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De l'insolite en
Provence
Le
grand ormeau de Salernes
Jusqu'en 1919, le village de Salernes,
dans le Var, était réputé pour le
magnifique ormeau qui s'y dressait
fièrement. Cet arbre avait été planté en
1683 sur la place de l'église. L'arbre
atteignit une taille telle qu'un
savetier décida de s'y installer au
début du XIXe
siècle. Profitant d'une anfractuosité au
milieu du tronc, il y aménagea son
atelier et y développa son commerce. Il
y aménagea même une porte vitrée et un
toit en zinc, ainsi qu'une enseigne sur
laquelle on pouvait lire : « Au bon
savetier. J. Inaudi succ. de Largemet,
réparations garanties aussi durables que
l'orme. » Malheureusement, une étincelle sortie du
four du savetier incendia l'arbre en
1868. Contre toute attente, l'ormeau
survécut et continua de bien se porter. L'arbre devint l'orgueil des habitants
du village qui refusèrent son abattage
lorsqu'un projet d'agrandissement de la
place fut décidé. Il fallut attendre novembre 1919 pour
que le maire Esbérard procède à son
abattage, l'ormeau étant jugé dangereux
pour le public. Reste aujourd'hui la légende de ce bel
arbre qui vécut tout de même 236 années.
Photographie : Coll.
part. Marie Valbonetti, avec son aimable
autorisation.
Bibliographie :
Salernes, terre et céramiques, N. Ulisse,
Edisud, 1987.
************
Mort dans une odeur insupportable (Montmeyan, 2
janvier 1784)
«
Nous avons enterré Joseph Roch
Dauphin le même jour qu'il est mort,
et quatorze heures seulement après son
décès, parce qu'il est mort d'un abcès
auprès la rate avec le foie gangréné.
Pendant sa maladie, il exhalait une
odeur insupportable, et ce n'était qu'à
force de parfumer sa chambre qu'on
pouvait lui donner les secours temporels
et spirituels et d'abord après son
décès, il n'y avait pas moyen de rester
auprès et voila ce qui nous obligea de
ne pas attendre les vingt quatre heures.
»
-
Registre paroissial de Montmeyan 2MI
EC2218 R1
Remerciements à Marie-Françoise Allouis
************
Innocent de naissance (Sorbiers, 10 décembre
1758)
-
Registre
paroissial de Sorbiers, 2E 174/1
-
Texte
transmis par Philippe Tovena
L'an mil
sept cent cinquante huit et le dix
decembre dans le cimetière de cette
paroisse a été enseveli
Jean
Vincens agé d'environ quarante
deux
[sic],
innocent de naissance et aveugle dès sa
tendre jeunesse, décédé le jour
précédent, aux presences de
Joseph
Jouve et de
François
Rolland, de ce lieu, témoins
requis et signés avec nous.
[F. ROLLAND, J. JOUVE, ABERT pr.]
Illustration : Ludwig Buchhorn
(1770-1856), tiré de la série
Betteljugend.
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Grossiers, nos ancêtres au Moyen Age !
(Marseille, 1367)
-
Texte transmis par Jean-Luc Soler.
-
Source : "Inventaires sommaires des
archives départementales antérieures à
1790", par Louis Blacard, t. II.
