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Frédéric Mistral
Frédéric
Mistral, poète français de langue d'oc, naît au mas du Juge à quelques kilomètres
de Maillane où il s'éteindra quatre vingt quatre ans plus tard. Le 21 mai 1854
, avec six autres auteurs ardents défenseurs de la langue provençale, Mistral
fonde le félibrige, une école littéraire. Mistral a reçu le prix Nobel de
littérature le 29/2/1904 : en cette année 2004, on fêtera les 150 ans du
felibrige (21/5/1854) lo mèstre de Malhana pour tous les Occitans et les 100
ans du prix Nobel.
Frédéric
Mistral (par
Hébert)
Source
imprimée : Ch.-M. Des Granges, Pages de littérature française 1800-1920,
Paris, Librairie A. Hatier, ©1926
Vie
et oeuvre
«Mistral
d'abord, et c'est justice... J'ai connu l'ancienne maison où mourut sa mère,
proche de celle qu'il habite aujourd'hui avec son incomparable compagne. Sur la
cheminée du salon il y avait une petite tarasque, dont la tête mobile se balançait
d'effrayante façon. L'arrivée de mon père était aussitôt le signal du répit,
des promenades aux Baux, en Avignon, en Arles, à Vaucluse, à travers une région
historique et légendaire dont les moindres pierres tirent leur gloire d'une
strophe ou d'une allusion de Mireille, de Calendal, de Nerte, de La Reine
Jeanne, du Poème du Rhône. C'est au cours de ces parties, je crois bien, que
j'ai pris le goût des auberges du chemin, fertiles en surprises amusantes, en
rencontres pittoresques et où la nourriture est souvent exquise. Mais qu'en
faisaient-ils en quelques minutes, juste ciel, les “beaux diseurs” de
l'accueillante auberge envahie par eux!... Un concert de chansons et de récits,
auquel se joignaient bientôt, attirés par la sympathie irrésistible de la
race, de la jeunesse et du langage, le patron, la patronne, les autres
consommateurs, les filles de service. Aucune familiarité, aucune trivialité.
Pour entendre Mistral réciter ses vers, de sa voix si nette et harmonieuse, la
cuisinière, la poêle à la main, manquait de rater l'omelette, le verseur de
tavel s'arrêtait, sa bouteille de rubis en l'air. Chez toi, Provence, la
fraternité n'est pas un vain mot, grâce à ces cadres sociaux, à ces usages
familiaux maintenus par une longue tradition ensoleillée!Il m'est impossible de
passer par Saint-Rémy, ou de suivre la route qui va des Baux à Fontvieille,
sans revoir aussitôt cette petite troupe glorieuse, aujourd'hui décimée par
la mort. Les années ont passé sur Mistral, sans modifier son regard ni sa
voix, son port si noble ni son sourire. N'ayant jamais quitté Maillane, il est
dans le fameux village comme dans sa maison; toutes les pierres et tous les
tournants y sont en quelque sorte humanisés par sa présence. Son ombre projetée
est partout. On l'a comparé souvent à Goethe. Il est lui-même. Ce qui frappe
le plus, dans ses propos, c'est l'harmonie des plans, la perspective qu'il a
dans l'esprit, comme un descendant d'aïeux qui ont longtemps contemplé le ciel
étoilé et la plaine.
Tel
il était il y a trente ans, et plus loin encore dans mon souvenir, jugeant équitablement
les hommes et les choses, célébrant son pays et poursuivant avec méthode son
plan de reconstruction provinciale, dont ses amis eux-mêmes n'apercevaient
peut-être pas toute l'ampleur. Il est clair, limpide comme la source, mais
profond, et sa bonhomie n'exclut pas la méfiance.
À Paris, on le discutait, on harcelait mon père: “Pourquoi n'écrit-il pas
en français, votre Mistral? Relever la langue d'oc, un patois, c'est une chimère,
c'est un rêve... Daudet, votre amitié vous aveugle sur l'importance de ce
mouvement.” On a vu depuis qu'au contraire l’œuvre de Mistral était et est
des moins chimériques, des plus utiles qui soient. Le maître de Maillane est
pour la moitié dans la superbe résistance de l’Alsace-Lorraine. C'est aux
armes forgées par lui, à ses méthodes, à ses principes qu'ont eu recours les
mainteneurs malgré tout de l'âme héroïque de l'Alsace, de ses coutumes, de
ses aspirations. Poète et le plus doué de tous, Hugo compris, sans comparaison
possible, Mistral connaît en outre les secrets de la cité et ceux du verbe,
les moyens d'étayer la cité par le verbe et réciproquement. C'est un sorcier,
au sens étymologique du mot, un trouveur d'ondes jaillissantes. Il ne frappe
pas en vain le roc stérile. Si vous voulez mon avis, Mistral est bien grand,
mais l'avenir le fera plus grand encore. Dans les abris posés et chantés par
lui, les nations opprimées iront, au cours des âges, chercher un refuge contre
la force brutale. Dictionnaire, poèmes, drames, propagande, fêtes commémoratives,
costumes, allocutions, exemple de la longue vie passée au même endroit,
tombeau, tout cela se complète et défie le temps et l’oubli.»
