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Macao, Cotignac, Région, Provence,
Littérature et…fantaisie !
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Brignoles
Bien que cette ville soit distante de plus de trente kilomètres de Macao, elle reste malgré tout notre sous-préfecture et à ce titre a droit à quelques égards; aussi je lui consacrerai quelques lignes avec la complicité du "Guide de la Provence mystérieuse".
Les prunes du duc de Guise L'antiquité de Brignoles a deux témoins : l'olivier et le prunier. L'auguste consommation d'huile qui se faisait en la basilique de Saint-Romain obligea l'évêque Germain à solliciter de Childebert, roi de Paris, au milieu du VIème siècle, la concession des oliveraies qui s'étageaient sur les collines voisines. Quant aux prunes, elles firent les délices des rois et des manants jusqu'à la fin du XVIème siècle : le duc de Guise en croquait une; dit-on, lorsqu'il reçut à Blois le coup qui lui fut fatal. Mais les pruniers de Brignoles ne purent survivre aux exactions qui accompagnèrent les luttes religieuses de l'époque de la Ligue : en 1570, M. de Vins ayant refusé de payer les impôts que lui réclamait la ville de Brignoles, le peuple saccagea ses terres et détruisit 18.000 pruniers.
L'église de Brignoles possède le sarcophage de la Gayole, qui est à la fois le plus ancien sarcophage gaulois et l'un des plus vieux sarcophages de tout le monde chrétien. Oeuvre d'un sculpteur grec de la fin du IIème siècle, il provient de la chapelle de la Gayole (La Celle)et représente Saint Pierre sous la forme d'un pêcheur. Au bout de sa ligne, un dauphin, "poisson" symbolique; dans sa main gauche, un petit panier tressé; derrière lui, des béliers, une ancre, un arbre. Vous verrez aussi le Christ assis disant la bonne parole à une petite fille, un berger qui présente ses brebis à Saint Pierre et le soleil au-dessus de ce paysage paradisiaque. A une extrémité, Hermès Criophore s'appuie contre un arbre. La partie centrale de la sculpture a disparu. Cité souterraine Une légende rapporte que la ville actuelle aurait été bâtie sur une cité souterraine. La présence de caves profondes dans de nombreuses maisons peut néanmoins s'expliquer par la configuration du terrain: la vieille bourgade s'établit sur le versant d'une colline. Mais on a retrouvé dans l'une de ces caves, rue du Palais, un trou d'eau qui pourrait bien être un baptistère des premiers âges du christianisme.
L'église abritait jadis une statue de San Sumian, ou Saint Simon, qui fut longtemps l'objet d'un culte priapique. Ce curieux cippe mérovingien représente un personnage sculpté dans un bloc de pierre aux ornements gallo-romains, difficile à identifier :homme ou femme ? La question reste aujourd'hui sans réponse. Les deux mains du saint supposé se rejoignent à la hauteur de son nombril, au-dessous duquel se creuse une cupule polie par des siècles de dévotion. La statue de San Sumian était jadis placée à une centaine de mètres de la ville, au-delà de la porte S. de l'ancienne enceinte fortifiée. Les jeunes filles et les femmes stériles venaient y poser leurs lèvres à l'endroit qui, pour cela même, est en creux de nos jours. Ce culte très particulier, qui se rattache aux différents rites "actifs" de fécondité, a été interdit par l'église. Si vous ne pouvez vous y livrer, il vous restera cependant la consolation d'admirer la statue au musée du Pays brignolais. Du sirop de radis Pour lutter contre la coqueluche, on utilisait jadis à Brignoles un sirop de radis dont voici la recette : coupez les radis en tranches fines, saupoudrez de sucre et buvez d'un trait. Vos quintes de toux iront en s'espaçant. Le noir de fumée de la Chandeleur La Chandeleur qui célèbre, le 2 février, la présentation de l'Enfant au temple et la purification de la Vierge est fort honorée en Provence. On y porte rituellement des cierges, ainsi que le suggère l'étymologie : festa candelorum, ou fête des chandelles. A Brignoles, on trouve des traces de cette Notre-Dame du Feu Nouveau qui est particulièrement révérée à Marseille dans la crypte de Saint-Victor. Le matin de la Chandeleur, une vieille femme se rendait à la première messe et achetait un cierge dont elle entourait la flamme d'un papier huilé : il eût été de mauvais présage, en effet, que le vent éteignît la flamme. Elle parcourait alors le village, s'arrêtait devant chaque maison et, sur les portes, dessinait avec le cierge penché une "croix de fumée" (une crous de fum). Cette croix, qui laissait une trace noire et durable, devait éloigner les mauvais esprits, les démons et la foudre. Rentrée chez-elle, la vieille allumait son feu avec le cierge du feu nouveau. Il lui arrivait d'acheter un second cierge qu'elle plaçait à la tête de son lit, à proximité du crucifix et du rameau d'olivier. Ce cierge servait d'intercesseur par temps d'orage et dans les cas graves : de son extrémité, on traçait une croix sur le front des moribonds. Des lanciers bien malins Une des curiosités de la vieille ville est la maison des Lanciers. Elle se trouve dans la rue du même nom, en face de l'église Saint-Sauveur. D'origine romane, ce bâtiment bien conservé abritait jadis la garde des comtes de Provence, avant que ceux-ci ne fissent construire le palais comtal qui abrite aujourd'hui le musée. On remarquera sur sa façade deux pierres à crochets. On raconte ici que les lanciers, quand ils rentraient à la maison, leur tour de garde terminé, posaient leur lance debout contre le mur, montaient dans leur chambre et, par la fenêtre, saisissaient l'extrémité de leur arme qu'ils posaient pour la nuit à plat sur les deux pierres.