Condamnations pécuniaires :
- de Jacques la Calotte, 12 s. 6 d.,
pour avoir dit à Boisette Nostre-Dame :
« Yeu renegue la Verges »
- de Rousse, l'épouse de Fayne le
pêcheur, 10 s., pour avoir si fortement
pincé Guillaumette Arnaud qu'elle en est
tombée à terre
- de Pierre Peyssonnier, 15 s., pour
avoir qualifié de « trogne » la femme
Baudette et l'avoir menacée du bâton
- de Bertrane True, 10 s., pour avoir
appelé Pierre Engrand : « Vilan merdos »
- de Bérengère Nicolas, 10 s., pour
avoir dit à Johannette, de Bouc : « Vay
te far fotre a Ricardon ! »
- d'Esmenarde, la veuve de Bourde, 5
s., pour avoir dit qu'elle trouvait
mauvais que sa fille eût des relations
avec une femme de mauvaise vie : « quia
ipsa Bertranda est meretrix »
- de Mariette Coste, 15 s., pour avoir
dit d'un ton goguenard à dame Alasacie
Durante : "Va-t-en voir à l'étable
d'Isnard Pierre, « ubi puer Ortolani
ascendit super ventrem filie tue »"
- de Bertrand Bastonnet, 5 s., pour
avoir traité de voleur Jean Vinaigre
- de Ferrier Durand, 10 s., pour avoir
dit à un voisin, en parlant de sa femme
: « Si tu ti lanshavas » (lançais) «
vituperar aquella vieilha prascassa,
malum tibi veniret »
- de Jacob la Sabotière, 10 s., pour
avoir accusé Bernard, le barbier, d'être
un juif, ou au moins de l'avoir été
- d'Astruge Terrasse, 10 s., pour
avoir dit à Béatrix Chifre : « Vay orra,
truega, quam ego ter te reperii una cum
marito meo subtus mensam, qui tibi in
altum elevabat tibias tuas »
- de Mariette Vincent, 1 l. 15 s.,
pour avoir dit à Simonette Ferrari : «
Na Bibaudella, a mon filh anas, que li
prenias sas colhas et metias lo sien vit
en vostre cul »
- de Béatrix d'Eygalières, 10 s., pour
avoir dit d'Isnarde Blansaqui : « Da
questa p..., centum femoralia merdosa
fuerunt baysata »
- de dame Christole, 1 l. 5 s., pour
avoir prétendu qu'elle aimerait mieux sa
fille dans un lupanar que vendeuse de
poissons à la poissonnerie.
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Les latrines marseillaises (Marseille, 1828)
-
Sources : Indicateur marseillais, 1828.
- Texte envoyé par Mme Marcelle Ruiz.
AVIS
On fait savoir que
Marseille, où les latrines ne sont
presque pas connues, possède un
établissement de Cabinets d’Aisance publics,
placé au centre de la ville et dans un local
très aéré; il est situé sous le n°7 de la
rue De Latour, près la Place Royale d’un
côté et le Grand-Théâtre de l’autre. L’on
trouve dans ce nouvel établissement
convenance et propreté; il ne le cède en
rien à tous ceux de même espèce établis dans
la Capitale.
Le prix est de 10 centimes par personne.
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Vol d'un ballon aérostatique (Aix-en-Provence,
31 mai 1784)
-
Sources : Archives municipales
d'Aix-en-Provence, cote FF95, fo. 145.
(25 mai
1784) (1)
Bureau de police du 25 mai 1784 pour le bon
ordre et pour le maintien de la sûreté
publique le 31 mai, jour de l'expérience du
balon aérostatique.
M.
Bouteille, procureur du roi, en la
juridiction de la police, a représenté au
bureau que le grand concours qu'excitera le
31 mai au matin l'expérience du balon
aérostatique, soit dans les avenues des
casernes, soit aux environs (2),
exige que l'on prenne quelques précautions
pour mettre la foule en sûreté et pour
deffendre les propriétaires qui sont autour
des casernes, et qui pourroient être
endommagés.
Requiers en conséquence, primo
qu'inhibitions et deffenses seront faites à
tous cochers, postillons et voituriers de
conduire aucun cabriolets, carrosses et
voitures quelconque hors de la porte
Saint-Jean (3), ni dans le cours
Sainte-Anne (4).
2° qu'inhibitions et deffenses seront faites
à toutes personnes de paroitre à cheval dans
led. cours, sauf à celles qui voudront
suivre le ballon à cheval de faire conduire
leurs chevaux avant huit heures du matin en
dela le cours Sainte-Anne et de ne les y
faire repasser qu'une heure après que le
ballon sera élevé.
3° qu'inhibitions et deffenses seront faites
à tous porteurs de chaises de porter qui que
ce soit en chaise dans led. cours sans une
permission expresse et par écrit qui ne sera
accordée qu'aux personnes infirmes et âgées,
et qu'ils seront tenus d'exhiber et de
remettre à la petite porte des casernes par
où lesd. personnes seront admises.
4° qu'inhibitions et defenses seront faites
à toutes personnes de monter sur les
murailles ou sur les arbres du cimetière de
la Magdeleine (5), du cours St-Pierre
(6), du cours des casernes (7),
des casernes et autres aux environs, à peine
de trois livres d'amande et des prisons.
