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Histoire d'un Var ancestral.

Les plus anciennes traces d'une présence humaine en pays varois remontent à 900 000 ans environ. On retrouve ainsi la marque des premiers provençaux dans le Massif de l'Esterel et la Vallée du Verdon dès l'aube de l'humanité.

Plus tard, entre -160 000 et -27 000 avant notre ère, c'est l'homme de Neandertal qui prend ses quartiers dans une région qui se distingue déjà par la douceur de son climat, alors que l'Europe vit encore à l'heure glaciaire.

Alors que les images de mégalithes et autres pierres levées font immanquablement penser à la Bretagne, peu de gens savent qu'en réalité la plus grande concentration de dolmens et de menhirs se trouve en Provence. Et le Var ne fait pas exception à la règle, avec plus de cinquante dolmens et une bonne vingtaine de menhirs érigées entre -5000 et -2000 avant JC.

Remarquables et mystérieuses, ces installations rocheuses témoignent ainsi d'une civilisation néolithique encore méconnue et qui donne lieu à de belles légendes. Ainsi, à Draguignan, on trouve un impressionnant dolmen de presque deux mètres cinquante de haut, constitués de 4 blocs colossaux extraits d'une carrière distante d'environ un kilomètre. Aujourd'hui encore, on s'interroge sur la manière dont les hommes de l'époque ont pu procéder, armés qu'ils étaient d'outils rudimentaires et ne connaissant ni les principes mécaniques ni la roue. Une histoire vient alors à la rescousse des curieux, et on raconte que le dolmen serait le fait d'un génie des bois qui était amoureux d'une bergère. Celle-ci ayant accepté de l'épouser à condition que la cérémonie se déroule sur une table soutenue par trois pierres, il entreprit de construire ce dolmen. Mais le projet était bien trop important pour ses maigres pouvoirs, et il mourut d'épuisement avant d'avoir achevé son œuvre. Une fée, émue par son sort, le pétrifia dans la mort et l'aida à devenir la troisième pierre qui devait soutenir sa table mégalithique.

Plus loin, sur la Londe-les-Maures, on trouve la tombe de Gaoutabry, imposant couloir de plus de 5 mètres de long formé par vingt-quatre stelles dressées, et dont la découverte a révélé une trentaine de sépultures enrichies d'armes et de poteries. 

Enviée et recherchée, la terre du Var fera ensuite l'objet de conquêtes successives, dont la plus marquante remonte à l'époque Romaine.

Ainsi Fréjus, créée par les Romains comme étant le "marché de Jules " (forum julii), réunit en son sein les plus anciens monuments du territoire français. L'Hermès bicéphale (un visage de Bacchus d'un côté, celui d'un faune de l'autre) est d'ailleurs devenu le symbole de la ville qui abrite également l'un des plus anciens baptistères paléochrétiens de France.

Au Ve siècle de notre ère, les Barbares tentèrent à leur tour d'occuper ce vaste territoire, remplacés au VIIIe siècle par les Arabes qui se maintinrent à La Garde-Freinet jusqu'en 972.

Puis viendront les Francs, les comtes catalans et ceux d'Anjou, avant que la Provence n'intègre finalement le royaume de France à la fin du Moyen âge.

Le petit port romain de Telo Martius, appelé depuis Tolo, Tholon, Thoulon et enfin Toulon, devient alors un emplacement stratégique pour les instances militaires de l'époque, et il ne tarde pas à devenir le plus grand port français, lieu de rassemblement des flottes de Charles VII, Charles Quint, Henri IV ou Colbert. Sa consécration viendra avec Vauban qui, entre 1681 et 1701, le dotera de fortifications impressionnantes qui complèteront son arsenal datant, lui, de 1596. En 1748, Toulon sera également le siège d'un célèbre bagne qui ne fermera ses portes qu'en 1873, non sans que la littérature romantique du XIXe siècle ne lui ait donné des héros comme Vidocq ou Jean Valjean.

Pendant la Révolution, le département est morcelé, cédant des parcelles de son territoire aux départements voisins nouvellement créés. L'une des conséquences les plus curieuses réside dans l'appellation définitive du département qui prend ainsi le nom d'une rivière qui ne le traverse désormais plus. Aujourd'hui le Var coule dans les Alpes Maritimes.

Durant la première Guerre Mondiale, le Var accueille les troupes indochinoises du 4e régiment colonial. Celles-ci érigent alors à Fréjus une pagode de style vietnamien qui reste encore aujourd'hui un important lieu de culte pour la communauté asiatique.

Une vingtaine d'années plus tard, le Var sera envahi par les troupes de Mussolini qui n'en seront délogées que lors du débarquement allié du 15 août 1944.

Enfin, en 1974, la préfecture du Var historiquement détenue par Draguignan revient à Toulon, qui confirme ainsi son rang de principale ville de France.

 

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