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Macao, Cotignac, Région, Provence,
Littérature et…fantaisie !
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Des Souvenirs et des Hommes Le détachement F.T.P.F. "Battaglia" qui campait dans le massif du Bessillon à environ 500 mètres à vol d'oiseau de la ferme de Palières était attaqué à l'aube du 27 juillet 1944 par l'armée allemande. Ce matin là, un homme courageux nommé Auguste Molinari, ouvrier agricole chez le capitaine Lombard, grand mutilé de la guerre 14/18 est venu, au péril de sa vie, nous avertir que le Bessillon était investi par les troupes allemandes qui commençaient à nous encercler. L'ordre fut immédiatement donné aux 22 camarades du camp : se séparer en trois groupes et rallier le plus vite possible les bois de Fox-Amphoux en prenant, bien entendu des directions différentes, afin de compliquer la tâche de l'ennemi. Le premier groupe, conduit par Léon Gérard et Élie Fenouil, tous deux responsables de la Résistance à Cotignac prit la direction de Nestuby (route de Monfort). Malheureusement, à quelques centaines de mètres de notre groupement, une section allemande, postée là depuis le matin les attendait. Pris immédiatement sous le feu intensif de l'ennemi, Léon Gérard fut mortellement blessé et achevé sur place. Une stèle élevée à sa mémoire désigne exactement le lieu où il trouva la mort. Les autres camarades du premier groupe purent s'en sortir et trouvèrent refuge dans les bois de Monfort. Le deuxième groupe, conduit par Camille Carmagnolle, responsable de la Résistance à Cotignac eut beaucoup plus de chance. Passant à travers l'encerclement, sortit intact et put rejoindre, avec difficultés, certes, le nouveau campement désigné. Le troisième groupe dont je faisais partie sous le commandement du camarade Trinquet dit "Marco", lieutenant de notre détachement, prit la direction du sommet du Bessillon. Nous étions persuadés qu'en passant par la "Gouargue de Vallauri" le plus difficile serait fait. Harcelés depuis l'aube avec l'ennemi à nos trousses, nous montions en file indienne vers le sommet afin d'échapper à nos poursuivants. Mais hélas, un détachement important d'allemands nous y attendait. Postés sur les hauteurs de cette "gouargue" ils nous voyaient monter les uns derrière les autres et, ce n'est qu'arrivés à environ 80 mètres du but que nous avons été pris sous le feu intense des mitrailleuses et fusils mitrailleurs. La plupart d'entre-nous furent tués ou blessés. La surprise fut totale. Échappant je ne sais comment aux tirs ennemis, je rampais dans les fourrés essayant de me cacher le mieux possible. Me trouvant seul dans une position inconfortable, j'attendais avec l'espoir de voir arriver un ou deux camarades. Mais le contraire se produisit. Les Allemands commencèrent à descendre, groupe par groupe dans le vallon où j'étais caché, en tirant des rafales de mitraillettes dans tous les fourrés. J'ai cru ma dernière heure arrivée. Puis, un peu plus loin, j'entendis des cris, des détonations, des tirs de revolvers. J'ai compris, par la suite, que mes camarades blessés étaient achevés avec une monstrueuse sauvagerie. Combien de temps je suis resté ainsi ? Je ne le sais pas, mais dans l'après-midi de ce 27 juillet 1944, après le départ des troupes ennemies, sortant de ma cachette et après avoir gravi une vingtaine de mètres, je suis tombé en pleurs devant cet horrible carnage : une vision que je n'oublierai jamais. Les corps de mes camarades, mes Frères de combat criblés de balles gisaient-là, morts à quelques mètres de moi. Ces hommes ont donné leur vie : Gérard Léon - 33 ans de Cotignac, Trinquet Jean - 22 ans de Marseille, Arnaud Victor -19 ans - de La Ciotat, Donnat Constant - 20 ans - de Mougins, Ferrero Jean - 19 ans - de Draguignan, Kershaho Gilbert - 21 ans - de La Valette, Santucci André - 22 ans - de Salernes et André de famille inconnue - 26 ans - Le lendemain, 28 juillet 1944 nous apprenions que 10 patriotes Résistants arrêtés et emprisonnés à Brignoles, interrogés, torturés avaient été amenés dans le Massif du Bessillon au lieu-dit "Sainte Catherine". Là, sans le moindre jugement, sans que leurs familles puissent les voir durant leur incarcération, ils furent lâchement assassinés. Tous ces Résistants, n'ont jamais trahi, même sous la torture. Ils sont morts pour la même cause que nos maquisards. Saluons la mémoire de ces hommes : Philis Gabriel - 54 ans - de Cotignac (Secrétaire de Mairie), Aune Marius - 60 ans - de Barjols, Durand Louis - 54 ans - de Barjols, Fave Marius - 72 ans - de Barjols, Volterani Lucien - 20 ans - de Barjols, Pic Félix - 40 ans - du Val, D'Erano Raphaël - 55 ans - de Belgentier, Gély Joseph - 26 ans - de Toulon, Martin Nicolas - 38 ans - de Brignoles, et Vinson Sylvestre - 41 ans - de Brignoles (Récit d'André SALVETTI dit "Tacade", Rescapé du Camp "Battaglia" au Bessillon.)
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