Le bureau
pourvoyant à la réquisition du procureur du
roi a ordoné et ordone:
I° qu'aucuns carrosses, cabriolets ou
voitures, soit de louage, soit de maison, ne
pourra sortir de la porte Saint-Jean le 31
mai au matin ni entrer dans le cours Ste
Anne à deux heures après dîné.
II° inhibitions et deffenses sont faites à
toutes personnes de paroitre à cheval dans
led. cours, sauf à celles qui voudront
monter à cheval, faire conduire leurs
chevaux avant huit heures du matin au delà
du cours Ste Anne et de ne les y faire
repasser qu'une heure après que le balon
aura été élevé.
3° inhibitions et deffenses sont faites à
tous porteurs de chaise de porter aucune
personne dans le cours Ste Anne sans une
permission expresse et par écrit.
4° inhibitions et deffenses sont faites à
toutes personnes de monter sur les murailles
des casernes, du cours St Pierre, du
cimetière de la Magdeleine, et autres aux
environs, ou sur les arbres du cours Ste
Anne, du cours St Pierre et de la ville à
peine de trois livres d'amande et de prison,
et sera la présente ordonance imprimée pour
etre lue, publiée et affichée partout où
besoin sera.
Fait au bureau
de police led. jour 25 mai 1784.
(1) Le texte
qui suit retrace les préparatifs de police
concernant une expérience aérostatique
prévue pour le 31 mai 1784, lundi de
Pentecôte. L'historien Roux-Alphéran écrit:
"Toute la ville voulut y assister; mais un
crime inouï, qui avait été commis la nuit
d'auparavant, avait répandu la consternation
et le deuil... en sorte qu'un spectacle, si
nouveau pour tous, ne fut en réalité qu'un
bien petit divertissement pour la masse des
curieux." Ce crime était l'assassinat de
madame d'Entrecasteaux.
(2) L'expérience a finalement eu lieu dans
la cour de la caserne. Une brochure parue à
Aix la même année rapporta l'événement.
(3) Portait aussi le nom de porte d'Italie.
Cette porte se dressait au débouché de la
rue d'Italie sur le boulevard.
(4) Actuel cours Gambetta. Là se trouvaient
les casernes, dont les bâtiments existent
toujours. La caserne Forbin fut construite
en 1727.
(5) Le cimetière de la Magdeleine porte
aujourd'hui le nom de cimetière
Saint-Pierre.
(6) Il pourrait s'agir de l'actuelle
traverse Saint-Pierre.
(7) Le cours Sainte-Anne, aujourd'hui appelé
cours Gambetta.
Photographie
: Le cours Sainte-Anne. DR.
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Le pendu possédé (Aix-en-Provence, 12 janvier
1614)
-
Sources
: Histoire nouvelle, merveilleuse et
espouvantable d'un jeune homme
d'Aix-en-Provence, emporté par le Diable
et pendu à un amandier, pour avoir
impiement blasphémé le sainct nom de
Dieu & méprisé la saincte messe, deux
siens compagnons estant demeurez sans
aucun mal (arrivé le douziesme ianvier
de la présente année mil six cents
quatorze), Paris, 1614.
(12 janvier 1614)
Ils se prindrent un matin trois de compagnie
& d'assez bon lieu lesquels desirans de
desieuner ensemble, s'en vont en un logis,
où ils demanderent à l'hostesse si elle
auoit de quoy leur donner, qui leur respond
qu'il y auoit assez. Là dessus, deux se
disent l'un à l'autre qu'il falloit
premierement aller à la messe, tandis
qu'elle prepareroit la table, & qu'ils
auoient assez de temps.
Le troisiesme se roidit là dessus, &
commence à dire qu'il n'auoit que faire de
messe, qu'il aymoit mieux un bon disner, &
qu'il luy feroit plus de profit. Puis à
mesure que sa manie s'augmentoit, possédé
par les furies, & touché de l'esprit malin,
il commence à vomir d'execrables blasphemes
contre Dieu, contre la saincte Messe, &
contre ses compagnons, voyant qu'ils ne
vouloient pas symboliser à sa gourmandise.
