faible de parasites laissait espérer une rémission
assez longue. Effectivement nous avons soigné notre chien pendant des années,
nous l'avons gâté autant qu'il était possible, surtout lors des piqûres où
il ingurgitait des tas de petits gâteaux en guise de récompense. Mais on ne se
berçait plus d'illusions car le mal progressait inexorablement à la manière
d'un cancer.
Nous
voulions avoir des petits de Titou, ne serait-ce que pour pérenniser son
souvenir; aussi avions nous fait l'acquisition d'une petite femelle
"Labrador" à la robe couleur miel dénommée Eya. Notre chien, malgré
ses souffrances, ne pouvait pas se passer de sa petite promenade matinale en forêt
et Eya avait pris l'habitude de l'accompagner. Et puis un jour Titou était
rentré seul et malgré tous nos efforts nous n'avions pas pu retrouver notre
petite chienne. Six mois plus tard Eya avait été repérée par un chasseur
morte noyée dans un bassin. Décidément nous étions maudits avec nos
"Labradors" ! Sur nos trois chiens, deux s'étaient noyés et à la réflexion
je pense que sa hantise de l'eau avait certainement sauvé Titou de la noyade.
Au bout d'un certain temps, le bouton d'Orient avait laissé la place à la leishmaniose
viscérale; Titou souffrait trop et le vétérinaire avait dû abréger ses
souffrances. Nous n'avons plus jamais eu de chiens !
************
(Retour)
(Chapitre suivant)
(Chapitre précédent) |