Macao, Cotignac, Région, Provence, Littérature et…fantaisie !

  

  

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La route des tuyaux

Dans le sens longitudinal une piste en parfait état traverse Macao ; à l'origine cette route en terre prenait naissance au barrage de Quinson pour  aboutir au lac de Carcès et traversait donc une multitude de propriétés. Elle avait été aménagée par la Société du Canal de Provence et d’aménagement de la Région Provençale en 1968 pour procéder à la pose et à l’entretien d’une conduite provisoire d’adduction d’eau alimentant la réserve de Carcès à partir des eaux du Verdon à Quinson. La préfecture avait autorisé la dite société à occuper les parcelles de terrain pendant cinq ans, charge à cette dernière de verser aux propriétaires une indemnité dérisoire que je qualifierai de symbolique. Bien sûr les propriétaires n’avaient été consultés que pour le principe, la cause étant entendue d’avance. Les riverains avait baptisé cette piste « la route des tuyaux ».

Pourquoi en était-on arrivé là ? Il régnait à cette époque, dans la région, une sécheresse exceptionnelle qui s’était traduite par une diminution très inquiétante des eaux du lac de Carcès, qui constituait la seule réserve d’eau pour la ville de Toulon. Pour construire ce pipeline de 41km de longueur ce fut un travail de titan surtout que le relief et les forêts ne s’y prêtaient guère. Quand les travaux furent terminés, juste avant l’inauguration officielle, (d’après mes sources) la pluie s’était mise à tomber sans discontinuer faisant les beaux jours du  lac de Carcès ; ainsi ce dernier avait refait le plein  sans avoir recours aux eaux du Verdon.

Jusque là, rien à dire, on ne pouvait qu'invoquer la malchance mais il restait cette grosse tuyauterie, qui dans une région où l'eau fait souvent défaut, représentait de l'or en barres. Il suffisait de mettre des prises d'eau et des compteurs pour satisfaire agriculteurs et particuliers; c'était également une arme efficace pour lutter contre les incendies; enfin cela permettrait, à long terme, un amortissement des dépenses.

Mais voilà, allez demander à des politiques ou à des technocrates d'avoir de la jugeote ! On avait opté, en haut lieu, pour le démontage de l'ouvrage. Il parait que ce travail coûta plus cher à l'État que la pose des tuyaux et l'ouverture de la route. Nul doute que cette ineptie a permis à certains de se...régaler !

 

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