(...) Pour cela, il demeure roidy en son
impieté: ses compagnons s'en vont à la Messe
(...).
Voicy donc, comment cestuy-cy ne songe qu'à
se saouler, & encore au lieu de prendre ces
viandes auec actions de graces, il les prend
auec desdain; et au lieu de benedictions, il
vse de blasphemes: en sorte que l'hostesse
mesme en estoit toute effarouchée, &
apprehendoit d'ouïr ces scandaleux
despitemens, et horribles execrations, ayant
tasché par plusieurs fois de le mettre
dehors; & lors qu'on le vouloit remonstrer,
l'exhortant de cesser ces blasphemes, il
s'efforçoit dauantage de pousser les venins
de la furie dehors, ne voyant pas que son
péché estoit au comble de sa malice, & qu'il
falloit que cestuy-là luy amenast la
punition de tous les autres.
Ses compagnons reuenus de la Messe, le
trouuant à table, faisant bonne chere, se
mettent aupres de luy: mais, ô spectacle
rigoureux & espouuentable: ainsi qu'ils
estoient assis à table, beuuans à
hausse-goubelet, & luy tousiours grommelant
contre les autres de ce qu'ils l'auoient
tant fait attendre, & les appellant bigots &
hypocrites, voilà qu'en la présence des
autres deux, le Diable entrant furieusement
dans la chambre, le hape par les cheueux,
luy deschire tous ses habits, le froisse
contre la fenestre; & l'enleuant en l'air,
l'emporte à leur veuë, & les laisse là
remplis d'estonnement & de crainte.
(...) Ceux-cy bien estonnez, & remplis de
crainte, s'en vont tristes & ombragez de
douleur, porter la triste nouuelle à son
pere, de ce qui estoit arriué; luy disant,
que pour eux ils ne pouuoient iuger ce qu'il
pouuoit estre deuenu, sinon qu'ils l'auoient
veu passer par la fenestre, avec des cris &
hurlements espouuentables, qu'il s'en alloit
par l'air du costé de la mer, & qu'autre
chose n'en pouuoient-ils dire.
Le pere bien desolé, ayant ouy toute ceste
histoire, fait chercher son fils de tous
costez, & n'en peut trouuer aucune
nouuelles, iusques au bout de quelques iours
apres, que des bergers (sans y penser,
gardans leurs troupeaux aux champs)
trouuerent le corps pendu en un Amandier, à
vn quart de lieuë de la ville, tout noir &
desfiguré, tellement qu'à peine pouuoit-on
recognoistre; d'où il fut pris & ietté à la
voirie.
************
François n'est pas Antoine
(Châteauroux-les-Alpes, 3 septembre 1738)
Du troisième septembre mil sept cent
trente-huit, François Borel, fils
à feu jacques, nous ayant requis son
extrait baptistaire en présence de
Louis Borel, son frère, d'Antoine
Jaubert, natif de la paroisse des Orres
et habitant de cette paroisse, son
beau-frère, de François Rouzan et
Marie Molin, ses parrain et
marraine, de probe Pierre Jouvent,
mari de la marraine, et de sieur
Charles André Gay, notaire, avec
nous soussignés, sauf Marie Molin qui a
déclaré ne sçavoir :
Nous curé de Châteauroux avons ouvert et
examiné les registres baptistaires de
l'année mil sept cents seize et nous
avons trouvé écrit que
« Antoine
Borel, fils de Jacques et de Marguerite
Jean, de Châteauroux, légitimement
mariés, a été baptisé par moy soussigné
ce sixième janvier mil sept cents seize.
Le parrain a été François Rouzan, la
marraine Marie Molin. Le père n'a sçu
signer. François Rouzan. C. Molin. vic.
»
Sur quoi les susnommés et le requérant
nous ont assuré que c'était par erreur
qu'on avait écrit "Antoine" au lieu de
"François" qui est le véritable nom
imposé au requêtant dans son baptême et
ils nous ont requis de certifier la
vérité de leur dire pour servir au
requérant à ce que de raison.
Ce que nous avons fait aux présences de
Joseph Bérard feu Chaffrey et de Michel
Raffin fils Jean-Baptiste, tous deux de
cette paroisse, témoins requis et
soussignés pour être lesdits susnommés
gens de probité bien mémoratifs et
dignes de foy et ont signés.
