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De l'insolite en Provence

 

Le grand ormeau de Salernes

 

 Jusqu'en 1919, le village de Salernes, dans le Var, était réputé pour le magnifique ormeau qui s'y dressait fièrement. Cet arbre avait été planté en 1683 sur la place de l'église. L'arbre atteignit une taille telle qu'un savetier décida de s'y installer au début du XIXe siècle. Profitant d'une anfractuosité au milieu du tronc, il y aménagea son atelier et y développa son commerce. Il y aménagea même une porte vitrée et un toit en zinc, ainsi qu'une enseigne sur laquelle on pouvait lire : « Au bon savetier. J. Inaudi succ. de Largemet, réparations garanties aussi durables que l'orme. »
Malheureusement, une étincelle sortie du four du savetier incendia l'arbre en 1868. Contre toute attente, l'ormeau survécut et continua de bien se porter.
L'arbre devint l'orgueil des habitants du village qui refusèrent son abattage lorsqu'un projet d'agrandissement de la place fut décidé.
Il fallut attendre novembre 1919 pour que le maire Esbérard procède à son abattage, l'ormeau étant jugé dangereux pour le public.
Reste aujourd'hui la légende de ce bel arbre qui vécut tout de même 236 années.


Photographie : Coll. part. Marie Valbonetti, avec son aimable autorisation.

Bibliographie :
Salernes, terre et céramiques, N. Ulisse, Edisud, 1987.

 

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Mort dans une odeur insupportable (Montmeyan, 2 janvier 1784)

« Nous avons enterré Joseph Roch Dauphin le même jour qu'il est mort, et quatorze heures seulement après son décès, parce qu'il est mort d'un abcès auprès la rate avec le foie gangréné. Pendant sa maladie, il exhalait une odeur insupportable, et ce n'était qu'à force de parfumer sa chambre qu'on pouvait lui donner les secours temporels et spirituels et d'abord après son décès, il n'y avait pas moyen de rester auprès et voila ce qui nous obligea de ne pas attendre les vingt quatre heures. »

  • Registre paroissial de Montmeyan 2MI EC2218 R1
  • Remerciements à Marie-Françoise Allouis

 

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Innocent de naissance (Sorbiers, 10 décembre 1758)

 
 
  • Registre paroissial de Sorbiers, 2E 174/1
  • Texte transmis par Philippe Tovena
L'an mil sept cent cinquante huit et le dix decembre dans le cimetière de cette paroisse a été enseveli Jean Vincens agé d'environ quarante deux [sic], innocent de naissance et aveugle dès sa tendre jeunesse, décédé le jour précédent, aux presences de Joseph Jouve et de François Rolland, de ce lieu, témoins requis et signés avec nous.
[F. ROLLAND, J. JOUVE, ABERT pr.]

 

Illustration : Ludwig Buchhorn (1770-1856), tiré de la série Betteljugend.


 


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Grossiers, nos ancêtres au Moyen Age ! (Marseille, 1367)

 
 
  • Texte transmis par Jean-Luc Soler.
  • Source : "Inventaires sommaires des archives départementales antérieures à 1790", par Louis Blacard, t. II.

Condamnations pécuniaires :
 
