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Macao, Cotignac, Région, Provence,
Littérature et…fantaisie !
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La serre Nous avions un besoin impérieux de cette serre afin de lancer l'élevage de lapins sur lequel nous comptions pour obtenir le permis de bâtir de notre future case. Ayant fait une rapide étude de marché j'étais très vite arrivé à la conclusion que l'opération était loin d'être rentable. Quand on n'est pas capable de produire soi-même la nourriture des animaux que l'on élève il est évident que l'on se retrouve à la merci des marchands d'aliments pour bétail. D'après mes calculs la somme pour amener un lapin à son terme était supérieure au prix de vente du même lapin dans les grandes surfaces qui, à l'époque, commercialisaient du Chinois. Heureusement pour nous la suite a démontré que leurs lagomorphes, à côté des nôtres, ne valaient pas un...pet de lapin ! De toute façon nous avions choisi cette stratégie et il n'était plus question de faire machine arrière. J’avais repéré un terrain à peu près plat, à proximité de la route des tuyaux. Il avait fallu couper quelques arbustes dessoucher, essarter et mettre le sol de niveau. Nous avions terminé de justesse la veille de la livraison de la serre. Le montage de la serre ( livrée avec mode d’emploi) n’avait présenté aucune difficulté majeure, toutes les pièces s’emboîtant les unes dans les autres ; seule la mise en place du réseau de fils de fer en inox avec tendeurs, reliant tous les arceaux entre eux et ce sur toute la longueur de l’arcure, avait été un travail long, fastidieux et générateur d’ampoules. Lorsque toute l’armature métallique avait été installée, dans les règles de l’art, il avait fallu coffrer la base de tout l’ensemble afin de couler un socle de béton armé sur toute la périphérie pour éviter que les rafales de Mistral ne soulèvent la serre. Il n’est pas rare lorsque les gens ne respectent pas les règles de montage que certaines serres soient soulevées par le vent comme des fétus de paille et aillent s’écraser, parfois, plusieurs centaines de mètres plus loin. Le principe de couverture de la serre consistait à mettre en place, sur les arceaux, deux films de polyéthylène, qui, à la manière d'un sandwich, emprisonnaient des plaques de polystyrène de 240x120 sur quatre centimètres d'épaisseur. Les films, se présentaient sous la forme de bandes de cinq mètres de largeur et d'une quinzaine de mètres de longueur, mais grâce à un système très astucieux de pliage, ils étaient d'une pose relativement facile. Par contre il n'en allait pas de même pour les plaques de polystyrène; ces dernières étaient réunies entre elles par un réseau de ficelles de lieuse qui les maintenaient bord à bord dans le sens de la largeur. Si en théorie la mise en place de ces chapelets paraissait facile, il en allait tout autrement dans la réalité car la légèreté du matériau combinée à la légère brise qui souffle en permanence à Macao avait tendance à transformer les bandes de plaques en gigantesque cerf-volant qui s'élevait, parfois, à une dizaine de mètres du sol; sous l'action du vent les ficelles cisaillaient le polystyrène dont les morceaux s'envolaient et s'éparpillaient dans la nature ; nous avons ainsi perdu des dizaines de plaques à une époque où nous étions loin de rouler sur l'or. Avec du temps et des monceaux de patience nous avions réussi à venir à bout de ces maudites plaques, avec bien sûr quelques colères homériques à la clef. Le dernier film de polyéthylène qui maintenait tout l'ensemble reposait sur le sol de chaque côté de la serre sur environ deux mètres. Venait enfin le travail le plus pénible c'est à dire charger avec de la terre le film qui dépasse sur une épaisseur de cinquante centimètres; cela pour obtenir une tension maximum du polyéthylène afin d'éviter toute prise au vent. J'avais dû manipuler pas loin de cinquante tonnes de terre à la brouette; à Macao la musculation c'était gratuit ! Les pignons de la serre, la mise en place des portes avaient été presque une récréation, en regard des difficultés que nous avions éprouvées. L'extérieur de la serre étant terminé, nous pouvions attaquer le béton de l'intérieur. Nous avions prévu deux caniveaux en pente, dans le sens de la longueur de la serre afin d'évacuer les déjections de nos futurs pensionnaires; ces caniveaux venant dégueuler leur contenu dans un collecteur perpendiculaire qui se déversait dans une buse en plastique aboutissant à la fosse à fumier. Une fois le tout bétonné il avait fallu lisser au ciment pur pour éviter les aspérités et les infiltrations. Malgré toute ma bonne volonté je n'avais pas eu temps de terminer car les lapins vinrent frapper à notre porte un peu plus tôt que prévu. Malgré un traitement anti-UV et une épaisseur de plusieurs microns ces films de polyéthylène n'avaient qu'une durée de vie limitée car mistral et soleil rivalisaient d'audace; en général il fallait remettre un nouveau film tous les trois ans. Bien des années plus tard, las de ces travaux épuisants et coûteux, nous avions monté des murs pignons en dur, remplacé les films par des tôles de plastique et ajouté une nouvelle couche de polystyrène. Nous avions également, à cette époque, crée un super atelier qui en avait fait baver plus d'un de jalousie. De nos jours la serre a été transformée en remise; outre nos véhicules, le petit matériel roulant agricole et la moto-pompe pour lutter contre le feu, nous y entreposons matériel et matériaux de construction, engrais et enfin toutes les choses inutiles que l'on peut entasser au cours d'une vie bien remplie.
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