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La légende des pénitents des Mées
( Site Nadine de
Trans)
Cela se passait au temps où les Sarrasins avaient envahi la région provençale.
Ils s'étaient installés dans les collines à Peirempi entre Buech et Jabron et
faisaient régner la terreur dans les villages environnants.
Quelques seigneurs du voisinage dont Bevons de Noyer et Rimbaud des Mées
décidèrent d'attaquer le camp des Sarrasins. Ce qui fut fait par une nuit sans
lune. La surprise et la détermination des seigneurs eurent raison des
envahisseurs après une lutte courte mais très intense. Au matin, après avoir
nettoyé la place, et chassé ou bien passé au fil de l'épée leurs ennemis, ils
entrèrent dans le château.
Quel ne fut pas leur étonnement lorsqu'ils trouvèrent dans une grande chambre,
sept belles mauresques terrorisées, qui demandaient grâce...
Il n'était point question de les tuer, les chevaliers ne tuent pas les dames.
Ils se consultèrent et il fut décidé que ce serait Rimbaud des Mées qui se
chargerait de les expédier par radeau sur la Durance jusqu'au pays d'Arles où
là-bas les autorités décideraient de leur sort en temps et heure. Rimbaud avec
ses gens et ses sept captives prit donc le chemin des Mées.
Cependant durant le périple, le sang bouillant et exalté du beau et fringant
guerrier aviva en lui des sentiments bien humains. Les grands yeux noirs et
tristes des belles mauresques firent le reste. Il prit prétexte que la Durance
était un peu grosse et qu'il était dangereux de s'embarquer pour retarder le
départ de quelques jours et il enferma les prisonnières dans sa vaste demeure
entre Dabisse et Oraison. Ce qui s'est passé dans cette maison, personne ne le
sut jamais au juste mais on pouvait facilement le deviner. Rimbaud, qui
d'habitude partait toujours à la chasse ou bien était à parcourir ses terres ne
quittait plus la demeure. Le long des chemins, à la fontaine, au four comme au
lavoir, on ne parlait que du seigneur Rimbaud enfermé avec ses sarrasines. Ce
scandale commençait à faire grand bruit dans le pays. Le prieur de l'abbaye de
Paillerols décida d'aller parler à Rimbaud. Ce dernier ne voulut rien savoir ni
entendre et renvoya le prieur sans aucun ménagement ni égard pour sa personne.
On pensa alors que ce pauvre Rimbaud avait été envoûté par ces femmes orientales
à la beauté incomparable et qu'elles lui avaient fait perdre la tête par quelque
sortilège dont elles avaient le secret.
Rimbaud commençait à avoir toute la gent féminine de la noblesse du voisinage
contre lui. Ces nobles dames et damoiselles ne comprenaient pas ce qu'il pouvait
bien trouver à ces femmes à la peau presque noire. C'était inconcevable ! Il
décida une nuit de ramener ses mauresques en cachette de tous dans son château
des Mées. Il fut ainsi tranquille pendant quelques jours, le temps que ses gens
s'aperçoivent du changement, ce qui ne tarda pas à se produire bien entendu. La
situation devint très grave. Les femmes ne passaient plus devant le château sans
se signer de peur d'attirer sur elles le malheur. C'est sûr, le seigneur était
victime d'un maléfice pour héberger ainsi ces femmes sous son toit.
Le prieur de Paillerols revint à la charge un nouvelle fois. Il avait amené avec
lui son collègue, le prieur de Saint Michel. Rimbaud exaspéré et hors de lui
leur répondit qu'ils feraient mieux d'aller chanter les vêpres et les matines
plutôt que de s'occuper des affaires du château. Alors là, pour le coup le
prieur de Paillerols faillit s'étouffer de colère et de rage contre Rimbaud. Le
menacer de cette façon, c'était outrageant pour lui et il brandit l'arme de
l'excommunication.