  • de Jacques la Calotte, 12 s. 6 d., pour avoir dit à Boisette Nostre-Dame : « Yeu renegue la Verges »
  • de Rousse, l'épouse de Fayne le pêcheur, 10 s., pour avoir si fortement pincé Guillaumette Arnaud qu'elle en est tombée à terre
  • de Pierre Peyssonnier, 15 s., pour avoir qualifié de « trogne » la femme Baudette et l'avoir menacée du bâton
  • de Bertrane True, 10 s., pour avoir appelé Pierre Engrand : « Vilan merdos »
  • de Bérengère Nicolas, 10 s., pour avoir dit à Johannette, de Bouc : « Vay te far fotre a Ricardon ! »
  • d'Esmenarde, la veuve de Bourde, 5 s., pour avoir dit qu'elle trouvait mauvais que sa fille eût des relations avec une femme de mauvaise vie : « quia ipsa Bertranda est meretrix »
  • de Mariette Coste, 15 s., pour avoir dit d'un ton goguenard à dame Alasacie Durante : "Va-t-en voir à l'étable d'Isnard Pierre, « ubi puer Ortolani ascendit super ventrem filie tue »"
  • de Bertrand Bastonnet, 5 s., pour avoir traité de voleur Jean Vinaigre
  • de Ferrier Durand, 10 s., pour avoir dit à un voisin, en parlant de sa femme : « Si tu ti lanshavas » (lançais) « vituperar aquella vieilha prascassa, malum tibi veniret »
  • de Jacob la Sabotière, 10 s., pour avoir accusé Bernard, le barbier, d'être un juif, ou au moins de l'avoir été
  • d'Astruge Terrasse, 10 s., pour avoir dit à Béatrix Chifre : « Vay orra, truega, quam ego ter te reperii una cum marito meo subtus mensam, qui tibi in altum elevabat tibias tuas »
  • de Mariette Vincent, 1 l. 15 s., pour avoir dit à Simonette Ferrari : « Na Bibaudella, a mon filh anas, que li prenias sas colhas et metias lo sien vit en vostre cul »
  • de Béatrix d'Eygalières, 10 s., pour avoir dit d'Isnarde Blansaqui : « Da questa p..., centum femoralia merdosa fuerunt baysata »
  • de dame Christole, 1 l. 5 s., pour avoir prétendu qu'elle aimerait mieux sa fille dans un lupanar que vendeuse de poissons à la poissonnerie.

 

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Les latrines marseillaises (Marseille, 1828)

 
 
  • Sources : Indicateur marseillais, 1828.
  • Texte envoyé par Mme Marcelle Ruiz.

AVIS

On fait savoir que Marseille, où les latrines ne sont presque pas connues, possède un établissement de Cabinets d’Aisance publics, placé au centre de la ville et dans un local très aéré; il est situé sous le n°7 de la rue De Latour, près la Place Royale d’un côté et le Grand-Théâtre de l’autre. L’on trouve dans ce nouvel établissement convenance et propreté; il ne le cède en rien à tous ceux de même espèce établis dans la Capitale.
Le prix est de 10 centimes par personne.

 

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Vol d'un ballon aérostatique (Aix-en-Provence, 31 mai 1784)

  • Sources : Archives municipales d'Aix-en-Provence, cote FF95, fo. 145.

(25 mai 1784) (1)
Bureau de police du 25 mai 1784 pour le bon ordre et pour le maintien de la sûreté publique le 31 mai, jour de l'expérience du balon aérostatique.

M. Bouteille, procureur du roi, en la juridiction de la police, a représenté au bureau que le grand concours qu'excitera le 31 mai au matin l'expérience du balon aérostatique, soit dans les avenues des casernes, soit aux environs (2), exige que l'on prenne quelques précautions pour mettre la foule en sûreté et pour deffendre les propriétaires qui sont autour des casernes, et qui pourroient être endommagés.
Requiers en conséquence, primo qu'inhibitions et deffenses seront faites à tous cochers, postillons et voituriers de conduire aucun cabriolets, carrosses et voitures quelconque hors de la porte Saint-Jean (3), ni dans le cours Sainte-Anne (4).
2° qu'inhibitions et deffenses seront faites à toutes personnes de paroitre à cheval dans led. cours, sauf à celles qui voudront suivre le ballon à cheval de faire conduire leurs chevaux avant huit heures du matin en dela le cours Sainte-Anne et de ne les y faire repasser qu'une heure après que le ballon sera élevé.
3° qu'inhibitions et deffenses seront faites à tous porteurs de chaises de porter qui que ce soit en chaise dans led. cours sans une permission expresse et par écrit qui ne sera accordée qu'aux personnes infirmes et âgées, et qu'ils seront tenus d'exhiber et de remettre à la petite porte des casernes par où lesd. personnes seront admises.
4° qu'inhibitions et defenses seront faites à toutes personnes de monter sur les murailles ou sur les arbres du cimetière de la Magdeleine (5), du cours St-Pierre (6), du cours des casernes (7), des casernes et autres aux environs, à peine de trois livres d'amande et des prisons.