Léon
Daudet, Souvenirs et polémiques (reproduit à partir de l'édition de Paris,
Robert Laffont, collection «Bouquins», 1993, p. 36-37)
Oeuvres
de Frédéric Mistral
En
provençal et en français
Oeuvres
en provençal
Mirèio,
pouèmo prouvençau. Avignon, J. Roumanille, 1859, 516 p. (Bibliothèque
nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Mireille.
Texte provençal-français par Frédéric Mistral. Reproduction de l'édition de
Raphèle-lès-Arles, M. Petit, 1980, XXI-467-CXIV p.-[1] f. de front. (Bibliothèque
nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Calendau
: pouèmo nouvèu en douge gant, Avignon, J. Roumanille, 1867, 537 p. (Bibliothèque
nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Discours
e dicho, Avignoun, Secrétariat generau dou Flourege, 1906, 131 p. (Bibliothèque
nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)
Discours
e dicho de F. Mistral. Reproduction de l'édition de Raphèle-lès-Arles, M.
Petit, 1980, 209 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image,
format PDF)
Le
poème du Rhône en XII chants : texte provençal et traduction française. Numérisation
de l'édition de Paris, A. Lemerre, 1897, 345 p. (Bibliothèque nationale de
France, Gallica - mode image, format PDF)
Oeuvres
de Frédéric Mistral. Le poème du Rhône : texte et traduction. Reproduction
de l'édition de Paris, A. Lemerre, 1909, 346 p. (Bibliothèque nationale de
France, Gallica - mode image, format PDF)
Le
Poème du Rhône en XII chants. Texte provençal et trad. française par Frédéric
Mistral. Numérisation de l'édition de [S.l.], Éditions du Centenaire, 1981,
387 p. Traduction de : Lou Pouèmo dou Rose en XII cant (Bibliothèque nationale
de France, Gallica - mode image, format PDF)
Les
olivades : texte et traduction. Reproduction de l'édition de Paris, A. Lemerre,
1912, 253 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format
PDF)
Les
Olivades : recueil de poésies provençales. Traduction de : Lis Oulivado :
recuei de pouësio prouvençalo. Reproduction de l'édition de [s.l.] : Ed. du
Centenaire, 1981, 263 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode
image, format PDF)
La
reine Jeanne : tragédie provençale en cinq actes et en vers. Paris, A. Lemerre,
1890, XIX-303 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image,
format PDF)
La Reine Jeanne :
tragédie provençale en cinq actes en vers. Avec la trad. française par Frédéric
Mistral. Numérisation de l'édition de [S.l.], Éditions du Centenaire, 1990,
XIX-303 p. Traduction de : La Rèino Jano : tragèdi prouvençalo en cinq ate
amai en vers (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format
PDF)
Portrait
de Mistral jeune
«Le
lendemain, au soleil couchant, je vis entrer Adolphe Dumas, suivi d'un beau et
modeste jeune homme, vêtu avec une sobre élégance, comme l'amant de Laure,
quand il brossait sa tunique noire et qu'il peignait sa lisse chevelure dans les
rues d'Avignon. C'était Frédéric Mistral, le jeune poëte villageois destiné
à devenir, comme Burns, le laboureur écossais, l'Homère de Provence. Sa
physionomie, simple, modeste et douce, n'avait rien de cette tension
orgueilleuse des traits ou de cette évaporation des yeux qui caractérise trop
souvent ces hommes de vanité, plus que de génie, qu'on appelle les poëtes
populaires : ce que la nature a donné, on le possède sans prétention et sans
jactance. Le jeune provençal était à l'aise dans son talent comme dans ses
habits; rien ne le gênait, parce qu'il ne cherchait ni à s'enfler, ni à s'élever
plus haut que nature. La parfaite convenance, cet instinct de justesse dans
toutes les conditions, qui donne aux bergers, comme aux rois, la même dignité
et la même grâce d'attitude ou d'accent, gouvernait toute sa personne. Il
avait la bienséance de la vérité; il plaisait, il intéressait, il émouvait;
on sentait dans sa mâle beauté le fils d' une de ces belles arlésiennes,
statues vivantes de la Grèce, qui palpitent dans notre Midi.»