-
Registres paroissiaux de
Châteauroux, année 1738
-
Texte transmis par Marie-Thérèse
Rostan
************
Eclipse de soleil (Martigues, 8 juillet 1842)
"Le 8 juillet, à cinq heures trois
minutes, sous un ciel sans nuages, par
une des plus belles matinées d'été, à
cinq heures cinquante minutes une
éclipse de soleil eut lieu . Elle fut
totale pendant une minute et demie. Ce
moment fut vraiment beau, la nature
sembla entièrement changée. On aurait
dit que c'était nuit, mais de ces (...)
qu'on ne peut peindre ni décrire
plusieurs étoiles apparurent très
distinctement."
-
Registre d'État-civil de Martigues,
année 1842.
-
Transmis par Géraldine Surian.
************
La nommée Noyer, noyée... (Arles, 20 septembre
1852)

L'an mil huit cent cinquante-six et le
dix-huit juin, [...] avons transcrit le
jugement dont la teneur suit :
Extrait des minutes du greffe du
tribunal de première instance de
l'arrondissement judiciaire de Tarascon,
département des Bouches-du-Rhône [...].
Par votre jugement en date du sept de ce
mois rendu sur requête, vous avez
ordonné qu'une enquête serait faite
devant monsieur le Juge de paix du
canton ouest d'Arles,
à l'effet de constater le décès de
Pétronille Philippine Noyer, épouse
de Vincent Loubrié, meunier,
[...] qu'il en ressort que la nommée
Noyer a réellement péri dans les eaux du
Rhône dans la journée du vingt septembre
mil huit cent cinquante-deux, à Arles.
Il ne saurait y avoir le moindre doute
sur son identité, puisque les témoins
honorables et qui la connaissaient
personnellement l'ont vue, au jour
indiqué, descendre l'escalier du quai,
renverser par le vent, tomber dans le
fleuve, surnager un moment et
disparaître enfin sous les eaux après
une tentative inutile de sauvetage.
Il requiert en conséquence qu'il vous
plaise, messieurs, vu le procès-verbal
d'enquête dont s'agit vu les articles 99
et suivants du code Napoléon, dire et
ordonner qu'il est constant que la
nommée Pétronille Philippine Noyer, sans
profession, née à Arles le 1er mai 1826,
mariée le 21 avril 1847 à Vincent
Loubrié, meunier, à Arles, est décédée
au dit lieu le 20 septembre 1852 vers
les sept heures et demie du matin [...].
-
Source : Registre d'état-civil de la
ville d'Arles, année 1856, n°266
bis, archives communales d'Arles.
-
Photographie :
© Jean Marie Desbois.
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Baptême de siamoises (Mouriès, 17 octobre 1783)
«
L'an mil sept cent quatre vingt trois et
le dix-sept octobre a été ondoyée à la
maison sur les dix heures du matin par
Anne Aron, sage-femme, une fille
à deux têtes, quatre bras et un seul
tronc (au moins apparent) dont le père
est Laurent Latty, travailleur,
et la mère Marie Esbraya, épouse
d'icelui. La dite Anne Aron nous a
déclaré n'avoir versé de l'eau et
prononcé les paroles de la forme du
baptême que sur celle des deux têtes de
la jumelle imparfaite qui a paru la
première donnant des signes de vie, par
la chaleur naturelle qu'elle a conservé
pendant environ trois-quarts d'heures,
après lesquels les couleurs du visage
ont changé et la mère a été délivrée du
phénomène qu'elle portait dans son sein.
La sage-femme n'a point ondoyé même sous
condition
(1)
la seconde tête, qui a paru alors par la
raison que ce corps extraordinaire ne
donnait aucun signe de vie quelconque.
Ainsi l'a attesté le sieur Jean
Picard, maître en chirurgie, qui fut
appelé quelques moments après
l'apparition de la première tête, en
suite de la demande présente qu'en fit
la dite Anne Aron. Le sieur Jean Picard
a signé avec nous ; le père et la
sage-femme, de ce enquis, ont dit ne
sçavoir.
[ARNOUX curé]
1. Sous la condition qu'elle fût en vie,
naturellement.