Le bureau pourvoyant à la réquisition du procureur du roi a ordoné et ordone:
I° qu'aucuns carrosses, cabriolets ou voitures, soit de louage, soit de maison, ne pourra sortir de la porte Saint-Jean le 31 mai au matin ni entrer dans le cours Ste Anne à deux heures après dîné.
II° inhibitions et deffenses sont faites à toutes personnes de paroitre à cheval dans led. cours, sauf à celles qui voudront monter à cheval, faire conduire leurs chevaux avant huit heures du matin au delà du cours Ste Anne et de ne les y faire repasser qu'une heure après que le balon aura été élevé.
3° inhibitions et deffenses sont faites à tous porteurs de chaise de porter aucune personne dans le cours Ste Anne sans une permission expresse et par écrit.
4° inhibitions et deffenses sont faites à toutes personnes de monter sur les murailles des casernes, du cours St Pierre, du cimetière de la Magdeleine, et autres aux environs, ou sur les arbres du cours Ste Anne, du cours St Pierre et de la ville à peine de trois livres d'amande et de prison, et sera la présente ordonance imprimée pour etre lue, publiée et affichée partout où besoin sera.

Fait au bureau de police led. jour 25 mai 1784.

(1) Le texte qui suit retrace les préparatifs de police concernant une expérience aérostatique prévue pour le 31 mai 1784, lundi de Pentecôte. L'historien Roux-Alphéran écrit: "Toute la ville voulut y assister; mais un crime inouï, qui avait été commis la nuit d'auparavant, avait répandu la consternation et le deuil... en sorte qu'un spectacle, si nouveau pour tous, ne fut en réalité qu'un bien petit divertissement pour la masse des curieux." Ce crime était l'assassinat de madame d'Entrecasteaux.
(2) L'expérience a finalement eu lieu dans la cour de la caserne. Une brochure parue à Aix la même année rapporta l'événement.
(3) Portait aussi le nom de porte d'Italie. Cette porte se dressait au débouché de la rue d'Italie sur le boulevard.
(4) Actuel cours Gambetta. Là se trouvaient les casernes, dont les bâtiments existent toujours. La caserne Forbin fut construite en 1727.
(5) Le cimetière de la Magdeleine porte aujourd'hui le nom de cimetière Saint-Pierre.

(6) Il pourrait s'agir de l'actuelle traverse Saint-Pierre.

(7) Le cours Sainte-Anne, aujourd'hui appelé cours Gambetta.

Photographie : Le cours Sainte-Anne. DR.

 

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Le pendu possédé (Aix-en-Provence, 12 janvier 1614)

 
 

 
  • Sources : Histoire nouvelle, merveilleuse et espouvantable d'un jeune homme d'Aix-en-Provence, emporté par le Diable et pendu à un amandier, pour avoir impiement blasphémé le sainct nom de Dieu & méprisé la saincte messe, deux siens compagnons estant demeurez sans aucun mal (arrivé le douziesme ianvier de la présente année mil six cents quatorze), Paris, 1614.
 

