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Macao, Cotignac, Région, Provence,
Littérature et…fantaisie !
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Fosse septique, puisard, bac à graisses et...emmerdements. Nous
avions opté pour une fosse préfabriquée en béton dont la capacité était prévue
pour 8 – 10 personnes. Deux inconvénients à ce type de réceptacle :
son poids et son volume; cela m’interdisait d'en assurer le transport et la
mise en place. Nous avions donc fait appel à une petite entreprise locale
pour…notre plus grand malheur. Tout avait fort mal débuté puisque le préposé à la pelleteuse, à la suite d'une fausse manœuvre, avait percuté le mur pignon de la ruine avec son godet, provoquant une énorme fente sur toute la hauteur. Le puisard était de conception très simple puisqu'il s'agissait d'un grand trou rempli de très gros blocs de pierres; cela avait l'avantage d'économiser la maçonnerie. Enfin bac à graisse, fosse septique, épurateur et tuyauteries avaient été mis en place et raccordés; après essais tout avait l'air de bien fonctionner. Pour compenser les dégâts occasionnés par son employé maladroit, le patron m'avait proposé de creuser ma fosse à purin gracieusement; il avait tenu parole et tenu à effectuer le travail en personne. Rien à redire à son boulot, c'était vraiment un licencié ès-trou ! Et
puis quelques jours plus tard, en tirant la chasse d’eau, la
cuvette des toilettes s’était mise à déborder répandant son subtil contenu
sur le carrelage de la salle de bain. J’avais
passé un coup de fil (Eh oui, nous possédions enfin notre ligne !) à mon
entrepreneur en lui expliquant la situation ;
ce dernier était intervenu assez vite et avait tenté me faire porter le
chapeau : « Il ne faut pas jeter n’importe quoi dans une fosse septique » m’avait-il asséné ; je sais bien que la meilleure défense est l’attaque, mais là, comme disent les boulistes, il avait jeté le bouchon un peu trop loin. Je lui avais rétorqué que j’avais utilisé ce type de fosse pendant plus de quinze en Afrique sans anicroches et qu’il avait fallu que je m’adresse à lui pour être…emmerdé au propre comme au figuré. Vexé il m’avait tourné le dos et avait entrepris, avec son ouvrier, de dégager la trappe de la fosse. Une fois le couvercle ôté, l’explication nous avait sauté aux yeux ; son corniaud de type avait tout simplement bloqué le tuyau de vidange contre la paroi de la fosse empêchant pratiquement toute évacuation et lorsque ce tuyau avait été plein cela avait débordé. On avait raccourci le tuyau et tout était rentré dans l'ordre. En repartant avec son engin à chenilles, notre petit rigolo avait tenu à me laisser un souvenir impérissable car en franchissant mon portail, sans protection, il en avait consciencieusement raboté la semelle. Il m'avait promis de faire le nécessaire pour réparer sa bourde et effectivement son fils était venu faire une réparation de fortune...quatorze mois plus tard, sans doute agacé par mes lettres recommandées. Notre période de tranquillité avait duré une bonne dizaine d'années et puis de nouveau la fosse s'était rappelée à notre bon souvenir. Nous avions fait appel à un nouveau spécialiste d'Aups ayant une bonne réputation et qui se trouvait être le frère de notre ancien persécuteur. Celui-ci avait l'air de connaître son affaire et son personnel semblait compétent. La pelle mécanique avait mis à jour fosse septique, épurateur et tuyauteries plastiques. En voyant le travail réalisé par son frère notre "démerdeur" s'était arraché les cheveux. Les "spécialistes" avaient omis de coller entre eux tous les éléments des conduites en PVC et les racines des cyprès voisins s'en étaient données à cœur joie en bousculant tuyaux, coudes et manchons. Avec le temps les cyprès avaient envoyé leur avant-garde de chevelu qui s'était infiltrée dans les tuyaux à la recherche de leur dessert préféré. Tous les tuyaux étaient obstrués par les racines dont certaines avaient réussi à atteindre la fosse où elles semblaient se délecter; quant à l'épurateur il avait été squatté par trois énormes racines qui l'avaient littéralement désintégré. Le frère offusqué avait également pu constater le manque de déclivité de toute l'installation et l'absence de regards. Ce chantier étant un véritable cloaque et il avait fallu déplacer la fosse septique de plusieurs mètres. L'entreprise avait repris toute l'installation à zéro car elle n'était pas aux normes européennes; nous avions tout juste récupéré le bac à graisse et la fosse. Le travail avait donc été fait selon les critères de Bruxelles c'est à dire drain en tranchées filtrantes avec drain d'épandage, géotextile et galets lavés. Toutes les canalisations avaient été réalisées en tuyaux PVC compact de diamètre 100. Enfin pour faire bon poids et alourdir la facture l'entreprise avait crée deux regards avec siphon et un autre sur la fosse. Nous étions désormais parés pour l'avenir ! C'est du moins ce que je croyais lorsque six ans après une partie de ce drain, d'une vingtaine de mètres, s'était complètement bouchée. L'entrepreneur qui se sentait morveux avait refilé le chantier à son neveu qui se trouvait être le fils du premier artisan. Je vous fais grâce des travaux et des odeurs mais sachez pour la petite histoire que ce jeune homme, pour ne pas être en reste avec son prédécesseur, avait tenu à rajouter trois nouveaux regards. L'année suivante nous avions eu une alerte assez chaude mais cela avait fini par se tasser de justesse. Il faut vivre d'espoir dit-on et c'est ce que nous faisons désormais en priant le ciel de ne plus avoir à faire avec cette famille...d'emmerdeurs !
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