Macao, Cotignac, Région, Provence, Littérature et…fantaisie !

  

  

Accueil Macao Cotignac Région Provence Littérature Humour mon Site Sites Web

 

 

Centenaires d'autrefois

 
 
Il faut bien avouer que, lorsque l'on découvre, au hasard d'un registre, le décès d'un centenaire, la chose a de quoi être signalée car elle est particulièrement rare, quoique non exceptionnelle. On est loin toutefois de la super-longévité de notre époque où vivre plus de 100 ans ne permet pas de rentrer dans la légende. Être centenaire autrefois était autrement plus admirable. On conservait souvent le souvenir de ces anciens des décennies après leur mort.
Il convient toutefois d'être prudent à l'évocation d'un centenaire. Un grand nombre d'entre eux ne l'étaient en fait pas. L'acte de baptême n'était pas consulté au moment du décès et l'âge était généralement estimé. Ainsi, un défunt d'« environ 100 ans », pouvait très bien avoir 95 ans, voire 80 ! Il est donc nécessaire de rechercher l'acte de baptême avant de confirmer l'âge du centenaire.
Voici en tout cas quelques exemples qui sortaient de l'ordinaire et qui ont marqué leur temps.
 
 
************


 

Annibal Camoux (Péro Anniba)
 
 
Portrait d'Annibal Camoux,
 Le Socrate marseillais, 1773,
gravure de Déjean 
d'après un dessin d'Henry.
Le centenaire provençal le plus célèbre a peut-être été Péro Anniba (« père Annibal »), surnom d'Annibal Camoux.
Il serait né en 1638 dans la vallée de Barcelonnette[1] mais, après avoir servi dans l'infanterie de ligne, il obtint son congé à l'âge de 60 ans et se fixa à Marseille où il avait été pendant longtemps en garnison et avait même été employé dans la construction du fort Saint-Nicolas (1660-1664). Il avait choisi pour son séjour une petite maison de campagne située au bord de la mer. Il cultivait lui-même sa terre et la pêche lui servait de délassement. La paye des invalides qui lui avait été accordée fut doublée lorsqu'il atteint l'âge de 100 ans.
Mais sa vie ne s'arrêta pas là, car c'est à 122 ans qu'il expira (1759). Puisqu'il est de coutume de demander aux centenaires le secret de leur longévité, nous connaissons celui de péro Anniba : il déjeunait tous les jours avec un morceau de pain qu'il frottait d'une gousse d'ail. Il avait l'habitude de tenir continuellement dans sa bouche un morceau de racine d'angélique.
Il fut enterré dans l'église des Picpus de Marseille.
Pour illustrer à quel point péro Anniba était renommé de son temps, le père Joseph Vernet, dans sa Vue du port de Marseille (1754), place le vieil homme à la Fontaine-du-Roi, fumant sa pipe et regardant une contredanse au tambourin. Le portrait est, paraît-il, saisissant de ressemblance.
Voila le cas typique du mythe. La naissance de Camoux n'est prouvée par aucun acte (appel aux généalogistes !) et il semble plus qu'évident que cette longévité ait été exagérée.

Le Père Éternel
N. Jourdan dit Le Père Éternel, paysan de Mazargues (Marseille), serait mort le 9 avril 1782
[2] à l'âge de 111 ans. Sa santé n'avait jamais été altérée et sa vue n'avait pas baissé. Jusqu'à ses derniers instants, il avait gardé l'habitude d'assister tous les jours à la messe. À 105 ans, il mangeait encore du biscuit de mer. Il ne buvait que du vin et se levait régulièrement au point du jour, été comme hiver.

 
[1] Jean Picot et Nicolas Lenglet-Dufresnoy, dans leur ouvrage Tablettes chronologiques de l'histoire universelle, sacrée et profane... (1808), lui prêtent une naissance à Nice le 19 mai 1638.
[2] Son acte de sépulture ne figure pas dans le registre paroissial de Mazargues à cette date. La date semble erronée. Il reste à retrouver la bonne.

 

************

 

Mort à plus de 100 ans (Aix-en-Provence, 16 juillet 1683)

 
 
  • Registre des sépultures du couvent des Grands-Augustins d'Aix
« Le 16 [juillet 1683 a été enseveli] Nicolas de Billon, de la ville de Paris, âgé 100 ans trois mois. »

************

Mort à 110 ans (Aix-en-Provence, 10 juillet 1678)

 
 
  • Registre paroissial Sainte-Magdeleine, année 1678.
  • Texte transmis par Frédéric de Solliers
 

« Louis Sube, âgé de cent et dix ans, est mort le dix et ensevely le onze de juillet 1678. Présents Charles Chabert, maître passementier, lequel a dit ne savoir écrire, et Louis Marin, signé avec P. Grange, prêtre curé. »

 

************

 

Morte à 104 ans (Arles, 23 juillet 1757)

 
 
  • Registre paroissial d'Arles-Sainte-Croix
  • Texte transmis par Christophe Brun-Franc
« L'an mil sept cent cinquante sept et le vingt trois juillet a été inhumée dans cette église décédée le jour précédent âgée de cent quatre ans Marie Olivier veuve de feu Jean Julian de son vivant ménager présents et témoins Sr Pierre Peirache et François Chaussy.
Signés avec nous
 
[Peirache]»
 


************

Morte à cent ans (Gémenos, 6 août 1656)

 
 
  • Registre paroissial de Gémenos
  • Texte transmis par Françoise Suzanne
« Le six aoust 1656 a esté ensevelye Constance Duchiere, aagée d'environ cent ans au cimetière de l'église parrochiale du lieu de Gémenos par moy vicaire soubsigné. »
 
 
 
************


 

Morte à 120 ans (La Cluse, 2 mars 1684)

 
 
  • Registre paroissiaux de la Cluse (Hautes-Alpes)
  • Texte transmis par Claude Piot
J'ai assisté ce second de mars de l'année mil six cent quatre-vingt quatre de l'incarnation de N. S J. Christ aux funérailles de Louise Saulse vefve de Jame Beynet aagée environ de six vingt ans selon le témoignage des plus anciens. Elle est décédée le premier du même mois et sest muny de tous les sacrements nécessaires à scavoir de la pénitence, du St Viatique de l'adorable corps de J.C. et de l'extreme-onction.
Sainte avec un bon et solide raisonnement remply de piété et de bonne édification pour tous les assistants et de si grande patience qu'elle a jetté l'admiration dans tous les esprits de ceux qui sont étez présants à cause du grand nombre d'années qu'elle avait sur son dos. Elle est morte dans des témoignages de notre Ste Religion et très catholique. Elle a été enterrée dans le cemetière de l'église paroissiale de Saint-Michel de La Cluse, ainsi le certifie,
Oddoul
ptre prieur et curé de La Cluse.

 

************