(12 janvier 1614)
Ils se prindrent un matin trois de compagnie & d'assez bon lieu lesquels desirans de desieuner ensemble, s'en vont en un logis, où ils demanderent à l'hostesse si elle auoit de quoy leur donner, qui leur respond qu'il y auoit assez. Là dessus, deux se disent l'un à l'autre qu'il falloit premierement aller à la messe, tandis qu'elle prepareroit la table, & qu'ils auoient assez de temps.
Le troisiesme se roidit là dessus, & commence à dire qu'il n'auoit que faire de messe, qu'il aymoit mieux un bon disner, & qu'il luy feroit plus de profit. Puis à mesure que sa manie s'augmentoit, possédé par les furies, & touché de l'esprit malin, il commence à vomir d'execrables blasphemes contre Dieu, contre la saincte Messe, & contre ses compagnons, voyant qu'ils ne vouloient pas symboliser à sa gourmandise.
(...) Pour cela, il demeure roidy en son impieté: ses compagnons s'en vont à la Messe (...).
Voicy donc, comment cestuy-cy ne songe qu'à se saouler, & encore au lieu de prendre ces viandes auec actions de graces, il les prend auec desdain; et au lieu de benedictions, il vse de blasphemes: en sorte que l'hostesse mesme en estoit toute effarouchée, & apprehendoit d'ouïr ces scandaleux despitemens, et horribles execrations, ayant tasché par plusieurs fois de le mettre dehors; & lors qu'on le vouloit remonstrer, l'exhortant de cesser ces blasphemes, il s'efforçoit dauantage de pousser les venins de la furie dehors, ne voyant pas que son péché estoit au comble de sa malice, & qu'il falloit que cestuy-là luy amenast la punition de tous les autres.
Ses compagnons reuenus de la Messe, le trouuant à table, faisant bonne chere, se mettent aupres de luy: mais, ô spectacle rigoureux & espouuentable: ainsi qu'ils estoient assis à table, beuuans à hausse-goubelet, & luy tousiours grommelant contre les autres de ce qu'ils l'auoient tant fait attendre, & les appellant bigots & hypocrites, voilà qu'en la présence des autres deux, le Diable entrant furieusement dans la chambre, le hape par les cheueux, luy deschire tous ses habits, le froisse contre la fenestre; & l'enleuant en l'air, l'emporte à leur veuë, & les laisse là remplis d'estonnement & de crainte.
(...) Ceux-cy bien estonnez, & remplis de crainte, s'en vont tristes & ombragez de douleur, porter la triste nouuelle à son pere, de ce qui estoit arriué; luy disant, que pour eux ils ne pouuoient iuger ce qu'il pouuoit estre deuenu, sinon qu'ils l'auoient veu passer par la fenestre, avec des cris & hurlements espouuentables, qu'il s'en alloit par l'air du costé de la mer, & qu'autre chose n'en pouuoient-ils dire.
Le pere bien desolé, ayant ouy toute ceste histoire, fait chercher son fils de tous costez, & n'en peut trouuer aucune nouuelles, iusques au bout de quelques iours apres, que des bergers (sans y penser, gardans leurs troupeaux aux champs) trouuerent le corps pendu en un Amandier, à vn quart de lieuë de la ville, tout noir & desfiguré, tellement qu'à peine pouuoit-on recognoistre; d'où il fut pris & ietté à la voirie.

 

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François n'est pas Antoine (Châteauroux-les-Alpes, 3 septembre 1738)

 
 
Du troisième septembre mil sept cent trente-huit, François Borel, fils à feu jacques, nous ayant requis son extrait baptistaire en présence de Louis Borel, son frère, d'Antoine Jaubert, natif de la paroisse des Orres et habitant de cette paroisse, son beau-frère, de François Rouzan et Marie Molin, ses parrain et marraine, de probe Pierre Jouvent, mari de la marraine, et de sieur Charles André Gay, notaire, avec nous soussignés, sauf Marie Molin qui a déclaré ne sçavoir :
Nous curé de Châteauroux avons ouvert et examiné les registres baptistaires de l'année mil sept cents seize et nous avons trouvé écrit que « Antoine Borel, fils de Jacques et de Marguerite Jean, de Châteauroux, légitimement mariés, a été baptisé par moy soussigné ce sixième janvier mil sept cents seize. Le parrain a été François Rouzan, la marraine Marie Molin. Le père n'a sçu signer. François Rouzan. C. Molin. vic. »
Sur quoi les susnommés et le requérant nous ont assuré que c'était par erreur qu'on avait écrit "Antoine" au lieu de "François" qui est le véritable nom imposé au requêtant dans son baptême et ils nous ont requis de certifier la vérité de leur dire pour servir au requérant à ce que de raison.
Ce que nous avons fait aux présences de Joseph Bérard feu Chaffrey et de Michel Raffin fils Jean-Baptiste, tous deux de cette paroisse, témoins requis et soussignés pour être lesdits susnommés gens de probité bien mémoratifs et dignes de foy et ont signés.

