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Insectes spécifiques de la Provence
La Cigale :
du latin "cicada"
Elle appartient à la famille
Cicadidae, de l'ordre des homoptères. Le nom vient du grec kiccos (membrane) et
de ado (chanter).
On compte près de 4500variétés
dont 16 fréquentent le Midi.
Description :
La cigale Cicada orni
fait partie de la classe des Insectes, de l'ordre des Homoptères. Elle mesure de
2 à 5 cm. Sa nymphe (métamorphose incomplète) atteint 5 à 8 cm.
Sa tête est de couleur bleu gris. Ses deux petits yeux noirs à facettes sont
nettement séparés. Ses pattes sont poilues et grâce à ces poils, elles collent
aux branches. Ses quatre ailes sont longues, brunes transparentes en forme de
losange et avec les veines très visibles. Son corps est de couleur brune.
Nutrition :
Les cigales se
nourrissent de sève d'arbre ou d'arbuste, grâce à un appareil buccal de type
piqueur-suceur.
Cycle de reproduction :
Les œufs sont pondus en
été en France, dans des tiges d'arbustes et d'herbes. A la fin de l'été ou à
l'automne les œufs donnent des larves qui vont s'enfouir dans le sol, pour
plusieurs années en général.
Période larvaire :
Pendant la période larvaire
souterraine, qui dure de 10 mois à plusieurs années, la nutrition se fait sur
des racines. Les pattes avant sont munies de structure fouisseuse qui lui permet
de creuser des galeries. La structure de l'abdomen est telle que l'urine
abondante des larves de cigales est canalisées vers les pattes avant, ce qui
permet de ramollir la terre.
Mue imaginale :
La dernière année de sa vie,
commence la vie aérienne. La nymphe sort de terre et se fixe sur une tige ou un
tronc et commence sa dernière mue ou mue imaginale. La cigale se transforme
alors en insecte dit « parfait » ,adulte ou imago, pour se reproduire durant
seulement un mois et demi.
La cymbalisation ou « chant des cigales »
La cymbalisation est produite
chez le mâle et a pour fonction d'attirer les femelles. Dès que la température
est suffisamment élevée (environ 25 °C), le mâle « chante », ou plus exactement
, il cymbalise. Une erreur fréquente est de dire que les cigales stridulent
comme le criquet. Or la stridulation est produite par le frottement de deux
parties du corps d'un insecte (ou plus généralement d'un arthropode, car les
mygales stridulent aussi, par exemple), alors que le mâle cigale possède un
organe phonatoire spécialisé, les cymbales, qui est situé dans son abdomen. La
cymbalisation est le résultat de la déformation d'une membrane (un peu comme le
couvercle d'un bidon) actionnée par un muscle. Le son produit est amplifié dans
une caisse de résonance et s'évacue par des évents. La fréquence et la
modulation de la cymbalisation caractérisent les différentes variétés de
Cigales. Le but de cette cymbalisation est d'attirer les femelles de la même
espèce.
Aux U.S.A
Magicicada dans les Appalaches
Dans 13 États de l'est des États-Unis, dont le Tennessee, les cigales Magicicada
septendecim, Magicicada cassini et Magicicada septendecula ont des cycles de 13
ou 17 ans de reproduction. À partir de la mi-mai, dès que la température atteint
environ 17 °C, les larves sortent, généralement le soir, à la faveur d'une
petite pluie qui ramollit la terre. Les femelles pondent environ 800 œufs
chacune, dans de petites fentes qu'elles creusent dans l'écorce des branches à
l'aide de l'ovipositeur situé à l'extrémité de leur abdomen, seul dégât causé
par la cigale dont les œufs éclosent au bout d'environ quatre semaines. Les
larves se laissent alors tomber sur le sol qu'elles creusent de leurs pattes
avant fouisseuses. Un mécanisme original de gouttières abdominales leur permet
même d'utiliser leur urine pour ramollir la terre.