-
Registre des BMS de Mouriès, 1783, 14e
feuillet, verso.
- Texte transmis par Agnès
Charrel-Berthillier.
************
Né de père inconnu rue de la Vierge (Vitrolles,
12 janvier 1870)
"L'an mil huit
cent soixante-dix et le treize janvier à dix
heures du matin par devant nous Jean
Antoine Audibert, maire et officier de
l'état civil de la commune de Vitrolles,
canton de Berre, arrondissement d'Aix,
département des Bouches-du-Rhône, a comparu
à la mairie dame Delphine Tavernier,
sage-femme, âgée de quarante six ans,
domiciliée en cette commune de Vitrolles et
y demeurant rue d'Aix, laquelle nous a
déclaré que hier douze janvier mil huit cent
soixante-dix à onze heures du soir,
demoiselle Marie Henriette Gazel,
sans profession, âgée de vingt-neuf ans,
domiciliée en cette commune et y demeurant
rue de la Vierge, est accouchée dans sa
maison d'habitation d'un enfant du sexe
masculin, qu'elle nous a présenté et auquel
elle donne les prénoms de Louis Victorin
Gustave.
Déclaration et
présentation faite en présence des sieurs
Auguste Salin, serrurier, âgé de trente
neuf ans, et Honoré Sallier,
cordonnier, âgé de quarante un ans,
domiciliés à Vitrolles, non parents ni
alliés du nouveau-né, et, lecture faite du
présent acte, avons signé avec les témoins,
et non la dame Delphine Tavernier,
déclarante, qui, requise par nous, a déclaré
ne le savoir.
[Signatures]"
-
Registre
d'état-civil de Vitrolles, année 1870
-
Transmis
par Nathalie Goin
************
Les facéties de Gaspard de Venel
(Aix-en-Provence, 1633)
-
Sources
: A. Bouyala-d'Arnaud, Evocation du
vieil Aix-en-Provence, 1964
(1633)
Gaspard de
Venel, conseiller au parlement d'Aix
en 1633, avait une réputation de plaisantin.
Epoux de Magdeleine de Gaillard, on se
souvient de lui comme d'un homme aux
plaisanteries douteuses. En voici deux
exemples :
Deux capucins sans argent se
présentent un jour à son domicile
afin de quêter pour leur couvent.
Gaspard de Venel leur ouvre
grand sa porte et leur offre
l'hospitalité. Après avoir mangé,
ils sont conduits à leur chambre,
une pièce fort agréable et au lit
moelleux. Les deux religieux
entament leur sommeil réparateur. Au
milieu de la nuit, l'un d'eux, pris
d'un besoin pressant, sort du lit,
ou plutôt tombe du lit, une vraie
chute qui le fait se retrouver à
quatre pattes. A tâtons et l'esprit
toujours embrumé, il cherche l'objet
nécessaire pour se soulager et, son
affaire terminée, retourne au lit.
Hélas ses mains tâtonnantes ne
trouvent rien, il semble que le lit
n'est plus là. L'autre capucin,
réveillé par les appels de son
compagnon, sort du lit, en faisant
la même chute. Lui non plus ne
retrouve plus le lit. Au bout d'un
long moment, ils renoncent à s'y
recoucher et préfèrent terminer leur
nuit sur des chaises. Surprise : au
petit matin, lorsqu'ils se
réveillent, le lit est à sa place.
Pendant leur sommeil, de Venel,
dissimulé derrière les draperies,
avait fait monter le lit au plafond
à l'aide de cordages et, avant
l'aube, l'avait fait redescendre à
sa place.
Cette histoire est sans doute la
plus belle de toutes : un paysan
ivre-mort cuvait sa vinasse sur un
banc du bourg Saint-Sauveur.
Monsieur de Venel venant à
passer, il lui vint une idée : il
fit ramasser l'ivrogne et l'installa
dans sa meilleure chambre et son
meilleur lit. A son réveil et une
fois ses esprits recouvrés, le
lendemain, le paysan se retrouva
dans un endroit somptueux qu'il
n'avait bien sûr jamais vu. Il
appela. Quatre laquais entrèrent
dans la chambre et lui servirent du
"monsieur le Duc nous fait
l'honneur de descendre chez
M. de Venel". On le lava et on
le vêtit de vêtements délicatement
ouvragés. Une fête fut même
organisée en son honneur. La femme
du bougre, à la recherche de son
homme depuis la veille, se présenta
au n°10 de la rue. Mais le paysan
s'était visiblement vite accoutumé à
son nouveau statut, jetant à sa
femme un "Quelle est cette
aventurière qui prétend être ma
femme ? Je ne la connais pas."
