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Course camarguaise
La course camarguaise est un jeu taurin sans mise à mort, dans lequel les
participants tentent d'attraper des attributs fixés aux cornes d'un taureau. Ce
jeu est très populaire de l'Hérault à Arles en passant par le Gard, la Camargue
et la Crau.
Course camarguaise
à la feria de Palavas, 30 avril 2007.
Histoire
Éleveur
photographié avec son taureau camarguais.
C'est
au XIXe siècle qu'apparaissent les premiers jeux taurins organisés et rapidement
assimilés à la course camarguaise. Ils se déroulaient dans des « plans », arènes
constituées de charrettes. Au fil du temps, le taureau commence à porter des
attributs.
À cette période les manadiers comprennent qu’ils peuvent tirer parti de ces
courses, en améliorant la race des taureaux, qui sont déjà très combatifs. Cette
course était appelée « course libre ».
Un date importante dans l' histoire de la Course Camarguaise : le 27 février
1966 et le congrès qui se déroula à Paluds-de-Noves (Bouches-du-Rhône). Il
adopta la mise en place du projet Vignon : la course à la cocarde avait son
premier règlement (La Charte de la course à la cocarde*). Avec lui,
l’appellation « Course libre », même si elle a continué longtemps d'être
utilisée, devient caduque et devient « Course à la cocarde ».
En 1975, la Fédération Française de la Course Camarguaise est créée sous la loi
des associations de 1901.
Le 10 octobre 1975 la Fédération Française de la Course Camarguaise (F.F.C.C.)
est agréée par le Ministère. La course camarguaise est reconnue comme sport par
le Secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports. La « Course à la cocarde »
devient définitivement la « Course camarguaise ».
Le principe
Une
centaine d'arènes fixes proposent un programme sportif dans les départements de
l'Hérault, du Gard, des Bouches-du-Rhône et de Vaucluse. Un petit millier de
compétitions ont lieu chaque année, tous niveaux confondus.
- Les
attributs
Les attributs : la
cocarde, le gland et la ficelle.
Les
attributs sont les éléments clef de la course camarguaise. En effet sans eux, il
n'y aurait pas de jeu. Il y a trois attributs, ils vont être décrits dans
l'ordre où les raseteurs doivent les enlever dans la course.
La cocarde, contrairement à ce qu'indique son nom, est un ruban rouge d'une
dimension de cinq à sept centimètres de longueur et de un centimètre de largeur.
La cocarde se trouve attachée sur une ficelle sur le haut de front du taureau et
au centre.
Le gland est en fait un pompon de laine blanche. Il y en a deux car accrochés
par la ficelle à la base de chaque corne.
La ficelle qui est le dernier attribut à enlever est en fait enroulée autour de
la corne avec un nombre de tours variable et déterminé par le classement du
taureau.
- Avant la
course
L'«
abrivado » précède la course, c'est l'arrivée dans les arènes des taureaux en
provenance des prés, accompagnés à cheval par les gardians de la manade. Leur
retour aux prés après la course dans les mêmes conditions est appelée la «
bandido ». Le but des gardians, chevaux et taureaux est de rester groupés «
emmaillés », le but des gens dans la rue (« attrapaïres ») est de détourner les
taureaux et défaire leur bel ordre de marche.
C'était ainsi jusqu'aux alentours des années 70. Depuis, quel que soit le
prestige dû au rang des différents taureaux, ils sont conduits en camion : ce
sont des stars, leurs noms sur les affiches, sont écrits bien plus grand que
ceux des raseteurs invités. Récemment, une exposition a été consacrée au
cocardier Goya, surnommé le « Seigneur de Provence », dans la ville de
Beaucaire. Exemple du prestige et de l'admiration que les afeciouna portent au
taureau.
Puis dans le toril, les gardians fixent les attributs du taureau.
Contrairement à ce qui se passe dans la corrida, pas question ici de maltraiter
physiquement le taureau qui est une star, au même titre que les raseteurs.
Néanmoins, si jamais l'animal est blessé à cause d'un coup de crochet mal ajusté
du raseteur ou d'une mauvaise réception dans un coup de barrière, les raseteurs
font signe à la présidence qui ordonne la suspension de toute action; le
manadier vient alors en contre-piste pour juger de la blessure de son animal, et
décider s'il poursuit la course ou non.
Il est d'ailleurs courant d'entendre un « Carmen » (extrait de l'opéra de Bizet)
lors d'un acte de bravoure d'un homme ou du taureau.
- La
course
Course camarguaise
du 29 juillet 2007.
L'èr di
biòu est une sonnerie de trompette qui annonce l’arrivée du taureau dans
l’arène. Les raseteurs attendent la seconde sonnerie (qui intervient à la fin de
la première minute laissée au cocardier pour s'habituer à l'arène) pour procéder
à l'« attaque » (ils peuvent commencer à raseter).
Les raseteurs défient le taureau afin d'aller chercher sur ses cornes des
attributs à l'aide d'un crochet. Ces attributs ont deux valeurs :
l'une sous forme de points permettant de déterminer le meilleur des raseteurs
dans les différents championnats (trophées) de chaque catégorie (équivalent aux
divisions dans le football) : trophée de l'Avenir, trophée des Raseteurs,
trophée des As (la plus haute).
l'autre pécuniaire, sous forme de primes. La valeur de l'attribut augmentent au
fil du temps, par des « mises » sponsorisées par le public et annoncées au micro
pour inciter les raseteurs à « travailler ».