Nota :
Pour ceux qui se passionnent
pour ce chantre de la Provence, je vous conseille de cliquer sur les deux icones
cigales.

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La Cochenille noire
(Saissetia oleae)
La Cochenille attaque feuilles
et bois. C'est un insecte qui suce la sève du laurier-rose, de l'olivier et de
la lentisque.
Son excrétion appelée miellat est un excellent support de développement de la
fumagine appelée aussi noir de l'olivier. La femelle pondeuse meurt en donnant
des larves qui après trois stades de développement vont donner une jeune femelle
devenant rapidement une femelle pondeuse.
Traitement : En cas de
présence de la cochenille, l'A.F.I.D.O.L préconise l'utilisation du
fénoxycarbe (INSEGAR) en un traitement mi-août. En cas de pullulation, ce
traitement peut être précédé par un traitement à mi-juillet. Cet insecticide
respecte les insectes auxiliaires.
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Le Psylle ou "coton"
(Euphyllura olivina)
Cet insecte proche du
puceron attaque la fleur. Ses larves vert clair vivent en colonies sur les
jeunes pousses et les hampes florales où elles consomment la sève en sécrétant
une matière blanche floconneuse spectaculaire mais sans danger pour l'olivier.
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Le Thrips de l'olivier.
(Liothrips oleoe Costa)
C'est un thysanoptère tubulifère qui passe le plus souvent inaperçu. Il s'attaque quelquefois aux
jeunes fleurs et aux boutons non épanouis pique et fait avorter. Mais ses
manifestations les plus importantes se révèlent sur les jeunes feuilles et les
pousses terminales. Sous les piqûres de l'insecte les feuilles se courbent en
forme de crosse, les pousses se déforment et s'arrêtent de croître. Les années
de forte invasion, l'arbre prend un aspect rabougri et buissonnant.
L'emploi de pulvérisations aux bouillies sulfocalciques à 32 à 36° B, en été,
donne d'excellents résultats contre ce parasite, ainsi que l'emploi des esthers
phosphoriques.
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Le Neiroun ou Scolyte de
l'olivier
(Phlaeotritus scaraboeoïdes Bern.).
C'est un coléoptère de la famille des scolytidés,
qui creuse ses galeries dans l'aubier à la base des brindilles ou dans les
charpentes provoquant 1 arrêt de la sève et la mort des branches attaquées. Il
s'installe de préférence sur les arbres affaiblis. Ses dégâts, dus aussi bien à
la larve qu'à l'adulte, sont surtout apparents au printemps par la sciure qui
est rejetée sur l'écorce au niveau des loges de ponte. Il n'existe pas de
traitement vraiment curatif. Il convient de tailler sévèrement les arbres
atteints, de détruire immédiatement les bois de taille par le feu et d'apporter
une bonne fumure azotée.
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La Teigne :
(Prays olellus)
C'est un micro-lépidoptère
(12 - 14 mm) de
la famille des tinéidés à trois générations annuelles. La Teigne passe l'hiver
sous forme de chenilles invisibles à l'il nu, à l'intérieur des feuilles. Au
printemps, peu avant la floraison, ces chenilles reprennent une vie active, se
nourrissant quelques jours aux dépens du parenchyme, sortent et attaquent les
bourgeons floraux et les jeunes pousses. Après s'être tissées un cocon, les
chenilles se métamorphosent en papillons qui vont pondre sur les bouquets
floraux non épanouis. Il en résulte une deuxième génération de chenilles qui
dévorent les Feurs (coulure). La troisième génération s'attaque aux jeunes
olives, pénétrant dans le noyau, dévorant l'amande et entraînant des chutes de
fruits en aoûts septembre. La Teigne provoque régulièrement la perte, par
coulure et chute de fruits, de 20 à 40 % de la récolte, bien que la pullulation
de cet insecte soit freinée par l'Eupelmus urezonus Dalm., chalcidien hypers-parasite
dont il a déjà été question au sujet du Dacus. Tous les élevages de Teigne
effectués en France depuis plusieurs années par l'un de nous, aux Services
Oléicoles, ont été régulièrement parasités par Eupelmus, souvent jusqu'à 50 et
parfois jusqu'à 70 %.