Toute bonne chose ayant une fin,
après le bal, l'homme fut drogué au
moyen d'un somnifère, dépouillé de
ses habits et redéposé sur son
triste banc. A son réveil, il
clamait à qui voulait l'entendre
qu'il avait fait un rêve
extraordinaire…
************
Le pendu de Lauris (Lauris, avril 1571)
-
Sources : Jean-Pierre Papon, Voyage
littéraire de Provence: contenant tout
ce qui peut donner une idée de l'état
ancien & moderne des villes, les
curiosités qu'elles renferment, la
position des anciens peuples, quelques
anecdotes littéraires, l'histoire
naturelle, les plantes, le climat, &
cinq lettres sur les trouvères et les
troubadours, Chez Barrois l'Aîné, Paris,
1780.
"Comme [Lourmarin] était une place assez
forte et que les protestants en avaient
fait, pour ainsi dire, le centre de leurs
mouvements, les catholiques y envoyaient de
temps en temps des espions pour les
observer.
L'un d'eux, qui avait été envoyé par les
procureurs du pays, fut pris au mois d'avril
1571, conduit à Lauris et pendu à la croisée
d'une fenêtre. Heureusement pour lui, la
corde cassa et, ce qui doit paraître assez
surprenant, il conserva assez de sang-froid
et d'agilité pour se sauver à travers
quelques habitants qui étaient témoins de
son exécution. Il courut, ayant au col
l'instrument de son supplice, à l'assemblée
des États qui se tenait alors, et lui
demanda une indemnité.
Les États lui accordèrent dix livres pour
ses dommages et intérêts, ne croyant pas
sans doute encourager d'autres habitants à
aller se faire pendre pour une pareille
générosité. Ce fait est consigné dans les
registres du pays."
************
Inauguration du pont de Trinquetaille (Arles,
24-27 avril 1875)
-
Sources : Archives communales d'Arles,
IJ 2/12.
Du
24 au 27 avril 1875, la ville d'Arles
célébra en grande pompe la construction de
son nouveau pont, le premier pont
métallique, reliant le centre historique au
faubourg de Trinquetaille. Une organisation
titanesque endetta la municipalité pendant
plusieurs années, mais l'événement se
voulait grandiose.
Voici quelques pièces extraites des
documents d'époque. Ils permettent de se
faire une idée de cette joyeuse fête dont
toute la Provence entendit parler.
Au programme :
-
Une première esquisse d'affiche
destinée à attirer la foule,
- Une deuxième esquisse revue et
corrigée,
- Quelques sommes que la municipalité
eut du mal à régler,
- Une lettre des Ponts et Chaussées
arlésiens quant à l'ouverture du pont à
la circulation,
- Une lettre du maire évoquant les
difficultés de la mairie à assumer les
dépenses.
************
Esquisse
manuscrite d'une affiche.
Belle ascension aérostatique exécutée
par le bien connu aéronaute médaillé
Henri
Blondeau
auteur du merveilleux sauvetage arien
opéré à Orange le 27 août 1874
Les
Hautes Régions
Grand voyage aérien avec le magnifique
ballon
Le
Condor
construit en soie écrue imperméabilisée
et gonflée au gaz hydrogène carboné.
Dans cette ascension scientifique et
démonstrative, M. Blondeau sera accompagné
de deux personnes distinguées de la ville
d'Arles. Outre les accessoires
indispensables, la nacelle sera pourvue
d'instruments de physique pour les
observations météorologiques et variations
atmosphériques à différentes hauteurs.
Une flottille de petits ballons caricatures
de grotesques formes et de diverses couleurs
sera lancée pendant les intermèdes.
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Esquisse
manuscrite d'une affiche.
