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Ces lits où l'on passe un tiers de sa vie ... pour le meilleur ou pour le pire !

 

Les meubles provençaux

 

Le lit et le coffre

Dans les intérieurs modestes, le mobilier destiné à la chambre à coucher se réduisait à sa plus simple expression car on réservait les meubles principaux à la vaste salle commune, véritable foyer où tous les membres de la famille se tenaient ordinairement et où d'ailleurs ils ont pendant longtemps dormi. Quand une autre pièce vint agrandir la partie habitable de la maison, ce fut la chambre à coucher meublée d'une armoire, d'un coffre faisant aussi office de siège, d'un lit et, selon le cas, d'un berceau. Plus tard et en fonction de la condition sociale de l'occupant des lieux, une commode, de petites tables, des sièges et une table de toilette complétèrent ce mobilier.

Le lit apparaît très tôt en Provence, souvent composé d'une simple paillasse - ou d'un matelas - posée sur un châssis de planches ou tendu d'un filet de cordes. Le châssis, lui-même nommé litière, était en noyer, en bois blanc peint, parfois en bois fruitier. En milieu rural, et sur le littoral, le lit est dépourvu de chevet. Mais partout il demeure simple, de forme basse, dépourvu d'ornementation, assemblé au pied par deux solides montants verticaux de section carrée et dont la hauteur ne dépasse que très faiblement l'épaisseur de la literie. Par la suite on agrémentera la tête du lit d'un panneau fait du même bois. La seule fantaisie résidera alors dans le chantournement du pourtour de ce panneau de tête. Plus tardivement encore, le lit adoptera un panneau de pied, légèrement inférieur au chevet, et tous deux s'orneront d'un décor floral sculpté. Comme tous les autres meubles, le lit subira en Provence les influences de styles apportées par les courants de la mode. Aux formes droites, sévères et traditionnelles des montants et des traverses se substitueront des formes douces et galbées.

Le coffre était un petit meuble offert à la jeune épousée pour y conserver son trousseau. Meuble au bâti rude, il présente des formes très simples. Les premiers sont recouverts de cuir clouté, puis suivant les influences étrangères, ils s'habilleront de diverses manières. Certains seront peints. La forme restera sobre et la seule fantaisie accordée à ce meuble résidera dans l'incrustation de sa façade de trois à quatre panneaux formant caissons, d'égales dimensions, très discrètement moulurés et marquetés de liserés ou d'étoiles. Une ferrure ciselée agrémente la fermeture du coffre.

La chambre à coucher diffère totalement, par sa sobriété, de la pièce principale de la maison provençale.

( Origine Maryse Pebre et Monique Rieupouilh - Conseils techniques de M. Guy Fiore, ébéniste à Toulon. )

 

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Le mobilier  (Source Musées de Grasse)

De tous temps les modes se sont faites dans la capitale et, de là, atteignent les capitales provinciales puis, enfin, les autres cités.

La Provence n'échappe pas à cette règle. Les modes parisiennes gagnent Aix en Provence où vit une riche noblesse de robe puis rayonnent vers d'autres villes plus reculées telles Draguignan, Antibes ou Grasse.

Le mobilier n'échappe pas non plus à cette règle et le style Louis XV décliné par les grassois est parfois assez tardif. Les ébénistes provençaux compensent ce décalage par une grande imagination dans leur façon de traiter les styles et dans la variété des meubles.

 Après un XVIIe siècle austère, le XVIIIe cultive les formes parfois déjetées, les courbes et les contre-courbes, les décors floraux, les vasques qui décorent armoires, commodes, buffets ... L'interprétation des modes est faite avec brio.

 D'autre part il existe des formes tout à fait propres à la Provence -panetière, boîtes à farine et à sel, buffet à glissant ou "radassiero", longue banquette à trois places ou davantage, propice à la somnolence qui se trouvait dans les entrées des maisons- ainsi que de véritables Ecoles provençales. Le style Louis XVI, plus sage, associe toujours, notamment dans ses commode, sobriété et nombreux décors végétaux.

Le bois le plus couramment employé est le noyer mais poirier, citronnier, olivier peuvent également se rencontrer, souvent en association. En marge d'un mobilier généralement destiné à des classes aisées se trouvaient des meubles utilitaires, des meubles de métiers, simples et pratiques, en sapin, malheureusement trop peu conservés de nos jours.

 

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Buffet à glissant ou à gradin

Ce meuble très typiquement provençal est surmonté d'un gradin en retrait constitué, au centre, d'une niche fermée par une porte, flanquée de deux compartiments dont les portes coulissent. Le décors de cœurs enflammés indique qu'il s'agit d'un meuble de mariage.

 

Noyer
Début du XIXe siècle
H. 148 cm L. 146 cm p. 77,7 cm

 

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Buffet à deux corps

Noyer
milieu du XVIIe siècle
H. 186 cm L. 120,5 cm p. 54,3 cm

 

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Buffet à deux corps

Incrustations de bois divers
Fin du XVIIIe siècle
H. 183, 5 cm L. 144 cm p. 76 cm

 

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Bureau Mazarin

Noyer
fin du XVIIe siècle
H. 88,7 cm L. 137,5 cm p. 68,5 cm

 

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Berceau

Noyer
XVIIIe siècle
H. 75 cm L. 70 cm p. 95 cm
( famille de Maximin Isnard )

 

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