Procession de Saint -Louis dans Brignoles
L'ubiquité de Saint Louis Dans le palais des comtes de Provence, devenu musée du Pays brignolais, se trouve la chapelle de Saint-Louis dans laquelle, dit-on, est né le bon roi. En fait, il y a eu confusion entre Louis IX et un autre Saint-Louis, neveu du précédent, effectivement né à Brignoles en 1274 (Louis d'Anjou, fils de Charles II et de Marie de Hongrie), religieux de Saint François, devenu évêque de Toulouse et canonisé par Jean XXII. Saint louis est le patron de la ville, il est fêté le 19 août, jour anniversaire de sa mort (1297). A la suite de cette confusion, le culte de Saint Louis s'est développé en Provence, après son passage dans la région : en effet, au retour de la septième croisade, Louis IX débarqua à Hyères et se rendit en pèlerinage à la Sainte-Baume par la route d'Ollioules. On se rappelle, d'autre part, qu'il avait épousé Marguerite de Provence, ce qui contribua à développer sa popularité. L'église Saint-Sauveur de Brignoles conserve les reliques et la chasuble de Saint Louis l'évêque. La Chapelle qui lui est dédiée dans le palais des comtes de Provence est intéressante à maints égards. Elle renferme des bâtons de pénitents surmontés de têtes de morts, une vierge en bois très abîmée trouvée par des bûcherons dans la forêt voisine et une curieuse statuette de Saint Éloi, sous verre, provenant de Barjols. On y remarquera surtout une vierge noire, Notre-Dame-la-Mouro, qui se tenait dans le mur d'enceinte de la ville à la porte Saint-Pierre. Elle allaite l'Enfant qui lui tient le sein à pleines mains. On trouvera enfin dans ce musée des oeufs de dinosaures, fossiles mais entiers, ce qui est assez rare, et des ex-voto provenant de la chapelle de Saint-Quinis. Un peu d'histoire Brignoles est une agglomération fort ancienne, elle fut tout d'abord habitée par une population celto-ligure, puis lors des invasions romaines, elle fut située sur l'antique voie aurélienne qui reliait l'Italie à l'Espagne. Le christianisme apparaît dès le IIème siècle. En 1222, la cité sera cédée à Raymond Bérenger V, Comte de Provence, dès lors les Comtes de Provence aimeront venir séjourner à Brignoles. Brignoles deviendra française lors de l'annexion de la Provence à la France en 1481 sous le règne de Louis XI, après la mort de René d'Anjou, dernier Comte de Provence. Brignoles changera une seule fois de nom au cours de son histoire, en 1536 lors de l'invasion de la Provence par Charles Quint, qui la rebaptisera Nicopolis, ville de la victoire; elle retrouvera son nom deux mois plus tard lors de la défaite de Charles Quint à Marseille. Brignoles fut aussi très célèbre dans tout le royaume de France et de Navarre grâce à ses prunes appelées « Brinoniae » ou « pistole » à cause de leur forme et couleur après séchage. Leur notoriété disparut après que plusieurs plaintes furent déposées pour leur prix trop élevé, et que les Brignolais en colère contre le seigneur Hubert de Garde, seigneur de Vins, saccagèrent les champs de pruniers. Environs Vous trouverez une curieuse chapelle, près du château de Saint-Julien et de la ferme de la Gayole, dont elle porte le nom. Le style de ses chapiteaux de marbre et de pierre semble indiquer qu'elle fut bâtie à l'époque mérovingienne. ************
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