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Macao, Cotignac, Région, Provence,
Littérature et…fantaisie !
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par paul jolit
« Restons sur le plancher des vaches. Bien arrimé au sol, la tête sur les épaules. La rupture ne suffira pas. Quoi que tu fasses, quoi que tu entreprennes, tu n’aboutiras à rien. Nous pensons que tu devrais te recycler. Tu crois connaître les moindres ressorts de la vie. Tu n’es qu’un pantin, un hochet refilé de main en main. Tu prétends vouloir, exercer ton libre-arbitre. Tes efforts seront vains, car tu as tout oublié. On ne peut rien te faire comprendre. Toi, tu t’acharnes. En fait, tu n’existes pas, Grégoire. Tu n’es qu’une patte de mouche dans la mémoire d’une amibe, un trou noir d’absolu. Tu t’imbibes de choses futiles et inutiles. Non, décidément, tu ne comprends rien à rien. Tes habits sont lacérés, rapiécés, perclus d’accrocs. Cela ne se fait pas, Grégoire. Un paria n’a pas de lustre. Peigne les quelques cheveux qu’il te reste. Nous te laisserons une chance, à la condition que tu te mettes au travail, et tout de suite. Sinon, nous ne t’épargnerons pas. Tu nous gênes. Tu me rappelles ces camemberts bourrés d’asticots. Tu es mort, Grégoire. Seulement, tu n’en as pas conscience. Tu te survis à toi-même. Tout ce qui t’arrive est de ta faute. Tu n’as pas su tenir tes promesses. Des maladresses et des à-peu-près t’ont d’avance condamné. Tu ne rapportes rien, Grégoire. Si, au moins, tu gardais les vaches, on te considèrerait comme partie intégrante du troupeau. Tu vas trop loin et tu t’en fous. Tu n’as rien à y gagner et tes pertes seront irrémédiables. Nous en avons marre de ta présence parmi nous. Tu n’es qu’un chien et, chez nous, les chiens, on les bat, on les tue, on les pend par les pattes. Pour qui te prends-tu, pauvre type ? En quel nom, de quel droit parles-tu ? Nous n’entendons causer plus que de toi. Qu’as-tu à répondre à cela ? Ta réponse ne nous intéresse pas. Tu t’es englué dans un marécage visqueux en croyant échapper à nos meutes. Tu vois ces arbres morts, Grégoire. Ils pourraient t’épauler dans ta tâche, car ils en savent plus long que toi sur les feuilles et les brisées du vent. Tu mens comme tu respires. Tu mens comme un arracheur de dents dont la bouche est pleine de chicots. C’est ça, cache ton maigre sourire et tes airs crispés. Tu dépasses les bornes. Tes mains sont moites. Tu pues des pieds. Ton haleine est fétide. Plus de doutes possibles, Grégoire. Tu es une loque soi-disant humaine et tu prétends à la vie. En quoi te concerne-t-elle ? Nous avons eu notre dose. Garde ton arrogance pour des jours moins sombres que ceux-ci. Tu n’es rien, absolument rien. On peut être nul et exister. Mais toi, on se demande par quel faille de l’espace-temps, tu es parvenu dans nos parages. Tu es un monstre sans queue ni tête aux idées absurdes. Tu sembles embarrassé. As-tu peur de la vérité ? On s’en tamponne. Qu’as-tu à nous reprocher ? De ne pas être tes valets ? Tu nous dois allégeance en tout. Nous sommes tes maîtres. D’un claquement de doigts, tu as à obéir, quoi qu’il arrive, Grégoire. Quitte à te dissoudre et à te volatiliser dans le néant dont tu n’aurai jamais dû sortir. La poussière retourne à la poussière. Tes atomes ont démantibulé le monde. Tu perds tout, là. L’univers s’esclaffe en t’apercevant. Non, décidément, tu n’as rien compris. Tu es laid et difforme. Aie honte. Cela te servira de leçon. Et quand tu ne sentiras plus rien de rien, quand ta volonté sera réduite à néant, eh bien, tu iras croupir dans quelque terrain vague avec les rebuts. Tu envenimes ton cas, Grégoire, si tu oses t’opposer à ce destin inéluctable. Le pilon t’attend. Ne te méprends pas, tu jeûneras ou tu vivoteras des reliefs de tables qu’on daignera te lancer. Tu rêves trop. Tu es un malade, Grégoire. Poète ? Mon œil ! Fou à lier, hors course, hors classe, désaxé. Tu m’entends ! Après, seulement après le Purgatoire, tu pourras jouer les Pieds nickelés. « Et tout le reste est littérature », bien sûr. Non, vraiment, tu aggraves ton cas, mec. « Reconduisez-le dans sa cellule ! ».
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