Deux traitements très efficaces doivent êtres effectués contre la Teigne. Le
premier, peu de temps avant la floraison, avec une bouillie à 1 % d'arséniate de
plomb, insecticide que l'on peut utilement incorporer dans une bouillie
bordelaise à 3 % afin de combattre en même temps le cycloconium (œil de paon).
Le deuxième, après la nouaison (juin), à l'époque du vol des papillons de
deuxième génération, à l'aide d'une bouillie nicotinée mouillante contenant 3oo
grammes de sulfate de nicotine pour 100 litres d'eau
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La Mouche de l'olivier :
(Dacus Olea)
La mouche de l'olivier est un insecte diptère (à
deux ailes).
La première génération pond d'avril à juin. A mesure que l'olive se développe,
elle pond sur le fruit (à ce stade un traitement est efficace).
Après incubation, la larve creuse une galerie sous la pulpe vers le noyau. En
une dizaine de jours la larve se nymphose, à ce stade le traitement n'agit plus
, l'olive se dessèche et tombe.
Les générations se succèdent tous les 25 jours environ jusqu'en octobre. Les
dégâts sont considérables car les dernières olives qui restent sur l'arbre sont
tout de même marquées par les piqûres de ponte.
Traitement dès le mois d'avril : Pulvérisation d'un mélange attractif (Bluminal
0.12L pour 10L d'eau) et d'insecticide (Lebaycid 0.05L pour 10L d'eau).
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L'Otiorrhynque
Ce petit coléoptère, qui se dissimule dans le sol, fait des échancrures
semi-circulaires dans les feuilles les plus tendres des jeunes oliviers.
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La Pyrale du Jasmin
C'est une
chenille qui se nourrit des jeunes feuilles d'oliviers et provoque la
disparition de l'extrémité des jeunes rameaux. L'attaque sur les arbres adultes
ne pose pas de problèmes en revanche, sur de jeunes arbres, les attaques peuvent
êtres endomageables car elles peuvent compromettre la pousse de l'arbre et sa
future formation. En cas d'attaque sur de jeunes plants, traiter avec un
insecticide à base de Lambda Cyalothrine (ex: Karathé express) peut se
justifier.
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L'Hylésine
(Hylesinus oleiperda)
C'est un coléoptère du bois
dont la larve arrête la circulation de la sève.
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L'Ephippigère
des vignes
(Ephippiger ephippiger, Orthoptère,
appartennant à la famille des Tettigonidae et constituent la sous-famille des
Ephippigerinae). Elle se nourrit de feuilles de vigne, de chêne mais aussi
d'insectes et de pontes.
Les Ephippigères se reconnaissent aisément à la
forme de leur pronotum en forme de selle de cheval. Les organes du vol sont
fortement réduits et se présentent comme des écailles arrondies, en partie
masquées par le pronotum. Elles appartiennent à la famille des Tettigonidae et
constituent la sous-famille des Ephippigerinae.
l'espèce est adulte dès Juillet et se montre jusqu'en Octobre.
Cette espèce fréquente préférentiellement les milieux chauds et pauvres en
précipitations. L'éphippigère des vignes se nourrit de végétaux (feuilles de
ronces et de pissenlit) mais également d'insectes (mouches, chenilles).
Sa stridulation sonore et grinçante, se fait entendre de jour comme de nuit;
sorte de "tsi-chipp", ce qui est à l'origine des noms de "Tizi" et de "Jeudi"
dans le Midi et le Sud-Ouest.
La femelle stridule également
et répond à l'appel des mâles.
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Lou magnan ou ver à soie
En provençal, le magnan désigne le bombyx
du mûrier, utilisé en sériciculture en tant que vers à soie, dans une
magnanerie. L'étymologie de magnan, mot que l'on rencontre dans tout le Midi de
la France, n'est pas claire : il semble bien cependant que le mot soit venu
d'Italie tout comme les techniques de sériciculture elles-mêmes.
