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Macao, Cotignac, Région, Provence,
Littérature et…fantaisie !
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Par MICHELE V. CHATELLIER
Lorsque Robert arriva devant la porte, il fut surpris de la trouver entrouverte. "Tiens, c'est bizarre, se dit-il". Il la poussa et entra. - Nika, tu es là ? Voyons, Nika, où es-tu ? Bonjour Bouchon, où est ta maîtresse ? Elle fait une petite sieste ? Tout en parlant, il traversa l'appartement et arriva à la porte de la chambre. Il poussa la porte et l'horreur l'atteignit en plein visage. Blanc comme un linge, il sortit en titubant et alla vomir dans la salle de bain. - Allo, Police, venez vite au 23 Rodier au 2e étage, ma soeur a été assassinée. - M. Gagné, je sais que c'est pénible pour vous, mais pouvez-vous répondre à mes questions ? - Oui - Connaissiez-vous des ennemis à votre soeur ? Vivait-elle seule? avait-elle un petit ami ? - Jusqu'au mois dernier elle partageait l'appartement avec une autre étudiante, Nathalie Dalin. Elle n'avait pas de petit ami à proprement parler, elle avait des copains, mais ma soeur était très sérieuse. Comment quelqu'un peut-il faire des choses pareilles ? Même un animal ne ferait pas ça. - Avez-vous vos parents ? - Non, ils sont morts dans un accident d'avion lorsque Nika avait six ans, c'est une tante qui nous a élevés, mais elle est décédée, l'année dernière. - Quel âge avait votre soeur ? - Dix-huit ans, elle les aurait eu demain. - M. Gagné, nous allons faire une autopsie et nous vous tiendrons au courant. En attendant, évitez de toucher à ses affaires car nous allons devoir fouiller. - d'accord. Robert affalé sur le divan, se tenait la tête entre les mains. Bouchon, le chat, assis sur le fauteuil regardait. Lui savait la vérité. Le lendemain, l'inspecteur appela Robert et lui demanda de passer au poste. - M. Gagné, nous n'avons pas de bonnes nouvelles. Votre soeur était enceinte de trois mois, c'est sûrement pour ça que le meurtrier s'est acharné sur son abdomen. Si nous trouvons le père de cet enfant, nous trouverons sans doute le meurtrier. Vous n'avez aucune idée là-dessus ? - Non, aucune, mais je sais qu'elle avait quelque chose à me dire d'important. Mais quoi ? Peut-être que dans ses affaires je trouverais quelque chose. Puis-je en disposer ? - Oui. De notre côté nous continuerons à chercher. En quittant le poste, Robert se dirigea vers la Faculté afin de rencontrer Nathalie Dalin qui partageait l'appartement avec sa soeur. - Nathalie, bonjour, comment vas-tu ? Tu as l'air fatiguée, es-tu malade ? - Non, Bonjour Robert, j'ai étudié toute la nuit. Que me vaut ta visite ? - Je voudrais savoir si tu sais quel garçon Nika a fréquenté pendant que tu vivais avec elle ? - Un bout de temps, c'était Peter Nickle, mais un jour ils se sont fâchés et elle voyait quelqu'un d'autre, mais elle n'a jamais voulu me dire qui c'était. Elle sortait très tard le soir et même une fois, elle a découché. C'était il y a trois mois environ. Ensuite un bout de temps, elle semblait heureuse et euphorique et d'un seul coup, elle a changé, elle était devenue maussade, elle pleurait sans raison, elle ne me parlait plus. Alors j'ai déménagé. Mais pourquoi ne le lui demandes-tu pas ? - Nathalie, ma soeur s'est fait assassinée. J'ai trouvé son corps hier après-midi dans sa chambre et c'était horrible. Il y avait du sang partout. - Oh mon Dieu ! Pauvre Nika, j'aurais dû rester avec elle. Oh ! c'est de ma faute, dit-elle en éclatant en sanglots. Robert la prit contre lui et la consola du mieux qu'il pût. Il savait ce qu'elle pouvait ressentir, puisque sa peine à lui était immense. C'est terrible de perdre un être qu'on aime, et surtout dans ces circonstances. - Ne dis pas de bêtises, voyons, tu n'y es pour rien. Penses-tu que Peter saurait quelque chose ? Où puis-je le trouver ? - Je n'ai jamais su exactement pourquoi lui et Nika s'étaient disputés, mais peut-être sait-il quelque chose. A cette heure-ci, il travaille à la bibliothèque. - Merci Nat, si tu as besoin de parler, tu sais où me trouver. Après avoir quitté Nathalie, Robert alla à la Bibliothèque pour parler à Peter. A l'entrée, on lui dit qu'il était au troisième étage. En sortant de l'ascenseur, il vit un grand garçon, blond, les cheveux mi-longs, avec une bonne stature qui rangeait des livres dans les rayons. Il s'approcha et se présenta : - Peter Nockle ? Je suis Robert Gagné, le frère de Nika. Puis-je vous parler un instant ? - Pourquoi, elle a des remords et elle envoie son grand frère plaider sa cause ? Elle m'a fait tant de mal. Je commence seulement à revivre, alors dites-lui qu'elle me laisse tranquille. - Peter, je regrette le mal que ma soeur a pu vous faire, mais elle ne vous en fera plus car elle est morte. - Morte ? Mon Dieu, ce n'est