- Le raset
Raseteur en action.
Un raset se déroule en quatre temps:
Le tourneur, qui le plus souvent est un ancien raseteur, attire l'attention du
cocardier pour le placer dans le bon sens.
Le raseteur s'élance en espérant que le cocardier le suive.
Si le cocardier l'a suivi, alors les deux se croisent, il s'agit du raset, le
raseteur tend son crochet et essaie de retirer un attribut.
Une fois le raset fait, le raseteur saute par-dessus la barrière puis s'accroche
au mur de l'enceinte de l'arène.
- Après la
course
Après
la course, le taureau regagne ses prés et ses congénères, physiquement intact. A
la fin de la course se déroule la Bandido, qui est une Abrivado dans le sens
inverse, les taureaux rentrent aux près.
- Les
rendez-vous majeurs
Chaque
année, trois rendez-vous retiennent l'attention des « afeciouna » :
La Cocarde d'Or d'Arles, 76e édition en 2007, qui est la plus importante et la
plus prestigieuse
La Palme d'Or de Beaucaire
La finale du Trophée des As qui a lieu, en alternance, à Nîmes et Arles.
Ces trois courses sont les plus importantes, mais de nombreuses autres courses
avec trophée, ont lieu tel que le « Trophée San Juan ». Elles comptent pour le «
Trophée des As ».
Le cocardier
Un cocardier, ici,
emboulé lors d'une séance d'entrainement.
Le
taureau est appelé « le cocardier » car c'est lui qui porte la cocarde.
Il s'agit ici de taureaux camarguais (les « Camargue » ou « raço di biòu »), par
opposition aux taureaux espagnols. Le taureau camarguais est plus petit (entre
300 et 450kg pour les mâles), plus nerveux et plus rapide que son cousin
espagnol et ses cornes sont en forme de lyre.
Les cocardier
ayant remporté le Biòu d'Or
Année -
Nom du cocardier (Manade)
1954 - Royale (Bilhau)
1955 - Gandar (Blatière)
1956 - Cosaque (Lafont)
1957 - Régisseur (Raynaud) - Le titre fut refusé par ses manadiers estimant
qu'il aurait dû l'avoir avant.
1958 - Lopez (Thibaud)
1959 - Tigre (Laurent)
1960 - Tigre (Laurent)
1961 - Vergézois2 (Blatière)
1962 - Caraque (Laurent)
1963 - Mario (Lafont)
1964 - Petit Loulou (Aubanel)
1965 - Loustic (Laurent)
1966 - Loustic (Laurent)
1967 - Cailaren (Lafont) et Loustic (Laurent)
1968 - Galapian (Guillerme)
1969 - Rami (Fabre-Mailhan)
1970 - Vergézois3 (Blatière)
1971 - Rami (Fabre-Mailhan)
1972 - Joinville (Lafont)
1973 - Dur (Blatière)
1974 - Gardon (Laurent)
1975 - Duc (Rouquette)
1976 - Goya (Laurent)
1977 - Ventadour (Lafont)
1978 - Ringot (Blatière)
1979 - Ventadour (Lafont)
1980 - Pascalet (Rébuffat)
1981 - Rousset (Cuillé)
1982 - Rousset (Cuillé)
1983 - Segren (Guillerme)
1984 - Samouraï (Saumade)
1985 - Fidélio (Laurent)
1986 - Furet (Lafont)
1987 - Filou (Laurent)
1988 - Barraïé (Lafont)
1989 - Barraïé (Lafont)
1990 - Banco (Laurent)
1991 - Sangar (Janin)
1992 - Barraïé (Lafont)
1993 - Président (Saumade)
1994 - Président (Saumade)
1995 - Mourven (Blatière)
1996 - Dalton (Joncas)
1997 - Rubis (Laurent)
1998 - Muscadet (Rouquette)
1999 - Tristan (Saumade)
2000 - Pythagore (Cuillé)
2001 - Tristan (Saumade)
2002 - Virat (Nicollin)
2003 - Scamandre (Boch et Jean)
2004 - Virat (Nicollin)
2005 - Camarina (Chauvet)
2006 - Mathis (Lautier)
2007 - Camarina (Chauvet)
Le raseteur
- Les
habits
Les
raseteurs, comme les tourneurs, doivent porter une tenue blanche. Si leur tenue
présente une inscription publicitaire, elle ne peut dépasser 10 cm².
- Le crochet
Un crochet.
Le
crochet doit comporter quatre branches de 8 cm de longueur, dotées chacune de
quatre dents qui doivent, notamment la dent supérieure, être incurvées vers
l’intérieur. Une barrette transversale est permise à condition qu’elle soit
dépourvue de dents.
Bibliographie
: source utilisée pour la rédaction de cet article entre autre la partie
histoire.
Luc Chazel et
Muriel Da Ros, Secret de Camargue, Édisud, Aix-en-Provence, 2007 (ISBN
9782744906817)
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