Belle ascension aérostatique exécutée par le
bien connu aéronaute médaillé
Henri
Blondeau
auteur du merveilleux sauvetage arien opéré
à Orange le 27 août 1874
Cette ascension aura lieu avec le colossal
ballon multicolore de la capacité de 2000
mètres cubes. La nacelle ou panier sera
remplacé par un
Trapèze
volant
suspendu à 40 pieds sous le ballon sur
lequel l'aéronaute exécutera durant tout son
voyage aérien les plus surprenantes
évolutions
gymnastiques
Intéressants préparatifs,
développement et gonflement en 12 minutes de
ce gigantesque aérostat.
Une minute après :
Lâchez tout
!!!
Merveilleux départ de l'aéronaute Henri
Blondeau.
Une flotille de petits ballons caricatures
de grotesques formes et de diverses couleurs
sera lancée pendant les intermèdes.
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Quelques
sommes que la municipalité eut du mal à
régler :
Comptes restant à mandater pour les fêtes
d'inauguration du pont.
Décoration et illumination
|
H. Maureau |
Bougies et
veilleuses |
178.50 |
|
Lavandet |
Estrade du pont |
20.60 |
|
A. Castau |
Pavillons |
33.-- |
|
Cachet |
Frais d'illumination |
34.-- |
|
Martin |
Décoration de
l'estrade du pont |
14.60 |
|
Jeux
nautiques |
|
Calment aîné |
Fourniture d'un
grand bateau |
100.60 |
|
Chabrier |
Bateau à vapeur pour
la musique |
16.-- |
|
Cavalcade |
|
Dallard |
Consommation pour la
musique pendant le tirage de la
tombola |
16.60 |
|
Ferrade et arrivée |
|
Grignard |
Amphithéâtre des
plaines |
250.60 |
|
Salle verte |
|
I. Dumas |
Estrade des
musiciens |
90.60 |
|
Arnaud Mazoyer |
Ficelles |
18.60 |
|
Delorme |
Location de chaises |
30.60 |
|
Tardieux |
Poteaux pour
l'éclairage |
27.60 |
|
Frais imprévus |
|
Beissier |
Rosettes des
commissaires |
58.20 |
|
Renne |
Frais de séjour du
peloton de chasseurs |
96.60 |
|
Cachet |
Frais relatifs aux
jeux nautiques |
60.57 |
|
Tardieu |
Fourniture de
solives |
37.80 |
|
Beuf |
Consommations pour
la musique |
15.60 |
|
Beissier |
Droits d'auteur |
120.60 |
|
Delorme |
Location de chaises |
19.30 |
|
Musique et ballon |
150 |
|
|
|
|
La somme
totale restant à payer est de |
1390.57 |
|
Mais
comme il reste libre sur les crédits
votés précédemment un reliquat de |
290.80 |
|
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|
La
différence à combler n'est plus que
de |
1099.75 |
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Une lettre des Ponts et Chaussées
arlésiens quant à l'ouverture du
pont à la circulation
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Ponts et Chaussées
Département
des
Bouches-du-Rhône
Arrondissement d'Arles
Arles, le 20 mars
1875
L'ingénieur
ordinaire des Ponts et Chaussées
à Monsieur Mandre, maire d'Arles
Monsieur le Maire,
En réponse à votre lettre de ce
jour, je m'empresse de vous
faire connaître que le pont
d'Arles pourra être livré à la
circulation le 24 avril
prochain. Il pourrait même
l'être huit jours plus tôt, si
la date du 24 ne me paraissait
pas préférable à tous les points
de vue.
Agréez, monsieur le maire,
l'assurance de ma considération
distinguée.
[Salle]
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Une lettre du maire évoquant les
difficultés de la mairie à assumer
les dépenses
Monsieur Salles,
Ingénieur des Ponts et Chaussées
Arles
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En
présence des charges qui s'imposent
à la commune au sujet des fêtes de
l'inauguration du pont et de
l'insuffisance de notre budget, j'ai
l'honneur de vous demander de
vouloir bien prendre à votre charge
les frais de décoration nécessités
par la cérémonie religieuse de la
bénédiction.
Ces frais pourront s'élever d'après
nos calculs à la somme de mille
francs.
Veuillez agréer
Monsieur l'ingénieur
l'assurance de ma considération très
distinguée.
Le maire d'Arles |
Source : GénéProvence
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