La
ligne électrique
Le
groupe électrogène que nous avions installé dans la station de pompage n’était
là que pour nous dépanner dans l’immédiat en attendant que EDF vienne
installer « notre ligne » électrique. Nous avions fait de très
nombreuses démarches dans des tas d’organismes et toujours
le même leitmotiv venait écorcher nos oreilles : « C’est à vos
frais ! » Nous n’étions, hélas, pas les seuls à Cotignac et de
nos jours, en 2006, je connais encore beaucoup de gens qui fonctionnent avec un
groupe électrogène et des panneaux solaires. Il me semble aberrant qu’un État
puisse brader des milliards pour véhiculer le courant dans des villages paumés
au fin fond de l'Afrique alors que
certains de ses concitoyens, s’ils n’ont pas les moyens de payer, sont obligés
de s’éclairer à la bougie ou au gaz. Pour un Pays qui a la prétention d’être
dans le top 10, il y a de quoi sourire !
Nous avions dû vendre un magnifique
terrain sis à Cotignac dont j’avais fait l’acquisition vingt ans auparavant
avec mes premières économies ; et tout ça pour pouvoir payer les 120.000
francs, réclamés par EDF. D’après les statuts la ligne m’appartenait
durant la première année mais à partir de la seconde je perdais 20% de mes
droits chaque année, ce qui revenait à dire que la ligne électrique retombait
dans le giron d’EDF au bout de cinq ans. Pris à la gorge, j’avais donné
mon accord et versé la somme demandée. Quelques mois plus tard, la ligne avait
été tirée jusqu’à proximité de la « ruine » où elle était
en instance de branchement.
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