Quand elle a suffisamment
grandi, la larve du ver à soie se prépare un abri tranquille pour un sommeil
semblable à celui de la mort, pendant lequel se fait la métamorphose. Mille
méthodes sont en oeuvre pour la préparation de ce gîte. Certaines larves
s'enfouissent simplement dans la terre ; d'autres s'y creusent des niches rondes
à parois polies. Il y en a qui se façonnent un abri avec des feuilles sèches ;
il y en a qui savent agglutiner en boule creuse les grains de sable et le bois
pourri. Celles qui vivent dans le tronc des arbres bouchent en arrière, avec un
tampon de sciure de bois, les galeries qu'elles se sont creusée ; une petite
chenille vivant dans le blé ronge toute la partie farineuse du grain et respecte
l'enveloppe, le son, qui doit lui servir de berceau. D'autres, moins,
précautionnées, s'abritent dans quelque ride d'une écorce, d'un mur, et s'y
fixent au moyen d'un cordon qui les ceint par le travers du corps. Mais c'est
surtout dans la confection de la cellule de soie appelée cocon que se montre la
haute industrie des larves.
Une chenille, d'un blanc cendré, de la grosseur du petit doigt, est élevée à
grande échelle pour son cocon, avec lequel se font les étoffes de soie. On
l'appelle le ver à soie. Dans des chambres bien propres sont disposées des
claies de roseaux, sur lesquelles on met de la feuille de mûrier et les jeunes
chenilles provenant des oeufs éclos en domesticité. Le mûrier est un grand arbre
cultivé exprès pour nourrir les chenilles ; il n'a de valeur que par ses
feuilles, seule nourriture des vers à soie. On consacre à sa culture de grandes
étendues, tant le travail du ver est chose précieuse. Les chenilles mangent la
ration de feuilles, renouvelée fréquemment sur les claies, et, changent à
diverses reprises de peau à mesure qu'elles grandissent. Leur appétit est tel
que, le cliquetis des mâchoires, broutant à petites bouchées, ressemble au
bruit, d'une fine averse tombant, par un temps calme, sur le feuillage des
arbres. Il est vrai que la chambrée contient, des milliers et des milliers de
vers. En quatre à cinq semaines, la chenille acquiert tout son développement. On
dispose alors sur les claies de la ramée de bruyère, où montent les vers à
mesure que leur moment est venu de filer le cocon. Ils s'établissent un à un
entre quelques menus rameaux, et fixent çà et là une multitude de fils très
fins, de façon à former une espèce de réseau qui les maintient suspendus et doit
leur servir d'échafaudage pour le grand travail du cocon.
Le fil de soie leur sort de la lèvre inférieure par un trou appelé filière. Dans
le corps de la chenille, la matière à soie est un liquide très épais, visqueux,
semblable à de la gomme ; elle est contenue dans deux petits sacs très longs et
très étroits, entortillés sur eux-mêmes. En s'écoulant par l'orifice de la
lèvre, ce liquide s'étire en fil, qui se colle aux fils précédents et durcit
aussitôt. La matière à soie n'est pas contenue toute faite dans la feuille de
mûrier que mange le ver, pas plus que le lait n'est contenu tel quel dans
l'herbe que broute la vache. La chenille la produit avec les matériaux fournis
par l'alimentation, comme la vache produit le lait avec la substance du
fourrage. Sans l'aide de la chenille, l'homme ne pourrait jamais retirer des
feuilles du mûrier la matière de ses tissus les plus précieux. Nos admirables
étoffes de soie prennent réellement naissance dans le ver, qui les bave en un
fil.