pas possible ! Comment ? Il s'effondra en sanglotant. - Peter, je regrette. Nika a été assassinée, et je dois trouver le coupable. Voulez-vous m'aider ? Je dois vous poser des questions. Dites-moi Peter, avez-vous couché avec ma sœur ? Pourquoi vous êtes-vous fâchés ? Savez-vous si elle avait quelqu'un d'autre ? Oh, Peter, je vous en supplie aidez-moi, je n'aurai pas de repos tant que je n'aurais pas eu son assassin. - Nous n'avons jamais eu de rapports intimes. Je l'aimais et je la respectais. Je la considérais comme ma fiancée et je voulais attendre. Mais pour elle, mon respect était de l'indifférence. Nous avons alors commencé à nous disputer et je l'ai vu plusieurs fois avec un homme beaucoup plus âgé qu'elle. Lorsque je lui ai demandé qui il était, elle m'a répondu que c'était un véritable homme, lui, et qu'il la comprenait. Ensuite elle a changé et après une dispute plus forte, elle m'a jeté au visage que je n'étais pas un homme, qu'elle n'avait que faire d'un petit garçon, et m'a dit qu'elle ne voulais plus me voir. Je ne l'ai plus jamais embêtée, mais je la voyais de loin, je sais qu'elle voyait cet homme, mais elle ne semblait pas heureuse. - Peter, j'ai une chose difficile à vous dire. Nika était enceinte de trois mois. - Oh, Non ! - Comment était cet homme ? Le connaissez-vous ? - Oui, c'est le professeur Martin Larouche. Il donne des cours de latin. - Merci, je vous tiendrais au courant. En le quittant, Robert téléphona à l'inspecteur pour lui faire part de ses découvertes. Le policier lui dit qu'il irait interroger le professeur. - M. Martin Larouche, je suis le détective Marcil de la Criminelle. Pourrai-je vous parler ? Connaissez-vous une certaine Nika Gagné ? Martin Larouche blêmit, ses épaules s'affaissèrent et il tomba sur la chaise. - M. Larouche, quels rapports avez-vous avec Melle Gagné ? - Bien, c'est une de mes élèves. Très brillante d'ailleurs. - Avez-vous d'autres rapports avec Melle Gagné ? - Heu... un faible, non, sortit de ses lèvres. - M. Larouche, je tiens à vous avertir que je suis au courant de vos rapports avec Melle Gagné. Pouvez-vous me dire où vous étiez, lundi soir entre 22 heures et minuit ? - Chez moi, avec ma femme et mes enfants, pourquoi ? - Parce que Melle Nika Gagné a été sauvagement assassinée à cette heure-là, dans son appartement. De plus, elle était enceinte de trois mois, et mon enquête me porte à dire que vous étiez le père. Vous êtes donc le principal suspect. - Nika morte, mais pourquoi ? Ma Nikaya, pourquoi ? pourquoi ? - C'est à vous de me le dire. Racontez-moi toute l'histoire. - C'était il y a quatre mois environ. Elle est restée plus tard après mes cours car elle voulait des renseignements sur le sujet qu'elle avait choisi pour son exposé. Elle m'a alors demandé si j'accepterais de lui donner quelques cours supplémentaires pour sa traduction. J'ai accepté. Je vous l'ai dit c'était une élève très brillante. Ensuite, nous avons pris l'habitude d'aller au restaurant, après les cours, et, un soir, je ne sais plus comment c'est arrivé, mais nous avons fait l'amour. Elle était si belle, si douce, si innocente. Mais je vous jure ce fut la seule fois. Ensuite j'étais paniqué, lorsque j'ai réalisé que j'étais le premier et surtout parce que j'ai déjà une famille. Je lui ai dit que c'était une erreur, que je m'excusais, que j'avais une famille et que je ne voulais rien briser pour elle, car j'aime ma femme et mes enfants. Elle a semblé bien prendre la chose, jusqu'à il y a la semaine dernière où elle m'a annoncé qu'elle attendait mon enfant. Le ciel m'est tombé sur la tête. Je lui ai proposé de se faire avorter. Elle a refusé et m'a menacé de prévenir ma femme. Il fallait que je gagne du temps. Je lui ai dit de ne rien faire que j'allais trouver une solution. Depuis, je ne l'avais pas revu. - M. Larouche, vous êtes en état d'arrestation. - Je suis innocent. - M. Larouche, suivez-moi ! - M. l'inspecteur, laissez mon mari, il est innocent. C'est moi qui ai tué Melle Gagné. - Voyons, Mireille que dis-tu ? Tu n'as pas à inventer une histoire pareille pour me défendre, puisque je n'ai rien fait. - Martin pardonne-moi, mais c'est moi. Elle m'a téléphoné et m'a raconté ta liaison avec elle, elle m'a dit qu'elle attendait ton enfant. Après lui avoir demandé son adresse, je suis allée la voir, et là, elle m'a dit que tu avais abusé d'elle et qu'elle le dirait à tout le monde, et que tu perdrais ton emploi. Nous étions dans la cuisine, j'ai vu rouge, j'ai pris un couteau, je l'ai poursuivi dans la chambre et j'ai frappé, frappé, frappé, je ne sais plus combien de fois. Lorsque j'ai réalisé, elle était morte. Tu étais sauvé. M. l'inspecteur, je vous suis. Celui que je plains, c'est son chat, que va-t-il devenir ?...
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