Marybé

Femme d’ailleurs
Dans ta robe tissée de silence
Solitaire parmi la foule
bruyante
Pareille à une ombre imprécise
Tu te perds dans les dédales
du marché.
Je te regarde t’éloigner
Sombre silhouette furtive
Un peu comme à la dérive
Parmi la population bigarrée
Femme d’ailleurs
Avec tes yeux pour seul
visage
Avec tes yeux pour seul
langage.
Femme d’ailleurs
Toute féminité voilée
Retranchée à nos regards
Venue de loin, venue
d’ailleurs
D’un pays qui m’est étranger.
Femme d’ailleurs, ma sœur,
Dont je ne sais rien, ou si
peu.
J’aimerais, si tu le veux
Que tu me laisses
t’approcher,
Que tu me laisses écouter,
Les mots que tu me
confierais
Les mots qui diront qui tu
es.
Fais-moi cadeau de ta
confiance
Du murmure de tes
confidences
De la brise de tes espérances
Du souffle léger de tes rêves
Femme d’ailleurs, ma sœur,
Je voudrais tant te
comprendre
Je
voudrais tant pouvoir t’aimer.
La faim de Toi
Je croque dans tes éclats de rire
Comme dans un raisin sucré,
Dont la saveur emplit ma vie
D'éclats de joie et de gaieté.
Je mords dans tes émerveillements
De ce monde qui respire.
Chaque jour est un commencement
Tant de choses sont à découvrir.
Je bois à la brume de tes yeux
Les jours où tu as du chagrin.
J'essaye de faire de mon mieux
Pour te redonner de l'entrain.
Je ravale tes colères
Quand elles viennent me cogner le cœur.
Je n'ose rien, seulement me taire
En attente que l'orage meurt.
Je m'enivre de tes baisers
De tes caresses si tendres.
Jamais, je ne serai rassasiée
De la douceur de ta présence.
Je dévore les mots de tes lèvres
Quand ils me parlent d'amour
Je murmure comme une prière
Puisse ce bonheur durer toujours.

J’aime
croire
J'aime croire en
un demain ensoleillé
Riant sous le frissonnement d'une brise
Semant à la volée des plaisirs et des rires.
J'aime croire en un demain où s'ouvrira la cage
Quand s'envolera sur des rêves déployés
Serrant comme un trésor un beau livre d'images
Un enfant nu, ivre de liberté.
Tu seras cet enfant…
Tu seras cet enfant tressant les fleurs du temps
En collier du bonheur de vivre passionnément.
Ton âme se maquillera de fils de tendresse
Et tes mots désormais se tairont
Seuls parleront tes gestes
Et l'éclat de tes yeux.

Acte de foi
Je crois en cette
terre qui colle à mes souliers
Fière de son passé, rêvant son avenir
Au travers des rires de mes petites filles.
Je les regarde vivre sans jamais me lasser,
Imagine leur chemin quand je ne serai plus là.
Je voudrais tant qu’elles aillent au-delà de mes pas
Vivant intensément le moindre des soupirs
Portées par ma tendresse devenue souvenir
S'il fallait qu'un nuage fasse ombre à leur vie
Je veux qu'un vent complice le prenne en otage.
Puissent-elles porter toujours l'éclat de leur regard
Par-dessus les barrières, par-dessus les grillages
Alors, comme en secret, aux rives de leur cœur
Fleurira une étoile au parfum de bonheur.

Souvenir
Je sais des nuits
d'angoisse au sein de murs trop blancs
Des sommeils éveillés où se fige mon sang.
Je déteste ces heures aux attentes si lourdes
Ces doutes qui se glissent au passage du temps,
Où même les silences sont des mots qui me troublent.
Je déteste ces murs que frôle un soleil
Qui s'évade d'un ciel insolent et cruel.
Je me souviens alors; c'était hier je crois;
Mon cœur frémissait à l'écho de ta voix
Et ma vie s'accordait au rythme de tes rires.
Sous le souffle du vent j'aimais te voir grandir.
Tu m'offrais des bouquets au regard d'innocence
Pour toi, je dessinais des ailes à tes chagrins d'enfance.
Aujourd'hui, j'ai si mal de ne pouvoir t'entendre.

Amour
d’un soir
À
fleur des yeux
On se cherche,
À fleur des doigts
On se touche,
On s’enhardit,
On se caresse,
À fleur d’oreille une musique.
À fleur des lèvres
De doux baisers,
Sur la musique, une chanson.
À fleur de cœur, tendre surprise
On se découvre
Le même désir.
À fleur de peau
On s’abandonne,
Nulle pudeur, nulle réserve,
Magiques frissons de la passion.
Ballet d’amour qui se termine
Aux dernières notes d’une chanson.
Dans un coin secret de mon âme,
J’inscrirai le précieux moment
Où toi et moi, on s’est aimé
Intensément
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