 
  • Registres paroissiaux de Châteauroux, année 1738
  • Texte transmis par Marie-Thérèse Rostan

 

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Eclipse de soleil (Martigues, 8 juillet 1842)

 
 
"Le 8 juillet, à cinq heures trois minutes, sous un ciel sans nuages, par une des plus belles matinées d'été, à cinq heures cinquante minutes une éclipse de soleil eut lieu . Elle fut totale pendant une minute et demie. Ce moment fut vraiment beau, la nature sembla entièrement changée. On aurait dit que c'était nuit, mais de ces (...) qu'on ne peut peindre ni décrire plusieurs étoiles apparurent très distinctement."
 
  • Registre d'État-civil de Martigues, année 1842.
  • Transmis par Géraldine Surian.

 

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La nommée Noyer, noyée... (Arles, 20 septembre 1852)

 

 
L'an mil huit cent cinquante-six et le dix-huit juin, [...] avons transcrit le jugement dont la teneur suit :
 
Extrait des minutes du greffe du tribunal de première instance de l'arrondissement judiciaire de Tarascon, département des Bouches-du-Rhône [...].
 
Par votre jugement en date du sept de ce mois rendu sur requête, vous avez ordonné qu'une enquête serait faite devant monsieur le Juge de paix du canton ouest d'Arles, à l'effet de constater le décès de Pétronille Philippine Noyer, épouse de Vincent Loubrié, meunier, [...] qu'il en ressort que la nommée Noyer a réellement péri dans les eaux du Rhône dans la journée du vingt septembre mil huit cent cinquante-deux, à Arles. Il ne saurait y avoir le moindre doute sur son identité, puisque les témoins honorables et qui la connaissaient personnellement l'ont vue, au jour indiqué, descendre l'escalier du quai, renverser par le vent, tomber dans le fleuve, surnager un moment et disparaître enfin sous les eaux après une tentative inutile de sauvetage.
 
Il requiert en conséquence qu'il vous plaise, messieurs, vu le procès-verbal d'enquête dont s'agit vu les articles 99 et suivants du code Napoléon, dire et ordonner qu'il est constant que la nommée Pétronille Philippine Noyer, sans profession, née à Arles le 1er mai 1826, mariée le 21 avril 1847 à Vincent Loubrié, meunier, à Arles, est décédée au dit lieu le 20 septembre 1852 vers les sept heures et demie du matin [...].

 
  • Source : Registre d'état-civil de la ville d'Arles, année 1856, n°266 bis, archives communales d'Arles.
  • Photographie : © Jean Marie Desbois.

 

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Baptême de siamoises (Mouriès, 17 octobre 1783)

 
 
« L'an mil sept cent quatre vingt trois et le dix-sept octobre a été ondoyée à la maison sur les dix heures du matin par Anne Aron, sage-femme, une fille à deux têtes, quatre bras et un seul tronc (au moins apparent) dont le père est Laurent Latty, travailleur, et la mère Marie Esbraya, épouse d'icelui. La dite Anne Aron nous a déclaré n'avoir versé de l'eau et prononcé les paroles de la forme du baptême que sur celle des deux têtes de la jumelle imparfaite qui a paru la première donnant des signes de vie, par la chaleur naturelle qu'elle a conservé pendant environ trois-quarts d'heures, après lesquels les couleurs du visage ont changé et la mère a été délivrée du phénomène qu'elle portait dans son sein. La sage-femme n'a point ondoyé même sous condition (1) la seconde tête, qui a paru alors par la raison que ce corps extraordinaire ne donnait aucun signe de vie quelconque. Ainsi l'a attesté le sieur Jean Picard, maître en chirurgie, qui fut appelé quelques moments après l'apparition de la première tête, en suite de la demande présente qu'en fit la dite Anne Aron. Le sieur Jean Picard a signé avec nous ; le père et la sage-femme, de ce enquis, ont dit ne sçavoir.
 