Rimbaud eût bien envie d'envoyer les deux religieux dans la Durance, mais il se
ravisa à temps . Il compris que là il s'attaquait à plus forte partie de lui et
qu'il n'arriverait plus à contrôler ses vassaux s'il continuait dans cette voie.
Malgré sa peine, car il s'était attaché à ses belles mauresques, il ne put que
céder.
Le prieur de Paillerols, dans le but d'humilier Rimbaud décida d'un stratagème :
prendre à témoin toute la population du pays. Il décida donc que le dimanche à
venir, les sarrasines seraient conduites à pied jusqu'à la Durance devant tout
le pays rassemblé le long de ses rives.
Le jour convenu arriva, tout le monde était en bordure du chemin et faisait une
haie pour les laisser passer. Les moines de Paillerols et de Saint-Michel
étaient un peu plus haut sur la colline. Les lourdes portes du château
s'ouvrirent et les sept mauresques apparurent.
Tout le monde était sous le choc, on entendit même comme de profonds murmures
d'admiration. Les hommes étaient comme hypnotisés. Décidément, qu'elles étaient
belles ! Admirables ! Les rumeurs étaient bien fondées !
Les coeurs des moines se mirent à battre sous les scapulaires, leurs yeux
étincelèrent. Mais de l'autre côté de la Durance, le Grand Saint-Donat l'ermite
de Lure surveillait ses ouailles et comprît ce qui allait se passer. Il fallait
agir vite pour préserver les moines du péché. C'est alors qu'il les pétrifia
tous sur place dans leur robe de bure. Même le prieur de Paillerols a conservé
sur la poitrine sa croix de bois que l'on peut voir encore aujourd'hui accrochée
au rocher...
Les pénitents des Mées
Sur la commune des Mées dans les Alpes de Haute-Provence se trouve une
conformation géologique très particulière, nommée les Pénitents. C'est
d'ailleurs ce qui fait sa notoriété. Ce nom provient de la forme d'une masse
rocheuse très découpée, à côté du village, qui évoque un groupe de moines
coiffés de capuches pointues. Celle-ci est le résultat de l'érosion sur le
substrat rocheux, qui possède des irrégularités de cohésion, et conduit donc à
des zones proéminentes et à d'autres sur-creusées. Ce substrat est la "formation
de Valensole", conglomérat formé par une accumulation de débris sub-alpins au
cours de la fin du Miocène et du Pliocène, épais de plusieurs centaines de
mètres. Bien que la façade des Pénitents évoque des formes rocheuses plus ou
moins coniques, il s'agit d'un ensemble de crêtes et de minuscules canyons,
s'interrompant simultanément sur un plan vertical. Cette formation s'étire sur
environ un kilomètre, et la falaise la plus haute atteint 114 mètres. (Je me
permets de faire un clin d'oeil à mon ami Alain géologue et généalogiste).
On les appelle les Pénitents des Mées en raison de leur silhouette (lire la
légende).
Un seul sentier permet de traverser cette barre rocheuse. Il rejoint le sentier
des crêtes qui part du village et longe par le haut cet ensemble. Les autres
canyons sont d'accès difficile et très dangereux à cause des chutes de pierres
fréquentes. La pratique de l'escalade n'y est pas possible, la roche n'ayant pas
la cohésion appropriée.
On trouve, dans cette masse rocheuse sculptée deux grottes d'accès facile. Ce
sont : la Grotte des Loups et la Grotte du Magicien, ainsi qu'une cavité à
l'accès extrêmement difficile, dans laquelle se trouve deux poutres
entrecroisées "La Croix", dont l'âge et l'origine sont inconnus. En outre, il a
été observé dans ce labyrinthe rocheux des marques d'installations anciennes
dans un endroit stratégique (entailles dans la roche pour installer des
poutres), mais ces vestiges ne sont pas datables.
Au XVIIIe siècle, une galerie de 200 m a été creusée au travers de la barre
rocheuse afin de s'affranchir des eaux de pluie qui dévastaient le village lors
des orages.
Source: D'après Wikipédia.
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