Macao, Cotignac, Région, Provence, Littérature et…fantaisie !

  

  

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Au bain Marie

par

Claude Auber 

 

 

Chapitre I

 

 

 

Roland Faucampré était un éleveur de porcs pas tout à fait comme les autres. Il prétendait, à tort ou à raison, que la musique classique avait un effet bénéfique sur ses protégés ; mettant en pratique sa théorie, son ordinateur diffusait en boucle, des morceaux qu’il choisissait en fonction du but recherché. Chaque jour que Dieu faisait les concerts se poursuivaient de jour comme de nuit et ce, au grand dam des voisins.

Ce n’était pas de sa faute si un promoteur, en mal de profits, avait décidé de construire des maisons à quelques mètres de sa porcherie et de sa fosse à lisier. A la « Caussonière » on avait toujours élevé des cochons depuis des flopées de générations et jamais personne n’était venu se plaindre. Et maintenant voilà qu’une poignée de citadins aux oreilles et aux narines trop délicates décidaient de venir faire la loi chez ceux du Pays !

Je sais bien, avait-il ajouté, lors de sa première convocation chez le juge, qu’on a prétendu qu’il fallait construire les villes à la campagne où l’air est plus sain ; cette idée, généralement attribuée à Alphonse Allais est en réalité de Jean Louis Auguste Commerson, fit l’éleveur qui voulait démontrer à ce petit pet sec qu’on pouvait avoir des lettres, même si on était paysan.

Reconvoqué une seconde fois chez le juge, notre homme avait prétendu, avec le plus grand sérieux, que l’ingestion de Beethoven était indispensable pour le persillage des côtelettes alors que Mozart était fermement conseillé pour obtenir des jambons bien fermes. Par contre Litz et Chopin apportaient calme, sérénité et sommeil au sein de la porcherie forte de 150 têtes de…cochon. Il assurait même, sans sourire, que, Bach, n’avait pas son pareil pour exciter l’appétit de ses pensionnaires.

Quand à l’odeur du lisier cela n’avait jamais tué personne ! Bien au contraire, il n’y avait rien de tel pour fortifier son homme !

 

La suite de cette histoire sera prochainement éditée dans un recueil de Nouvelles intitulé : "Bizarre! Vous avez dit bizarre?" aux Editions APARIS - Edilivre.