[ARNOUX curé]


1. Sous la condition qu'elle fût en vie, naturellement.
 
  • Registre des BMS de Mouriès, 1783, 14e feuillet, verso.
  • Texte transmis par Agnès Charrel-Berthillier.

 

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Né de père inconnu rue de la Vierge (Vitrolles, 12 janvier 1870)

 

"L'an mil huit cent soixante-dix et le treize janvier à dix heures du matin par devant nous Jean Antoine Audibert, maire et officier de l'état civil de la commune de Vitrolles, canton de Berre, arrondissement d'Aix, département des Bouches-du-Rhône, a comparu à la mairie dame Delphine Tavernier, sage-femme, âgée de quarante six ans, domiciliée en cette commune de Vitrolles et y demeurant rue d'Aix, laquelle nous a déclaré que hier douze janvier mil huit cent soixante-dix à onze heures du soir, demoiselle Marie Henriette Gazel, sans profession, âgée de vingt-neuf ans, domiciliée en cette commune et y demeurant rue de la Vierge, est accouchée dans sa maison d'habitation d'un enfant du sexe masculin, qu'elle nous a présenté et auquel elle donne les prénoms de Louis Victorin Gustave.

Déclaration et présentation faite en présence des sieurs Auguste Salin, serrurier, âgé de trente neuf ans, et Honoré Sallier, cordonnier, âgé de quarante un ans, domiciliés à Vitrolles, non parents ni alliés du nouveau-né, et, lecture faite du présent acte, avons signé avec les témoins, et non la dame Delphine Tavernier, déclarante, qui, requise par nous, a déclaré ne le savoir.

 

[Signatures]"

 

  • Registre d'état-civil de Vitrolles, année 1870
  • Transmis par Nathalie Goin
     

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Les facéties de Gaspard de Venel (Aix-en-Provence, 1633)

 
 
  • Sources : A. Bouyala-d'Arnaud, Evocation du vieil Aix-en-Provence, 1964

(1633)
Gaspard de Venel, conseiller au parlement d'Aix en 1633, avait une réputation de plaisantin. Epoux de Magdeleine de Gaillard, on se souvient de lui comme d'un homme aux plaisanteries douteuses. En voici deux exemples :

Deux capucins sans argent se présentent un jour à son domicile afin de quêter pour leur couvent. Gaspard de Venel leur ouvre grand sa porte et leur offre l'hospitalité. Après avoir mangé, ils sont conduits à leur chambre, une pièce fort agréable et au lit moelleux. Les deux religieux entament leur sommeil réparateur. Au milieu de la nuit, l'un d'eux, pris d'un besoin pressant, sort du lit, ou plutôt tombe du lit, une vraie chute qui le fait se retrouver à quatre pattes. A tâtons et l'esprit toujours embrumé, il cherche l'objet nécessaire pour se soulager et, son affaire terminée, retourne au lit. Hélas ses mains tâtonnantes ne trouvent rien, il semble que le lit n'est plus là. L'autre capucin, réveillé par les appels de son compagnon, sort du lit, en faisant la même chute. Lui non plus ne retrouve plus le lit. Au bout d'un long moment, ils renoncent à s'y recoucher et préfèrent terminer leur nuit sur des chaises. Surprise : au petit matin, lorsqu'ils se réveillent, le lit est à sa place. Pendant leur sommeil, de Venel, dissimulé derrière les draperies, avait fait monter le lit au plafond à l'aide de cordages et, avant l'aube, l'avait fait redescendre à sa place.
Cette histoire est sans doute la plus belle de toutes : un paysan ivre-mort cuvait sa vinasse sur un banc du bourg Saint-Sauveur. Monsieur de Venel venant à passer, il lui vint une idée : il fit ramasser l'ivrogne et l'installa dans sa meilleure chambre et son meilleur lit. A son réveil et une fois ses esprits recouvrés, le lendemain, le paysan se retrouva dans un endroit somptueux qu'il n'avait bien sûr jamais vu. Il appela. Quatre laquais entrèrent dans la chambre et lui servirent du "monsieur le Duc nous fait l'honneur de descendre chez M. de Venel". On le lava et on le vêtit de vêtements délicatement ouvragés. Une fête fut même organisée en son honneur. La femme du bougre, à la recherche de son homme depuis la veille, se présenta au n°10 de la rue. Mais le paysan s'était visiblement vite accoutumé à son nouveau statut, jetant à sa femme un "Quelle est cette aventurière qui prétend être ma femme ? Je ne la connais pas." Toute bonne chose ayant une fin, après le bal, l'homme fut drogué au moyen d'un somnifère, dépouillé de ses habits et redéposé sur son triste banc. A son réveil, il clamait à qui voulait l'entendre qu'il avait fait un rêve extraordinaire…