ALPHONSE
DE LAMARTINE, Cours familier de littérature : un entretien par mois. Tome septième,
Paris, [s.n.], 1859
Publications
Le
poète Mistral, par Alphonse Daudet.
Lasserre,
Pierre. Frédéric Mistral: poète, moraliste, citoyen, Paris, Payot, 1918, 286
p. (BNF, Gallica – mode image, format PDF)
Albalat,
Antoine. "Frédéric Mistral", La nouvelle revue, p. 5-27 (Bibliothèque
nationale de France, Gallica – mode image, format PDF) - pour accéder au début
du texte, vous devez reculer à la page précédente
Brisson,
Adolphe. "Frédéric Mistral, roi du Midi", dans La comédie littéraire:
notes et impressions de littérature, Paris, A. Colin, 1895, 382 p.: p. 71-78
(Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image, format PDF)
Raoul-Aubry,
F. "Daudet et Mistral", La nouvelle revue, 21e année, nouvelle série,
tome 3, 1er avril 1900, p. 417-424 (Bibliothèque nationale de France, Gallica
– mode image, format PDF)
Souchon,
Paul. "Frédéric Mistral", Mercure de France, no 181, 1er janvier
1905, p. 54-66 (Bibliothèque nationale de France, Gallica – mode image,
format PDF)
Frédéric
Mistral (vu
par Wikipedia)
Frédéric
Mistral (Maillane, 8 septembre 1830 - 25 mars 1914) écrivain provençal qui fut
reçu à l'Académie de Marseille.
Éduqué
en latin autour de Virgile, et influencé par les ouvriers et les paysans dans
la montagne.
Son
œuvre capitale est Mirèio (Mireille) qui lui a demandé huit ans d'effort créateur
(publié en 1859). Contrairement à l'orthographe habituelle qui aurait donné
Mirelha, Mistral se voit imposer par son éditeur Roumanille une graphie
occitane simplifiée, dorénavant appelée « mistralienne », en opposition à
la graphie « classique » héritée des troubadours. Mirelha raconte l'amour
d'un goujat Vincent (jeune homme) et d'une belle provençale Mireille. Cette
histoire est comparable à celle de Roméo et Juliette mais la langue occitane
apporte plus de richesse au texte en montrant la force des sentiments surtout
oralement avec l'accent.
Charles
Gounod en fait un opéra comique en 1863. Frédéric en obtient de bons revenus.
Mistral
trouve ici l'occasion de proposer sa langue mais aussi de faire partager la
culture d'une région en parlant notamment des saintes Maries de la Mer qui
auraient chassé d'après la légende, la Tarasque
Il
fonde en compagnie de poètes provençaux le mouvement du félibrige qui a
permit de grandement promouvoir la langue occitane aidé par Lamartine. Il se
lance dans un travail de moine dans son mas pour faire un dictionnaire et dans
des textes de chansons comme un troubadour.
"Après
la mas du Juge et la maison du Lézard, Frédéric Mistral n'habitera qu'une
seule maison jusqu'à sa mort, celle qu'il occupe avec son épouse .Entourée
d'un jardin , elle se situe en face de la maison du Lézard, où réside sa mère,
et Mistral n'en bougera pas, recevant
de très nombreuses visites. La plus surprenante viendra de Buffalo Bill qui
franchit l'océan pour venir saluer la poète. Il laisse son chien en cadeau à
Mistral. Cette rencontre explique que quelques années plus tard un groupe
d'indiens vienne rencontrer Mistral dont les écrits ont eux aussi franchit l'océan.
Dans sa maison de Maillane, devenue musée, on peut découvrir l'arc et les flèches
offerts par les Sioux à Mistral."
Médaille
d'or remise au récipiendaire du prix Nobel de littérature
Proposé
par les Allemands férus de langue romane on lui attribue le Prix Nobel de littérature
en 1904 conjointement avec Jose Echegaray. Il consacrera le montant de ce prix
à la création du Musée Arlaten à Arles.
La
première fois qu'il va suivre une messe à l'église, il prend froid et en
meurt.
Dans
la coeur des provençaux, Mistral demeure le plus grand , poète et écrivain,
à avoir consacré sa vie et son oeuvre à sa région et à sa langue.
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