Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Var
Arrondissement Brignoles
Canton Aups
Code Insee 83122
Code postal 83630
Maire
Mandat en cours André Coldeboeuf
2001-2008
Intercommunalité sans
Latitude
Longitude 43° 46′ 26″ Nord
6° 12′ 33″ Est / 43.77400349, 6.20919291
Altitude 475m (mini) – 685m (maxi)
Superficie 4.97 km²
Population sans
doubles comptes 202 hab.
(2004)
Densité 40 hab./km²
Histoire
Un village englouti :
Les Salles-sur-Verdon est un village neuf, le plus jeune de France. L'ancien
village, dont on a expulsé les habitants, a été noyé lors de la mise en eaux
du barrage de Sainte-Croix, en 1973. L’ancien village gît par environ 35
mètres de fond, le niveau de ce lac artificiel pouvant varier.
On a sauvé la cloche de la vieille église (dont le clocher a été dynamité)
et elle est maintenant dans le clocher de l'église moderne au centre du
village. On a également sauvé les pierres du lavoir.
Ce nouveau village s'est converti au tourisme estival de plage et de
nautisme. Il y a des magasins, un hôtel, résidences et plusieurs terrains de
camping. Ses habitants restent marqués par l'abandon forcé du vieux village
et des souvenirs abandonnés au fond de l'eau. L'emplacement recouvert par
les eaux, s'appelait la Plaine des Salles, et était riche de nombreuses
cultures et arbres fruitiers.
Devant le village se trouve une petite île, l'île de Coste-Belle. Cette île
est également artificielle et fait le bonheur des vacanciers.
Démographie
Population sous l'Ancien Régime :
-
en 1315 : 40 feux
-
en 1471 : 0 feu
-
en 1540 : 20 feux
Evolution démographique*
:
-
en 1962 : 178
-
en 1968 : 165
-
en 1975 : 125
-
en 1982 : 131
-
en 1990 : 154
-
en 1999 : 186
-
en 2004 : 202
*
Nombre retenu à
partir de 1962 : population sans doubles comptes
Mémoire d'un village
Un
DVD retrace l'histoire de l'ancien village des Salles sur Verdon noyé en
1974 sous les eaux du lac de Sainte Croix à la suite de la construction du
barrage hydraulique EDF. Le film MEMOIRE D UN VILLAGE est accompagné de
commentaires.
Voici le texte publié dans la revue MEMOIRE VIVE et dont une partie
accompagne les images du film tourné aux SALLES SUR VERDON avant la
destruction. Tournage des années 1972/1974.
Ci-après un extrait du texte écrit le 24/08/2001 par l’auteur.
« Lorsque j’ai rédigé le commentaire du film "Mémoire d’un village" en 1999,
et par la suite, en écrivant la première page du site internet Les
Salles-sur-Verdon, j’ai employé à propos de l’ancien village l’expression :
"un village à la mesure de l’homme".
En utilisant cette expression je résumais la caractéristique de ce qu’est le
bonheur de vivre dans un village en France : non pas des maisons bâties
selon le projet d’un seul jour et toutes identiques, posées telles des cubes
sur des voies tracées au cordeau, mais des maisons vivantes, nées par
nécessité, faites de pierres et de chaux, propres à retenir l’histoire, les
odeurs et les secrets de famille. Des maisons qui au fil des années se
tassent autour d’un centre imaginaire qui finira par devenir la place du
village, des demeures pour demeurer, liées aux naissances et qui se tiennent
les unes aux autres pour se transmettre et devenir l’écrin d’une même
famille. Un village à la mesure de l’homme parce qu’il est à l’échelle de la
vallée, lié au reste du monde par le passage de quelques marchands ou
colporteurs, village ignorant des tragédies de la planète dont il se sait
incapable de soulager la misère, ayant bien de la besogne à soigner les
siennes. Ainsi l’ancien village des Salles-sur-Verdon unissait sur une même
terre le calme et le charme, la sagesse et la simplicité.
J’ai "rencontré" le village en 1967. D’Aiguines je disais : "je descends aux
Salles", et de Salernes où vivait Serge Periot, connu en Algérie pendant la
guerre, je disais : "je monte aux Salles".
L’ancien village des Salles : trait d’union entre le ciel et la nature, le
spirituel et l’humanité. Descendre aux Salles pour quitter la rudesse des
Gorges, perdre la notion du temps, se laisser porter par l’imaginaire, se
livrer sans contraintes à la méditation au long des berges du Verdon ou au
long des chemins variés qui entouraient le village. Descendre aux Salles
c’était parfois rejoindre le pont romain, entendre avec surprise au hasard
d’une flânerie un soir de juillet, au pied d’une arche, la "petite musique
de nuit" de Mozart sifflé par un jeune enfant et s’en souvenir 30 ans plus
tard ! Descendre aux Salles c’était rêver sans fin au rythme des capricieux
remous de l’eau quand au déclin du jour la lumière d’or affleure du ciel et
s’accroche aux miroirs des tourbillons...
Le drame couvait.
La terre aux Salles était vouée à se couvrir d’un habit de deuil. Murée par
l’angoisse, tel un agonisant que le moindre geste affaibli davantage, chaque
pierre dans le village semblait consumer ses secrets avant de se livrer aux
bourreaux mécaniques. Dans ce présent tendu tous comprenaient que le futur
se conjuguait désormais au passé. (...) »
Galerie photos
Avant
Destruction
05/03/1974. Forage des trous pour la pose de la
dynamite sur l'église.
05/03/1974. Mise en place de la dynamite dans
les trous qui viennent d'être forés.
05/03/1974. Les gendarmes font évacuer les
curieux. Les derniers instants de l'église sont comptés.
05/03/1974. Les rares spectateurs sont à
distance respectable. Ici, le "Grand Louis" sur les berges.
16h45 : la messe est dite.
C’est ainsi que finirent la plupart des
maisons de l’ancien village.
Champs de ruines.
C'est la FIN.
Renouveau
Le nouveau village à l'origine. La marque blanche indique l'emplacement
approximatif de l'ancien village.
La fontaine de l'ancien village dans son nouveau cadre, devant le clocher de
l'église du nouveau village.
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