 


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Le pendu de Lauris (Lauris, avril 1571)

 
 
  • Sources : Jean-Pierre Papon, Voyage littéraire de Provence: contenant tout ce qui peut donner une idée de l'état ancien & moderne des villes, les curiosités qu'elles renferment, la position des anciens peuples, quelques anecdotes littéraires, l'histoire naturelle, les plantes, le climat, & cinq lettres sur les trouvères et les troubadours, Chez Barrois l'Aîné, Paris, 1780.

"Comme [Lourmarin] était une place assez forte et que les protestants en avaient fait, pour ainsi dire, le centre de leurs mouvements, les catholiques y envoyaient de temps en temps des espions pour les observer.
L'un d'eux, qui avait été envoyé par les procureurs du pays, fut pris au mois d'avril 1571, conduit à Lauris et pendu à la croisée d'une fenêtre. Heureusement pour lui, la corde cassa et, ce qui doit paraître assez surprenant, il conserva assez de sang-froid et d'agilité pour se sauver à travers quelques habitants qui étaient témoins de son exécution. Il courut, ayant au col l'instrument de son supplice, à l'assemblée des États qui se tenait alors, et lui demanda une indemnité.
Les États lui accordèrent dix livres pour ses dommages et intérêts, ne croyant pas sans doute encourager d'autres habitants à aller se faire pendre pour une pareille générosité. Ce fait est consigné dans les registres du pays."

 

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Inauguration du pont de Trinquetaille (Arles, 24-27 avril 1875)

 
  • Sources : Archives communales d'Arles, IJ 2/12.
 

Du 24 au 27 avril 1875, la ville d'Arles célébra en grande pompe la construction de son nouveau pont, le premier pont métallique, reliant le centre historique au faubourg de Trinquetaille. Une organisation titanesque endetta la municipalité pendant plusieurs années, mais l'événement se voulait grandiose.
Voici quelques pièces extraites des documents d'époque. Ils permettent de se faire une idée de cette joyeuse fête dont toute la Provence entendit parler.

Au programme :

  • Une première esquisse d'affiche destinée à attirer la foule,
  • Une deuxième esquisse revue et corrigée,
  • Quelques sommes que la municipalité eut du mal à régler,
  • Une lettre des Ponts et Chaussées arlésiens quant à l'ouverture du pont à la circulation,
  • Une lettre du maire évoquant les difficultés de la mairie à assumer les dépenses.

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Esquisse manuscrite d'une affiche.

 
Belle ascension aérostatique exécutée par le bien connu aéronaute médaillé
Henri Blondeau
auteur du merveilleux sauvetage arien opéré à Orange le 27 août 1874
Les Hautes Régions
Grand voyage aérien avec le magnifique ballon
Le Condor
construit en soie écrue imperméabilisée et gonflée au gaz hydrogène carboné.