Revenons à la chenille suspendue au milieu de son lacis. Maintenant elle
travaille au cocon. Sa tête est dans un mouvement continuel. Elle avance, elle
recule, elle monte, elle descend, elle va de droite et de gauche tout en
laissant échapper de sa lèvre un menu fil, qui se fixe à distance autour de
l'animal se colle aux brins déjà placés, et finit par former une enveloppe
continue de la grosseur d'un oeuf de pigeon. L'édifice de soie est d'abord assez
transparent pour permettre de voir travailler la chenille ; mais en augmentant
d'épaisseur, il dérobe bientôt aux regards ce qui se passe dedans. Ce qui suit
se devine sans peine. La chenille, pendant trois à quatre jours, épaissit la
paroi du cocon jusqu'à ce qu'elle ait épuisé ses provisions de liquide à soie.
La voilà enfin retirée du monde, isolée, tranquille, recueillie pour la
transfiguration qui va bientôt se faire.
Une fois enclose dans son cocon, la chenille se flétrit et se ride comme pour
mourir. D'abord la peau se fend sur le dos ; puis, par des trémoussements
répétés qui tiraillent d'ici, qui tiraillent de là, le ver s'écorche
douloureusement. Avec la peau tout vient : dure calotte du crâne, mâchoires,
yeux, pattes, estomac et le reste. C'est un arrachement général. La guenille du
vieux corps est enfin repoussée dans un coin du cocon.
Que trouve-t-on alors dans la cellule de soie ? Une autre chenille, un papillon
? Ni l'un ni l'autre. On trouve un corps en forme d'amande, arrondi par un bout,
pointu par l'autre, de l'aspect du cuir et nommé chrysalide. C'est un état
intermédiaire entre la chenille et le papillon. On y voit certains reliefs qui
déjà trahissent les formes de l'insecte futur. Au gros bout, on distingue les
antennes et les ailes étroitement appliquées en écharpe. La chrysalide est
l'insecte en voie de formation, le papillon étroitement emmailloté dans des
langes sous lesquels s'achève l'incompréhensible travail qui doit changer de
fond en comble la structure première.
En une vingtaine de jours, si la température est propice, la chrysalide du ver à
soie s'ouvre ainsi qu'un fruit mûr, et de sa coque fendue se dégage le papillon,
tout chiffonné, tout humide, pouvant à peine se soutenir sur ses jambes
tremblantes. Il lui faut le grand air pour prendre des forces, pour étaler et
sécher ses ailes. Il lui faut sortir du cocon, mais comment s'y prendre ? La
chenille a fait le cocon très solide, et le faible papillon ne possède ni
griffes ni dents qui puissent forcer la prison. Il en sortira cependant, car
toute créature a ses ressources dans les moments difficiles de la vie. Pour
briser la coque de l'oeuf qui le retient prisonnier, le tout petit poulet a sur
le bout du bec un durillon fait exprès ; pour user la paroi de sa cellule, le
papillon a ses yeux façonnés en râpe. Les yeux des insectes sont recouverts
d'une calotte de corne transparente, dure et taillée à facettes. Il faut un
verre grossissant pour distinguer ces facettes, tant elles sont fines ; mais, si
fines qu'elles soient, elles n'ont pas moins de vives arêtes, dont l'ensemble
constitue au besoin une râpe. Le papillon commence donc par humecter avec une
goutte de salive le point qu'il veut attaquer ; et puis, appliquant un œil à
l'endroit ramolli, il tourne sur lui-même, il gratte, il lime. Un à un les fils
sont rompus par la râpe ; le trou est fait et le papillon sort du cocon.
Le papillon du ver à soie n'a rien de gracieux. Il est blanchâtre, ventru, lourd
; il ne vole pas, comme les autres, de fleurs en fleurs, car il ne prend aucune
nourriture. Aussitôt sorti du cocon, il se met à pondre ses oeufs ; puis il
meurt. Les oeufs des vers à soie s'appellent vulgairement graines, expression
populaire fort juste, car l'oeuf est la graine de l'animal, comme la graine est
l'oeuf de la plante. Oeuf et graine se correspondent.
Source : D'après un article écrit par Jean-Henri Fabre, naturaliste et
entomologiste (1823-1915)
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