Marie-Madeleine serait née en l'an 3 de notre ère et aurait
été la fille de l'archiprêtre Syrus le Yaïrite, prêtre de David. Son père
officiait dans la synagogue de Capharnaüm. Eucharie, sa mère, aurait appartenu à
la lignée royale d'Israël mais non davidique.
Connue sous le nom de Marie-Madeleine, Marie de Magdala,
c’est-à-dire originaire de la ville de Magdala (de l'hébreu migdal, tour) sur la
rive occidentale du lac de Tibériade, était une femme qui, selon le Nouveau
Testament a été délivrée de sept démons par Jésus (Lc 8, 2). Elle devint une de
ses disciples — peut-être la disciple la plus importante du Christ — et l'a
suivi jusqu'à sa mort (Mc 15, 40-41). Elle est également la femme la plus
présente du Nouveau Testament. Elle fut le premier témoin de la Résurrection de
Jésus (Mc 16, 1s), ce qui lui donne une importance considérable, mais elle ne le
reconnaît pas tout de suite et essaie de le toucher, ce qui lui vaudra la phrase
Noli me tangere (« Ne me touche pas »).
La tradition
catholique (Grégoire le Grand Homiliae in Evangelium 2, 33) l'a identifiée avec
Marie de Béthanie, sœur de Lazare et de Marthe, et avec la pécheresse citée en
Lc 7, 36-50. Grégoire de Tours, en 590, mentionne son tombeau à Éphèse : « Dans
cette ville repose Marie-Madeleine, n'ayant au-dessus d'elle aucune toiture »
(In Gloria Martyrium, ch. 29, P.L., t. 71, c. 731). La dépouille présumée de
Marie-Madeleine reposait probablement dans l'atrium précédant un sanctuaire,
tradition typiquement éphésienne. Grégoire de Tours ne précise pas où se trouve
ce sanctuaire.
Dans la tradition catholique, le titre de Sponsa Christi, ou
« Épouse du Christ », est donné à l'Église et non pas à la disciple
Marie-Madeleine.
Représentations médiévales
Selon la légende du Moyen Âge des Saintes Maries,
Marie-Madeleine (sœur de Lazare, c’est-à-dire Marie de Béthanie) serait venue se
fixer en Provence après avoir débarqué aux Saintes-Maries-de-la-Mer et se serait
retirée dans le Massif de la Sainte-Baume et aurait été ensevelie dans la crypte
de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume.
Un texte apocryphe, l' Évangile selon Marie du codex copte de
Berlin, porte son nom. Il s'agit d'un texte gnostique comprenant un dialogue
entre le Christ et Marie de Magdala, celle-ci le restituant aux apôtres, suivi
de dialogues entre Marie et eux.
Dans l'art sacré, Marie-Madeleine est très souvent
représentée dénudée, avec les cheveux longs et dénoués, comme les prostituées de
Palestine.
Théories diverses
La vie et le rôle de Marie-Madeleine ont été exploités dans
des livres destinés au grand public à partir de théories sans valeur
scientifique reconnue dans les milieux universitaires.
Selon ces théories, Marie-Madeleine aurait été la femme du
Christ et aurait eu des enfants avec lui. L'Église aurait étouffé ces faits par
la force et la terreur et œuvré pour cacher la vérité, non seulement en
occultant le rôle majeur joué par Marie Madeleine dans la transmission de
l’enseignement de Jésus, mais encore en effaçant le mariage du Christ et de sa «
disciple préférée ». Elle en aurait ensuite fait une prostituée pour condamner
le désir charnel.
C'est en particulier la thèse que les « chercheurs en
histoire alternative » Lynn Picknett et Clive Prince exposent dans leur essai La
Révélation des Templiers, et qui sera reprise par le romancier Dan Brown qui
exploite dans son roman Da Vinci Code la perte de confiance d'une grande partie
de la population dans les instances dirigeantes (théorie du complot).
Marie-Madeleine est le personnage principal de ce livre, que le New York Times
qualifie de « thriller aux énigmes multiples, extraordinairement intelligent, où
les codes sont décryptés ». Le roman est présenté comme un document historique
par son auteur, malgré une quantité d'erreurs grossières et de bourdes
invraisemblables. Dan Brown fait de Marie-Madeleine le symbole de la féminité
sacrée, en prétendant qu'elle était elle-même le Saint Graal :
« Le Graal est littéralement l’ancien symbole de la féminité
et le Saint Graal représente le féminin sacré et la déesse, qui bien sûr a
disparu de nos jours, car l’Église l’a éliminée. Autrefois, le pouvoir des
femmes et leur capacité à donner la vie était quelque chose de sacré, mais cela
constituait une menace pour la montée de l’Église majoritairement masculine. Par
conséquent, le féminin sacré fut diabolisé et considéré comme hérésie. Ce n’est
pas Dieu mais l’homme qui créa le concept de « péché originel », selon lequel
Ève goûta la pomme et fut à l’origine de la chute de la race humaine. La femme
qui fut sacrée, celle qui donnait la vie fut transformée en ennemi »
La théorie faisant de Marie-Madeleine l’incarnation du «
féminin sacré » est un thème récurrent des ouvrages féministes néo-gnostiques.
Leurs auteurs essaient de réécrire l’histoire des débuts de l’Église en se
fondant sur des écrits gnostiques qui datent, au plus tôt, du IIIe siècle de
l'ère chrétienne. Un certain nombre de textes apocryphes, notamment l’Évangile
de Marie, l'Évangile selon Thomas et l’Évangile selon Philippe, sont utilisés
pour accréditer la thèse du mariage de Marie Madeleine et de Jésus ainsi que
l’importance primordiale accordée aux femmes par l'Évangile.
D'aucuns vont plus loin et avancent que Jean et elle auraient
constitué une seule et même personne : Marie-Madeleine serait désignée dans les
textes sous l'identitié de l' « apôtre Jean» – lequel est souvent vu comme
l'apôtre préféré du Christ et désigné par des expressions telles que « le
disciple que Jésus aimait ».
Pour Ramon Jusino, Marie-Madeleine est l'auteur de l'
Évangile selon Jean. Certains voient une figure féminine dans l'apôtre
traditionnellement identifié comme étant Jean dans La Cène de Léonard de Vinci.
Au Moyen Âge, la Légende dorée fait de Marie-Madeleine
l'épouse de saint Jean l'Évangéliste.
Le tombeau de Marie-Madeleine à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
(France), gardé par les Dominicains, est considéré comme le 3e tombeau de la
chrétienté.