 

Dans cette ascension scientifique et démonstrative, M. Blondeau sera accompagné de deux personnes distinguées de la ville d'Arles. Outre les accessoires indispensables, la nacelle sera pourvue d'instruments de physique pour les observations météorologiques et variations atmosphériques à différentes hauteurs.
Une flottille de petits ballons caricatures de grotesques formes et de diverses couleurs sera lancée pendant les intermèdes.

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Esquisse manuscrite d'une affiche.

 

Belle ascension aérostatique exécutée par le bien connu aéronaute médaillé
Henri Blondeau
auteur du merveilleux sauvetage arien opéré à Orange le 27 août 1874
Cette ascension aura lieu avec le colossal ballon multicolore de la capacité de 2000 mètres cubes. La nacelle ou panier sera remplacé par un
Trapèze volant
suspendu à 40 pieds sous le ballon sur lequel l'aéronaute exécutera durant tout son voyage aérien les plus surprenantes
évolutions gymnastiques
Intéressants préparatifs, développement et gonflement en 12 minutes de ce gigantesque aérostat.
Une minute après :
Lâchez tout !!!
Merveilleux départ de l'aéronaute Henri Blondeau.
Une flotille de petits ballons caricatures de grotesques formes et de diverses couleurs sera lancée pendant les intermèdes.

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Quelques sommes que la municipalité eut du mal à régler :

Comptes restant à mandater pour les fêtes d'inauguration du pont.

Décoration et illumination
H. Maureau Bougies et veilleuses 178.50
Lavandet Estrade du pont 20.60
A. Castau Pavillons 33.--
Cachet Frais d'illumination 34.--
Martin Décoration de l'estrade du pont 14.60
Jeux nautiques
Calment aîné Fourniture d'un grand bateau 100.60
Chabrier Bateau à vapeur pour la musique 16.--
Cavalcade
Dallard Consommation pour la musique pendant le tirage de la tombola 16.60
Ferrade et arrivée
Grignard Amphithéâtre des plaines 250.60
Salle verte
I. Dumas Estrade des musiciens 90.60
Arnaud Mazoyer Ficelles 18.60
Delorme Location de chaises 30.60
Tardieux Poteaux pour l'éclairage 27.60
Frais imprévus
Beissier Rosettes des commissaires 58.20
Renne Frais de séjour du peloton de chasseurs 96.60
Cachet Frais relatifs aux jeux nautiques 60.57
Tardieu Fourniture de solives 37.80
Beuf Consommations pour la musique 15.60
Beissier Droits d'auteur 120.60
Delorme Location de chaises 19.30

 
Musique et ballon 150

 

 

La somme totale restant à payer est de 1390.57
Mais comme il reste libre sur les crédits votés précédemment un reliquat de 290.80

 

La différence à combler n'est plus que de 1099.75

 

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Une lettre des Ponts et Chaussées arlésiens quant à l'ouverture du pont à la circulation

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Ponts et Chaussées
Département
des
Bouches-du-Rhône

Arrondissement d'Arles

Arles, le 20 mars 1875

L'ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées
à Monsieur Mandre, maire d'Arles

Monsieur le Maire,
 

En réponse à votre lettre de ce jour, je m'empresse de vous faire connaître que le pont d'Arles pourra être livré à la circulation le 24 avril prochain. Il pourrait même l'être huit jours plus tôt, si la date du 24 ne me paraissait pas préférable à tous les points de vue.
Agréez, monsieur le maire, l'assurance de ma considération distinguée.

[Salle]

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Une lettre du maire évoquant les difficultés de la mairie à assumer les dépenses

Monsieur Salles, Ingénieur des Ponts et Chaussées
Arles

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En présence des charges qui s'imposent à la commune au sujet des fêtes de l'inauguration du pont et de l'insuffisance de notre budget, j'ai l'honneur de vous demander de vouloir bien prendre à votre charge les frais de décoration nécessités par la cérémonie religieuse de la bénédiction.
Ces frais pourront s'élever d'après nos calculs à la somme de mille francs.

 
Veuillez agréer
 

Monsieur l'ingénieur l'assurance de ma considération très distinguée.

Le maire d'Arles

Source : GénéProvence

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