|
Les Armoiries de
Cotignac rénovées
( par Gabriel-
Henri Blanc )
L'Édit
Royal de 1696 régularisa le port des armoiries. La communauté de Cotignac fit
alors enregistrer, et paya pour cela 30 livres 91, le blason suivant :
Écartelé
: - au I, de gueules, à un pont de trois arches d'argent, mouvant de la pointe,
surmonté d'un lévrier passant du même;
- au II, de sable, à trois bandes d'argent, et un chef d'or, chargé de trois
étoiles d'azur;
- au III, d'or, à une cotice de gueules;
- au IV, d'hermine;
Sur
le tout, d'azur, à cinq tours crénelées d'argent posées en sautoir et
accompagnées de quatre trèfles d'or posés, en un chef, deux en flanc, et un
en point "
En
1867, Monsieur Louis de Bresc fit éditer " L'Armorial des Communes de Provence
" où certaines erreurs furent commises par le graveur. Ainsi pour
Cotignac, les deux premiers quartiers furent oubliés, prétexte des armes
portées par notre ville de cette date, jusqu'à ce jour.
La
société héraldique de France, par son représentant régional, Monsieur
Lanoë, attira l'attention de la municipalité en 1972.
Dans
son ouvrage sorti en 1981, Gabriel Henri Blanc, voulant représenter le village
par un insigne conforme, commença à effectuer des démarches auprès des
Archives Nationales qui, commencées en 1977, ne trouvèrent leur conclusion que
le 8 juin de la présente année.
Cotignac
a donc maintenant la certitude de connaître enfin ses authentiques armes qui
lui avaient été attribuées par Louis XIV. Ce document officiel lève tout
malentendu, car, le coupé supérieur des armes usitées était contraire à
toutes règles héraldiques, ne représentant rien, qu'une grosse tache bleue,
affreuse.
L'héraldique
pour les communautés d'habitants de petite importance, fit son apparition en
Provence après les croisades, vers le XIIIème siècle.
Cotignac
était alors possédé par la famille de Pontevès qui garda cette baronnie de
1240 à 1616..
- Le premier quartier de nos armes, ce qui est normal, représente donc cette
Maison, puisque les Pontevès portent un pont à deux, trois ou quatre arches,
brisé d'un lévrier ou d'une sirène afin de différencier les diverses et fort
nombreuses branches;
- Le deuxième quartier représente les Trougnon, alliés des Pontevès;
- Le troisième quartier est parlant - Cotice = Cotignac;
- Pour le quatrième quartier Gabriel Henri Blanc continue à diriger des
recherches toujours très longues. Mais d'ores et déjà on peut dire que
les hermines ont été insérées par la Communauté, en remerciement des
privilèges que Marie de Blois, Comtesse de Provence, Régente, ( mère de Louis
II d'Anjou qui n'avait que six ans à la mort de son père, maîtresse femme qui
défendit sérieusement ses droits et la Provence ), accorda à Cotignac. Il
faut ajouter que l'on trouve les hermines dans les armes de Tourves et autres,
car cette fourrure était utilisée dans toutes les provinces et pas seulement
sur les blasons bretons.
Le
19 février 1616, Gabrielle de Pontevès, par son mariage avec Guillaume de
Simiane, apporta Cotignac à cette Maison. Donc en 1696, lors de
l'enregistrement des armoiries, la baronnie appartenait à la famille de Simiane.
Il était normal que, ne changeant rien aux armes antérieures, elle ajouta sur
le tout, se plaçant ainsi en évidence, son propre blason. Elle ne remplaça
que les fleurs de lys par des trèfles car ce n'était que par concession royale
que l'on pouvait prétendre au lys de France.
La
couronne murale instituée depuis 1867 porte trois tours, car elle symbolise les
cantons.
En
conclusion nous dirons qu'aujourd'hui notre village retrouve son blason
d'origine; que nous connaissons la provenance des différentes pièces qui le
meublent, mais qu'il faudrait trouver le " Texte de présentation à
l'Enregistrement des armes de Cotignac; grosse difficulté, d'ailleurs valable
pour toutes les communes.
************

|